Exposition temporaire ne veut pas dire éphémère. Le Louvre nous le rappelle à loccasion de lexposition dossier sur les primitifs français , ( XiV et XVe siècles) actuellement proposée par le musée, et qui fait référence à lexposition organisée à Paris en .. 1904 ( elle même, en réaction à une exposition des Primitifs flamands organisée à Bruges en 1902, cherchait à prouver lexistence dune école de peinture française antérieure au règne de François 1er ) qui fut loeuvre, contestée, dHenri Bouchot, conservateur au Cabinet des estampes de la Bibliothèque Nationale )
Un siècle plus tard, cette exposition reste une référence obligée. Il faut dire que lexposition dalors semblait grandiose, un brin nationaliste, nhésitant pas à modifier les frontières géographiques pour franciser tel ou tel peintre, voire inventive, quand il sagissait dattribuer des tableaux à des écoles imaginaires. Lexposition était aussi loccasion de montrer un grand nombre doeuvres jamais montrées. Elle fit donc sensation, déclencha admiration et polémiques.
Un siècle plus tard, cest dans létroit entresol climatisé de laile Richelieu du musée du Louvre, dédié aux expositions temporaires, que sont présentés autour de trois dossiers thématiques les primitifs français et lavancement des connaissances et de la recherche sur cette époque artistique.
A lorigine, la définition des primitifs français visait à; démontrer lexistence au sortir de la guerre de cent ans, dune activité artistique de premier plan aussi bien à Paris, quen Provence, lieu royal de villégiature et axe de passage stratégique qui vit létablissement dune vie culturelle.
Mais, rien nest simple dans lhistoire de la peinture, et en cent ans, le temps fragmente les mémoires et les oeuvres. Ainsi cette exposition est-elle loccasion de voir une reconstitution, jamais faites depuis 1932, du triptyque de lAnnonciation dAix aujourdhui divisé entre quatre propriétaires ( La Ville dAix, les musées de ; Bruxelles, Amsterdam et de Rotterdam.) Mais aussi dévaluer la lente progression de la connaissance et notamment de lattribution de la paternité des oeuvres. Ainsi les maîtres de lépoque se nommaient : Enguerrand Quarton, Barthélemy dEyck, Colin dAmiens, Nicolas Froment, Jean Poyer, Jean Hey, Nicolas Dipre.
cohérence stylistique
La Pietà de Villeneuve -lès-Avignon est découverte en 1832 par Prosper Mérimée, inspecteur des monuments historiques, au fond dune chapelle obscure dans léglise paroissiale de Villeneuve lès Avignon. Cest durant lexposition de 1904 quelle acquit unanimement son statut de chefs-doeuvre. Achetée en 1905 par la société des amis du Louvre, elle était encore à cette époque orpheline .. dauteur. elle se verra attribuée tour à tour à un peintre catalan, un portugais, puis une piste provençale simposa. Il faudra attendre 1959 et lexpertise dun spécialiste des primitifs français, Charles Sterling, pour quun accord se dégage sur le nom dEnguerrand Quarton.
La connaissance perdue, repose aujourdhui sur une recherche dindices, de comparaisons, permises par la juxtaposition doeuvres sur lesquelles travaillèrent les peintres supposés. comparaison entre des peintures, des cartons de tapisserie ou destinés à des maîtres verriers, des liciers, des broderies, des enluminures, ou des vitraux. Chaque détail et la spécificité de son traitement, ou le choix des couleurs et des pigments, étant une source de comparaison, confirmant ou infirmant lattribution à un auteur présumé.
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| Informations pratiques |
Commissaire de lexposition
Dominique Thiébaut, conservateur en chef au musée du Louvre
Scénographie conçue par alexandre Fruh, atelier Caravane.
Primitifs français découvertes et redécouvertes.
Exposition du 27 février au 17 mai2004
Aile Richelieu. entresol
Fermé le mardi
http://www.lelouvre.fr
Conférences
La fortune des primitifs.
Mercredi 3 mars 2004 12H30
Les primitifs français : parti pris dune exposition.
Par Dominique Thiébaut, musée du Louvre, commissaire de lexposition
Vendredi 5 mars 2004 12H30
Lengouement pour les primitifs en europe autour de 1900
Par Enrico Castelnuovo, professeur émérite de lecole normale supérieure de Pise.
Lundi 8 mars 12H30
La récéption des primitifs français dans lart du XXe siècle.
Par François-René Martin INHA, Paris
( Tarid des conférences 4 euros) |
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