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Les scénographes de Paris-plage, à l’assaut du Gardon. Jean-Christophe Choblet et Sylvie Del Percio de la société “Nez-Haut” signent le nouvel aménagement ludique aux pieds du pont du Gard.
12/07/2004
Projet :"Les plages du pont du Gard" © Nez Haut

Du 15 juillet au 21 août 2004, les plages du Gardon prennent des habits de fêtes sous la direction des maîtres nageurs du design urbain Jean-Christophe Choblet et Sylvie Del Percio de la société Nez-Haut . Cette initiative vise à attirer les touristes et visiteurs ainsi que les habitants de la région, un peu boudeurs, depuis la très soignée rénovation du site. l’idée des concepteurs est de “réinventer l’idée d’une journée entière de visite sur ce lieu d’exception de 165 hectares” par l’installation de structures légères et éphémères, réutilisables d’une année sur l’autre, sur la rive gauche du Gardon. Voiles bleus, bouquets de brumes, bambous, terrains de boules, étals de fruits et produits du terroir, platelage bois. A ces installations éphémères, s’ajoutent des animations comme des soirées dansantes, des ateliers ludiques, des installations de beach-volley, mais aussi des équipements de confort : poubelles, WC, points d’eau potable, poste Croix-Rouge, et .... maître nageur pour la zone de baignade surveillée.

Le site du pont du Gard : Classé au patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO en 1985, était déjà inscrit sur la première liste des monuments historiques établie par Prosper Mérimée en 1840. Le Pont du Gard est un rescapé, c’est le seul ouvrage d’art enjambant le Gardon à ne jamais avoir été emporté depuis ... 2000 ans, et à résister à travers les siècles à la gourmandise des récupérateurs de pierres de construction, sans doute, sensibles au vertige.

Mais aujourd’hui si l’ouvrage à fière allure, il doit faire face à un autre péril, le tourisme: Plus destructeur que l’érosion du vent, et en même temps, unique chance de pérennité d’un tel équipement culturel. Aujourd’hui le site est géré par un EPCC ( Etablissement public de coopération Culturelle (1)) dirigé par Bernard Pouverel,

Le site du pont du Gars est aujourd’hui constitué de 165 hectares récupérés sur un laisser faire, nettoyé évidé de sa “fritasition”, et d’un trop plein d’activités commerciales alors, plus ou moins chaotiques. Ces activités furent regroupées dans deux bâtiments, situés à l’écart de la vue du site, conçus par l’architecte Jean Paul Viguier il y a quelques années, elles permettent aux 1 200 000 visiteurs annuels de visiter librement le site, ou de s’arrêter au musée et autres installations ludo-pédagogiques pour petits et grands, ou bien de s’évader dans les “mémoires de garrigue” 15 hectares de parcelles agricoles miraculeusement préservées aux abords mêmes du site, qui mettent en valeur l’action de l’homme, qui dans un certain respect de la nature, a façonné le paysage depuis 2000 ans.

Une équipe dirigée par une botaniste, Véronique Mure, un scénographe et un paysagiste, effacèrent volontairement les traces didactiques, pour laisser s’exprimer la perception intuitive de l’appropriation paysanne du sol et de la nature au fil du temps.

Qui construisait les aqueducs ? comment se savoir était il transmis ? Comment finançaient ils de telles opérations aussi sophistiquées ?

Un musée souterrain dans les volumes dessinés par l’architecte Jean Paul Viguier permet de remonter aux sources de la civilisation gallo-romaine de la ville et de l’eau. ( Commissaires; Martine Thomas-Bourgneuf, Christian Gazin, chef de projet Lydia Elhadad )

Une main d’oeuvre locale qualifiée nous dit-on, et une organisation d’entreprises capables de répondre déjà à de tels appels d’offres, une habitude à des constructions monumentales en pierre, expliquent comment ces ouvrages furent édifiés, parfois avec l’aide du génie militaire Romain, et de .. la cassette de l’empereur pour s’attirer les bonne grâces des villes rebelles. Construit en une durée estimée d’une quinzaine d’années pour l’ensemble de l’ouvrage et 5 années estimées pour le pont lui même, non pas en recherchant la distance la plus courte, mais l’économie de moyens ( la carrière qui servit pour la construction du pont est à 600 mètres) . le tracé n’est donc pas rectiligne entre Uzés et Nîmes, mais zigzague au gré des obstacles le long des 50 kilomètres de l’ouvrage. Une pente de 25 cm par kilomètre, permettait un débit théorique de 20000 m3 par 24H


Visite

En venant de la gare T.G.V. d’Avignon, le paysage mité semble avoir souffert de la main de l’homme. L’arrivée sur le site en véhicule motorisé, consiste d’abord à se confronter à une barrière de parking. Parking paysagé, mais encore un peu iconoclaste, là ou l’on aimerait oublier progressivement la société des loisirs et son accaparement. Mais comment ne pas faire une aire d’autoroute quand vous attendez la visite de 1 200 000 hôtes annuels ? Comment exister suffisamment sans concurrencer le monument. Rester silencieux, mais au risque d’en devenir transparent. Un Pei ou un Eisenman auraient fait merveille sur un tel site, le bâtiment conçu par l’équipe de Jean Paul Viguier ne parvient pas complètement à faire oublier la simple aire de repos. Le lieu est fonctionnel, mais extérieurement il frappe peu l’imaginaire. La visite du musée parvient à faire oublier le silence de l’architecture contemporaine, mais à condition de visiter le musée.


Programmation été 2004

Soirées musicales
Vendredi 23 juillet Caroline Jazz Band – New Orleans, funk, biguine, rock' roll des noirs américains.
Samedi 24 juillet Pépé Linares - Flamenco.
Vendredi 30 juillet Saf-Sap – Musique du Sénégal.
Samedi 31 juillet Quartet Pyramide – Hommage à Chet Baker.
Vendredi 6 Août Antoine Martin - Salsa.
Samedi 7 Août Steel-Drums ( tambours d'acier de Trinidad ).
Vendredi 13 Août Soirée Tango argentin.avec Michel Glaize.
Samedi 14 Août La gua gua - musique influencée par traditions rythmiques cubaines.

En savoir plus sur les EPCC

L’EPCC du pont du Gard ( Etablissement public de coopération culturelle a été créé au printemps 2003. Cet organisme associe l’etat et les collectivités locales.

L’EPCC du pont du Gard est l’un des premiers créés en France, il confére au site un statut équivalent à celui du Louvre et de Versailles.

L’accès au site est libre ( seul le parking est payant)


Ci dessus : © B. Liégeois
Ci dessous : © X Testelin et P.Bourdis
Ci dessous : © J-L Mabit

© B.Liégeois

© X Testelin et P.Bourdis

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