| Pour en finir avec Venise : Qui doit financer la “recherche et développement” en architecture en France ? |
29/09/2008 Le pavillon français interroge sur qui doit financer la “recherche et développement” en architecture en France ?
Le parti pris a été ici , semble-t-il, de présenter des agences en “production” de projets, et non des recherches et développements. La scénographie elle même projette les maquettes, ( objets réduits, collectibles, muets et orphelins,) et rejette en arrière les textes et logiques de chaque projet. ( textes qui se résument à une dizaines de lignes par projet. )
Si le déni de la recherche du sens et de la cause est patent, c’est peut être parce que le ministère de la culture ne finance pas de “recherche et développement “ en architecture. il en ressort la mise en avant d’équipes plus inductives que déductives. plus à même de capter l’air du temps, véritable soin palliatif à une absence complète de pensée.
Cette facilité, démasquée, interroge alors sur l’intérêt réel et la mesure des enjeux qu’il y a à financer ou non une recherche en architecture en France.
Certaines des rares équipes françaises présentes dans le pavillon Italia ( Lacaton & Vassal, Exyzt, Jakob et Mc Farlane, R&SIE ) se plaignent de n’avoir reçu aucun soutien de la part de la DAPA, ne serait ce que pour le transport des oeuvres et maquettes. ( Il est vrai cependant que les organisateurs italiens allouent un budget à chacune des équipes, ainsi dans la Corderie, chaque équipe disposait d’un budget de 25 000 euros. )
Les écoles ne semblent pas avoir encore digéré complètement la réforme des études, et il faudra encore attendre quelques années avant de voir éventuellement s’amorcer une véritable recherche.
Pour l’heure il n’y a donc qu’une recherche sur fonds privés de quelques équipes. ( A moins de considérer les concours comme de la recherche, dans ce cas ce sont souvent les étudiants qui financent. ) Ce désintérêt public pourrait s’expliquer si l’architecture était en bonne santé en France, ce qui est sujet à caution.
L’enjeu est pourtant la fabrication de la ville, et l’exportation d’un savoir faire, ( des “villes nouvelles” des années 70, à Paris-La Défense, sans oublier Beaugrenelle ou le XIIIe arrondissement de Paris, Paris-Rive gauche, la ZAC de Bercy et l’immanquable île Seguin ( Boulogne-Billancourt.) . ) Le constat est partout le même : la ville contemporaine à la française est anxiogène et rien de plus.
Curieusement le dynamisme, la frénésie de la nouveauté, le désir, le plaisir ne semble pas faire partie des cahiers des charges. C’est un peu comme si il serait interdit en France de donner envie d’habiter dans le même immeuble que le voisin, dans la même rue que les passants, dans le même quartier.
Une explication est facile à avancer, la fabrication de l’élite en France repose sur le cartésianisme, que ce soit dans les écoles d’ingénieurs, ou d’administration. Le résultat nous permet certes de disposer de magnifiques ouvrages d’art, de trains très rapides, de fusées et autres engins volants, de services comme la sécurité sociale, mais dès qu’il s’agit de fabriquer, de qualifier ce qui n’est pas cartésien, c’est le déni et le dédain, cela n’existe pas aux yeux du pouvoir politique.
Enfin il y a la critique comme quoi finalement, la Biennale internationale d’architecture de Venise ne tiendrait pas ses promesses. Il y a un malentendu à lever. Si on vient chercher à Venise des solutions surgelées à réchauffer dans le micro-ondes de sa cuisine d’agence, c’est sûr on repart bredouille. Par contre si on accepte l’idée que chaque proposition n’est qu’une brique ou un morceau de brique d’un ADN architectural qui reste à écrire, et à concevoir, dans les deux ans qui viennent, alors il y a de quoi faire. Work in progress.
J.A
|
| Accueil l BTP l Emploi l Forum l Concours l Agenda l Abnt newsletter |
|
|