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Metropol parasol : Ombres et lumières à Séville

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Oeuvre du jeune et talentueux architecte allemand  Jürgen Mayer H, l’objet est insolite tout autant que spectaculaire, ne ressemblant à rien de connu dans le domaine de la construction, tout en étant familier aux amateur de pliages et jeux d’emboîtements.   Cela évoque autant une forêt de spores de champignons qu’un origami sophistiqué.  La performance tient dans le changement d’échelle de ces apparentes mini-structures enfantines.  Il y a donc ici un exploit dans la capacité de modéliser une telle méga structure.

Oeuvre gigantesque devant arrêter le soleil et laisser passer la lumière.  Fabriquer  un microclimat, tout en ayant la magie d’une canopée, c’est à dire ne pas avoir de limites franches.  En fait il n’y a pas vraiment de volume à proprement parlé.  C’est un assemblage, d’éléments plans, qui crée ainsi l’illusion d’une volumétrie.

Un matériau mis en lumière

Le matériau utilisé, le Kerto-Q® est fabriqué par la société finlandaise  Finnforest, il présente des qualités de légèreté et de rigidité jugées aptes à permettre l’édification de cette structure aux dimensions impressionnantes. ( 28m de haut pour une superficie de 11 000 m2, reposant sur seulement six appuis,  3000 pièces découpées  en Kerto-Q, selon une trame de 1,5 m de coté.)

L’ensemble du Kerto-Q représente un volume de 2500m3 de bois.  “Metropol Parasol” constitue aujourd’hui une des plus grandes, si ce n’est la plus grande structure bois construite selon FinnForest.  

Réalisée avec la collaboration du bureau d’études ARUP, elle signe l’indéniable audace technologique des bureaux d’études anglo saxons.

Le Kerto-Q est un bois reconstitué à plis croisés, il est formé de placages de 3mm obtenus par déroulage de billons d’épicéa des forêts du grand-nord, qui, du fait des conditions climatiques, produisent un bois de grande qualité.

Produit selon la norme NF-EN 14374, manufacturé en panneaux de 1,80 ou 2,5 mètres de large et pouvant aller jusqu’à 24,5 m de long, Le Kerto-Q est ensuite découpable à façon.

Le Kerto offre, selon son fabricant, un meilleur rapport de “rendement matière” que le simple lamellé-collé. ( 1m3 de kerto demande 2 m3 de grume, alors qu’il en faudra 3,2 m3 pour fabriquer 1m3 de lamellé-collé.)

FinnForest est une société du groupe Metsäliitto, coopérative de 131 000 propriétaires forestiers finlandais engagés dans la gestion durable de près de 48% de la forêt privée finlandaise. Finnforest est implantée dans 20 pays et réalise un C.A de plus d’un milliard d’euros. Implantée en France depuis vingt ans, elle s’est déployée sur quatre sites ;  ( Honfleur(14), Boulleville(27), Casteljaloux(47), Courbevoie(92).

Polyuréthane

La solution choisie pour assurer la pérennité des composants bois face aux agressions climatiques peut surprendre.  Une pellicule de 2mm d’épaisseur en polyuréthane recouvre l’ensemble des éléments en Kerto-Q  assurant un aspect de couleur beige à l’ensemble.  L’architecte explique son choix du fait de la couleur du sable saharien amené par les vents locaux.   Le Polyuréthane, étanche à l’eau, permet cependant au matériau de respirer.

Commencé en 2005, le chantier s’arrêtera rapidement du fait ... de l’empire romain. En effet les fouilles de sauvegarde révélèrent sur ce site l’existence d’un marché romain de première valeur, qu’il fallu intégrer au projet. Puis c’est la crise économique de 2008 qui arrêtera le chantier, comme la plupart des chantiers espagnols, il faudra attendre mai 2010, pour que le montage des parasols commence. Entre-temps les piliers en béton avait été coulés sur place.

Visualiser le diaporama (16 images) cliquez ici puis sur la première image.

Liens en relation : Jürgen MayerFinnForest


Le projet intelligent que Patrick Berger n’est pas arrivé à concevoir pour Paris ?

Metropol Parasol versus canopée des Halles

La comparaison est cruelle avec la  “prétendue” canopée des Halles (Paris) Vaste mégastructure d’un autre âge, balourde, monstrueuse, déjà dépassée, sans pour autant flatter l’imaginaire, et qui ne suscite même pas l’adhésion de ses pairs. Le retard français aussi bien conceptuel, que structurel, est le résultat d’une génération française à l’imaginaire limité et qui a trop méprisé le numérique.

Jérôme Auzolle

Dernière modification lemardi, 23 août 2011 12:47
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