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| Aldric Beckmann l'interview mars 2004 |
15/03/2004 |
Ambiance studieuse, en ce début mars 2004, à lagence Beckmann NThépé, qui partage un espace avec lagence de Jacques Moussafir. Six collaborateurs saffairent autour dAldric Beckmann et François NThépé. Ils se réclament multidisciplinaires Architectes, graphistes, designers, et scénographes.
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Archicool.com : Parlez-nous de cette maison à la Villette.
Aldric Beckmann : Ce fut un grand plaisir de construire cette maison. Cétait la première fois que lon réalisait quelque chose ex nihilo, Cétait aussi un plaisir à partager avec les visiteurs, et un rapport à la matière. Cest cette confrontation à la matière qui a été passionnante.
Archicool.com : Il y avait-il un programme ?
A.B : Oui vaguement programme: un couple deux enfants, une famille lambda, cétait avant tout lidée de proposer une alternative crédible à la maison sur catalogue. Cétait à nous dinventer les scenari, entre ce que lon a construit et ce que lon a raconté . Il fallait utiliser le bois dans un contexte urbain.
Ce nest pas un projet manifeste, il sinscrit dans une réalité, cest une réalisation pérenne qui est retransposable.
Nous sommes intéressés par le travail des artistes de la fin des années 60, qui travaillèrent sur la répétition dun module devenant matière et volume. Lidée de la maison est donc un élément en H qui se démultiplie tous les 40 cm. La barre horizontale du H porte le plancher, la maison vient se densifier au gré du programme ce qui permet une forte expressivité. Le jardin sinspire de la confusion du privé/public, cette relation intime peut être une ré-appropriation du support urbain , un peu comme ce que lon voit dans certaines îles de Bretagne.
Archicool.com : La maison individuelle peut elle sortir du symbole bourgeois ?
A.B : On a pas voulu sattaquer à la maison à 100 000 euros, cétait une mission impossible, sauf un engagement très fort du client, sur la qualité ou lhabitabilité, il faut gagner sur quelque chose, cest un choix personnel, cela reste exceptionnel. Nous la première question que nous nous sommes posée, A quoi on sattaque ? Une maison pour un couple = 1500 euros/ m2, Les maisons sur catalogue = cuisine, séjour machin, trois chambres à létage. Voilà à quoi on sattaque, et qui coûte aussi cher que ce que lon a fait.
Culturellement on en est là. ( montrant des catalogues de maisons) Ce sont des Images acculturées pour des familles qui ont une sensibilité et des moyens, mais cela ne va pas au delà. il y a énormément dargent en France entre la maison à 100 000 euros et les maisons exceptionnelles aux budgets illimités.
Archicool.com : Cette opération vous a telle apporté des contacts directs pour ce type de commande ?
A.B : Non
Archicool.com : Vous avez été Lauréats 2001, 2002 des Nouveaux Albums de la Jeune architecture. Quel bilan en tirez vous ?
A.B : On a eu des études grâce à cela. Mais nous avions accédé à la commande publique avant les albums, (une opération actuellement en cours à Versailles et une autre à Saint Denis.) Les albums restent une confirmation. Cela conforte le choix des maîtres douvrages, cela nous a énormément surtout soutenus. Tout dun coup quand on disait quelque chose à un client, ce nétait plus complètement idiot. Il vaut mieux avoir la médaille en France. Tout un coup il y a un petit focus qui se fait , tant mieux pour nous, mais il y a toute une génération qui reste à coté.
Aujourdhui nous venons de gagner une opération de logements sur Paris Rive Gauche. A coté nous faisons beaucoup de concours, nous en avons un à Rennes qui a été déclaré infructueux, un autre à Saint Nazaire, que nous avons gagné, mais le maire à pris le second, on commence à entrer dans les affres du métier.
Archicool.com : Vous navez que des clients publics ?
A.B : Nous allons peut être avoir une commande pour un lieu à New York émanant dun client privé. Curieusement si notre maison de la Villette ne nous pas apporté de commandes, le fait de lavoir fait, ajoute un plus. Des gens nous ont vu à la télé et se disent : tiens ce sont peut être des gens importants...
Archicool.com : Que pensez-vous des albums 2004 ?
A.B : Jétais dans la commission technique. Pour moi, cette promotion est peut être moins éclectique que notre cession. Cest une promotion de gens qui sont bons, mais cest un peu cadré. Sur les 250 dossiers, certains avec des dossiers uniquement avec des textes ou des approches écrites, cétait très intelligent, les lauréats sont peut être trop des gens qui veulent construire.
Archicool.com : Avez vous un engagement pour la profession, les réformes en cours, le devenir de lI.F.A par exemple ?
A.B : Jai horreur de cela, nous navons pas une maturité assez forte, je préfère me concentrer sur mon travail , je ne suis pas du tout dans un esprit communautaire, jai eu une mauvaise expérience. Mais je vais avec plaisir à lI.F.A, à lArsenal, le débat des tours me passionne.
Archicool.com : Ah bon cétait un débat ?
A.B : Malheureusement je nétais pas là au débat, qui était paraît-il faible, mais le mérite cest que lon en parle dans les dîners en ville, les gens sont inquiets, ils se posent des questions, mais sont daccord pour que Paris reste une ville active et dynamique. Les gens sont traumatisés par ce qui a été fait dans les années 70, pour eux les tours à la Défense cest très bien, mais quand on leur dit : Voulez vous que Paris reste une ville dynamique, ou sappauvrisse? Tout dun coup les gens sintéressent, comment la ville est structurée, comment cela fonctionne, cest une bonne chose, cest un début.
Paris doit évoluer, à Paris, soit tes bourgeois et tas du fric, soit tes pauvre. Tu gagnes 10000 fr à Paris tes pas un pauvre mais tes exclu.
Archicool.com : Que pensez vous du projet de licence dexercice. ?
A.B : Cela revient à faire une profession pour riches, cest un peu dangereux, les études darchitecture doivent rester accessibles à tous.
Archicool.com : Comment travaillez vous avec Françoise NThépé ?
A.B : On se voit tout le temps, puis un de nous deux soccupe plus dun projet. Françoise soccupe plus de Versailles. Nous avons deux profils différents, jai travaillé chez François seigneur, Elle a fait ses études à lEcole Spéciale dArchitecture. A chaque fois on se retrouve très bien.
Archicool.com : Que pensez vous du parcours de François Seigneur?
A.B : On la un peu forcé à devenir architecte. Il était chercheur, il a vécu son truc pleinement, il est allé élever des chèvres, pour sécarter de tout ce monde. Les commandes sont venues, mais, cest vrai, très tard.
Interview réalisé en mars 2004.
Sur le web
Le site de lagence Beckmann & NThépé
http://www.b-nt.biz
Dans la Presse :
Le Point 14/11/2003
Versailles L'école d'architecture fait peau neuve
Auteure : constance Rondet
http://www.lepoint.fr/dossiers_villes/document.html?did=137988
Le Boisforet Info 19/03/2003
En vedette à La villette
http://www.boisforet-info.com/bfi2/pge_doss_1_ecran.asp?art=2136
Ci dessous : Logements / Projet pour Paris Rive Gauche
© 2004 Beckmann N'Thépé tous droits réservés.

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