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Gaëlle Hamonic + Jean-Christophe Masson L’interview / mars 2004
15/03/2004
Ci dessus / Maison à la Villette / Architectes Hamonic et Masson © Tous droits réservés
Paris XIIIe, Près de la butte aux Cailles, Gaëlle Hamonic + Jean-Christophe Masson partagent eux aussi un local avec d’autres architectes. Ils travaillent en couple. Ils furent remarqués par leurs réalisations de maisons, “albumés” en 2002. Il décrochent aujourd’hui leurs premières commandes conséquentes.

Archicool.com : Parlez-nous de la maison de la Villette dont vous êtes les concepteurs ?

Gaëlle Hamonic : ce fut une drôle d’aventure. L’idée de RENOV était de faire une deux ou trois maisons. Nous, on participait depuis quelques années aux journées des maisons portes ouvertes, on a tout de suite accepté. C’était intéressant , les gens ont rarement l’occasion d’appréhender l’espace individuel contemporain, à l’inverse des musées, des espaces publics, cela les touche vraiment, on manque d’architecture moderne à l’échelle de la maison sur le territoire français,

Jean-Christophe Masson : Le montage a été difficile, sur les problèmes ont a travaillé tous ensemble, dans les deux maisons, il n’y a pas de redondance entre les deux projets. Un des impératifs était l’alternative aux procédés traditionnels, il fallait faire deux maisons en solutions sèches. On avait déjà l’expérience du Styltech®, Eric Justman avait de son coté des contacts avec le CNDB, on est allé voir les sociétés pour aider à trouver les partenaires.

La Villette est un très bon choix, les deux équipes ont dit qu’il fallait une équipe de paysagistes, Claire et Daphné sont arrivés, elles connaissaient Aldric et Françoise.

On a travaillé en corps d’états séparés pour un événement qui s’est passé en trois mois, ou nous sommes plus en participation, on a joué le jeu, pour l’instant surtout à nos frais...

G.H : Tout le monde s’est investi parce que cela en valait la peine. Les projets ont été conçu en un mois et demi,

J-C.M : On aurait jamais fait cela pour une de nos commandes. Chaque commande est une histoire avec un architecte. Cela produit un résultat différent

G.H : Il y avait la crainte de faire une “maison modèle”. Finalement aujourd'hui, ce ne sont pas des maisons modèles, il se passe autre chose.

Archicool.com : Une critique sur la maison bois de Aldric Beckmann et Françoise N’Thépé ?

J-C.M : la seule critique, ce qui me dérange, c’est l’épaisseur du module en H , le rapport entre le plein et le vide. On voit que cela tient, ils auraient pu explorer la légèreté, vu l’échelle de la maison, cela aurait eu encore plus de portée. J’ai peut être une autre critique sur la manière de communiquer de Renov, qui insiste sur les partenaire, mais moins sur l’art et l’architecture. Le grand public peut comprendre qu’un architecte soit intéressé par les rapports entre l’art et l’architecture.

G.H: On a des envies différentes. Dans notre architecture on aime bien que les choses se cachent.

Archicool.com : Avez vous eu des réactions sur cette opération ?

G.H : Les réactions de la Presse ou du public sont, pour l’instant, toujours positives.

J-C.M :Peut être, il y a eu un "shworoomisation" de l’opération. L’événement marche, l’objectif est atteint, on parle des partenaires pas d’architecture. Dans les journées des maisons à vivre, ce sont des maisons habitées, avec le meuble de la grand mère.
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Concours école à Paris. Projet perdu / © Hamonic et Masson Tous droits réservés.

Archicool.com : Ce sont des maisons pour un mode de vie très européen, il n’y a pas de remise en cause du modèle familial occidental, cela reste un archétype familial très occidental non ?

G.H : Oui bien sûr, il fallait rester dans le cadre de l’opération de RENOV.

J-C.M : C'est un pas en avant, il fallait qu’on arrive à faire bouger les gens, le vrai le faux, l’ouvert le fermé. Comment ils allaient pouvoir réagir, extérieurement cela paraît fermé, et quand ils rentrent ils découvrent des espaces ouverts.

G.H: Pour des gens qui nous connaissent, c’est quelque chose que l’on retrouve, des espaces ouverts avec des poches d’intimité, c’est un travail sur l’espace, les transparences, les diagonales.

Archicool.com : Vous avez réalisé combien de maisons ?

G.H : On en a fait quatre, on a une en chantier. D’ailleurs on a toujours eu le Permis de construire, En moyenne elles font 180M2 toujours avec des petits budgets.

J-C.M : En Styltech, procédé qui permet un montage rapide, on en est à la troisième, la préfabrication transforme le chantier en un grand mécano assez simple à assembler. Normalement c’est une entreprise labelisée, mais un charpentier ou un bon serrurier, ou quelqu’un qui fait du bardage peut faire l’affaire, par contre pour le bois, il faut une entreprise qualifiée. Le problème ; c’est la France, on est vraiment pas dans un pays ouvert aux solutions alternatives de construction. L’intéressant avec des filières sèches, c’est que l’on pourrait gagner financièrement 20%, le gros problème, finalement du fait du manque d’habitudes des entreprises, c’est que les réponses des entreprises peuvent atteindre parfois + 20% par rapport à une solution traditionnelle.


Archicool.com : Quel est le Profil de vos clients ?

J-C.M : Au début des gens que l’on connaissait, on a gagné le prix “maison à vivre” puis quelques publications, la deuxième commande, c’est le bouche à oreille.

G.H : Les journées des maisons, c’est vraiment l’occasion pour un jeune architecte de se faire connaître, avant les journées, il n’y avait que les pages jaunes .

Archicool.com : Comment travaillez vous ensemble ?

J-C.M : nous travaillons tous les deux, au moment des concours on fait venir des gens.

Archicool.com : L’accès à la commande ?

J-C.M
: On est arrivé la fleur au fusils,

G.H: Avec les clients on se choisit. c’est une aventure qui dure longtemps, un an et demi, on a toujours envie de s’entendre, il faut qu’il y ait quelque chose qui se passe, il faut aussi que l’on puisse faire notre architecture.
Une de nos maisons a attiré les médias, il s’est passé quelque chose.

J-C.M : On a 80 logements étudiants, c’est une opération à 2 millions d’euros. C’est avec des chantier à partir de 5 millions d’euros que l’on peut organiser une agence. On est une génération qui prend ce que les autres n’ont pas voulu, très souvent des espaces résiduelles.

Archicool.com : Quand on a un père architecte, comment devient on architecte ?

G.H : mon père était architecte salarié, il s’est installé à son compte à 45 ans, son agence est jeune elle a 13 ans, il a 3 salariés. Ils font de gros projets industriels.

J-C.M : Il était un des piliers de Vasconi.

G.H : il m’a déconseillé de choisir architecture, mais il y avait une culture familiale autour de l’architecture, dès qu’on voyageait, il y avait une transmission, J’ai fait histoire de l’art, je ne sais pas comment finalement cela s’est passé. Nous sommes deux soeurs, elle travaille dans la communication. Puis J’ai fait mes études à Belleville, avec Jean-Christophe on s’est rencontré la bas.

J-C.M : Moi, Je baignais dans un univers "CNRS", mes parents étaient chercheurs, j’étais très porté vers l’architecture, je ne sais pas pourquoi, peut être parce que j’ai été à la maternelle à Marseille sur la terrasse de l’unité d’habitation de Corbu. Plus tard, j’ai rencontré un de ces derniers chefs d’agence.
- On est passé par Ciriani et UNO, on a rencontré ces gens qui nous ont dynamisés et dynamités, happés. On a toujours eu ce doute dans notre éducation, et l’envie de se remettre en question.

G.H : l’année dernière on a fait sept concours, et c’est vraiment intéressant de se remettre en question, cela ne nous intéresse pas de reproduire les choses. A chaque fois on se nourrit des apports des autres, l’expérience avec Beckmann et N'Thépé a été passionnante.

Archicool.com : Les albums ?

J-C.M : Ce qui était intéressant dans les albums c’est de voir le parcours de chacun, les albums nous ont amené les invitations à des concours, on pouvait être crédibles pour d’autres commandes que de simples maisons.

Depuis , on fait des concours , l’appel des médiathèques de proximité, 600m2, on a été lauréats. On a un concours en attente de jugement pour une école à Paris, et douze maisons de ville à Athis Mons, on a gagné, on a le permis de construire, mais ils ont des problèmes de financement....

On a commencé à connaître des gens pas les albums.

G.H; le premier concours on sait comment on l’a eu, c’était avant les albums, quelqu’un a dit, “il faut les aider”

J-C.M: Quelqu’un dans le jury, soit il connaît ton travail il t’aide, quand on connaît pas les gens, qu’on a pas les références, que veux tu qu’on fasse ? Le système fabrique une homogénéité dans l’attribution des commandes, il faudrait que l’on ait le badge, quand on arrive dans un lieu, on ne fait pas la bise à tout le monde. Quand on fait partie d’un milieu cela va forcement plus vite.

Archicool.com : Pourquoi vous avez eu les albums?

J-C.M : On avait pas d’appui, on a été soutenu par les maîtrises d’ouvrage. Francis Soler ( qui faisait parti du jury) nous a dit après coup : “quand j’ai vu que vous veniez de Ciriani, j’ai pas regardé.”

Archicool.com : Les paysagistes ?

G.H : Elles sont un peu amères, On ne peut pas juger de leur travail, c’est un paysage, qui arrive progressivement, nous nos maisons sont là. C’est vrai pour elles, elles attendent avril avec appréhension, et nous aussi, nos cages en métal on a hâte de voir. C’était intéressant de travailler, elles ont créé deux jardins très différents.

J-C.M : Nous, tout de suite on avait envie de travailler le paysage dans la maison
Le ruban végétal était là, puis elles se sont accaparé le projet, c’était intéressant d’apprendre à travailler avec d’autres.

Archicool.com : Faites vous appel à chaque fois à des paysagistes ?

J-C.M : IIl y a des projets ou on y pense immédiatement. Quand on travaille sur du logement social, et qu'il n’y a pas d’argent, on y pense pas. Je crois que ce sont des habitudes à prendre

Archicool.com : Comment travaillez vous ensemble ?

G.H : Nous travaillons tous les deux au moment du projet, on avance tous les deux, c’est un jeu de ping pong très très rapide. On se connaît très bien, on se critique beaucoup, on fait venir des gens, des amis, des architectes. On aime bien avoir un dialogue extérieur. On a toujours envie d’être avec d’autres. Il faut des lieux ou il se passe quelque chose.

Mars 2004


Coordonnées.
Gaëlle Hamonic + Jean-Christophe Masson
53, rue du Moulin des Prés, 75013 Paris
Tel. / Fax : 01.53.62.99.43 / 01.53.62.99.38
Email : hamonicetmasson@wanadoo.fr

Sur le web
Biographie Hamonic+Masson
HAMONIC+MASSON Création de l'atelier d'architecture en 1996 Jean-Christophe Masson (1967) diplômé de l'École d'architecture de Paris-Belleville en 1994 ...
http://www.rva.culture.fr/36_masson.htm

France 5 : Dossiers - Architecture (Rencontre avec Hamonic+Masson)
Rencontre avec Hamonic+Masson. Lauréats en 2002 des "Nouveaux Albums des jeunes architectes", Gaëlle Hamonic et Jean-Cristophe Masson
http://www.france5.fr/arts_culture/W00122/28/80201.cfm


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