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Livraison de 47 logements à Béthune conçus par Frédéric Borel architecte

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Frédéric Borel, né en 1959, fait partie de cette poignée d’architectes français capables d’une écriture architecturale qui leur soit propre. Ici pas d’air du temps emprunté sur une étagère.  

Le ministère de la Culture ne s’y est pas trompé et a tenu à couronner Frédéric Borel de la plus grande récompense publique dédiée à un architecte, le grand prix d’architecture 2010, remis en 2011, venant saluer l’oeuvre d’une exigence de vingt ans.

Diplômé de l’ESA ( Ecole Spéciale d’Architecture) en 1982, il y rencontrera alors en visiting professor, Christian de Portzamparc, pas encore Pritzker, mais auréolé des “Hautes formes” (1979)  qui réinventèrent l’urbanité à l’heure ou Chemetov voulait imposer son gris béton et sa raideur autocratique.

Les étudiants parisiens connaissent bien en détail l’oeuvre de Frédéric Borel, puisqu’il est l’auteur de la dernière école nationale supérieure d’architecture récemment construite à Paris, l’école de Paris Val de Seine, lovée entre une ancienne usine d’air comprimé intégré au projet, et le passage surélevé des boulevards des Maréchaux ce qui donne à ce quartier un aspect de décor  pour Nestor Burma, plus vrai que nature, ici bien absente.  Cette école à la particularité dans l’oeuvre de Frédéric Borel d’initier une sorte d’entablement sur lequel se pose, comme en sustentation, les étages nobles, partant à la conquête du ciel. On y retrouve la volonté de loger les percements en fond de grandes fentes verticales, créant à l’échelle de la façade un paysage urbain à lui seul.  Instillant surprise, inattendu, dialogue, résonance, et finalement une certaine idée de la générosité de l’architecture faite à la ville, offerte aux autres.  Cette richesse plastique, composant oeuvre, doit  malgré tout satisfaire une contrainte programmatique.  Mission de l’équipe de Frédéric Borel, autant dévouée que vaillante.

Ici nous sommes à Béthune, (59), qui connut son heure de gloire de par l’impétueux  député maire, Jacques Mellick, presque aussi célèbre que Bernard Tapie, a qui il eut le malheur de vouloir prêter main forte dans une scabreuse affaire de témoignage de complaisance.   Cependant Mellick était un maire combatif, qui voulait sauver sa ville, dans le département le plus pauvre de France, et  qui croyait en la capacité de l’architecture contemporaine, non pas à changer le monde, mais au moins le regard que l’on peut avoir sur cette plaine hérissée de terrils à l’abandon cernant des milliers d’habitations basses en briques semblant regarder la terre autrefois si nourricière.

Jacques Mellick tenta de lancer une série de projets en appelant des signatures de l’architecture du moment. Des architectes capables de donner une identité,   “Béthune se cherche une image”  expliquera Frédéric Borel.  

Certains projets seront simplement annulés lorsque l’adversité des urnes reléguera ce maire bâtisseur. Cependant il était difficile de passer outre une réalisation de logements sociaux, d’autant plus que Béthune est engagée dans une vaste opération ANRU de démolition/reconstruction de 250 logements. Il y avait urgence.


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Le résultat se dresse fièrement en ce mois de juin 2011, ou l’opération en partie habitée, à deux pas de la gare se donne des airs de gratte-ciel civilisé et cultivé.

Avec une moyenne de quatre logements par étage, dans un plan général assez concis, donnant des appartements plutôt rationnels, une performance par rapport à l’exubérance heureuse extérieure, et une volonté de laisse respirer l’environnement en intercalant des maisons de ville mitoyennes au cadre bâti existant.

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“ paysage de nos villes”  il faut que nos enfants aiment nos villes demain, il est important de ne pas penser que le logement social est une chose banale” (Frédéric Borel)

“ sentiment commun d’appartenance, un ancrage dans un territoire, on a souhaité donner un attachement au sol, la façon de ce bâtiment est construit, ../.. on peut parler de skyline, un mot qui vient d’ailleurs mais qui peut s’adapter au paysage de Béthune.  Une architecture qui vient chercher les hauteurs et en même temps vient s’ancrer.”(Frédéric Borel)


Cette opération annoncée à hauteur de 7 000 000 euros HT, pour 3700m2 SHAB soit près de 2000 euros du m2, ( Contre 1700 habituellement pour cet opérateur social, )  n’a pu être possible que de par les aides apportées par le plan PUCA ( Plan Urbanisme Construction architecture), et son programme CQFD ( Coût, Qualité, Fiabilité, Délais,) la volonté d’un maître d’ouvrage “social”, et la volonté de jouer le jeu d’une entreprise générale; NORPAC, qui en profita pour tester toute une série d’innovations issues de sa propre démarche “BATINOV”, allant de l’encadrement ( avec des séances quotidiennes d’échauffement physique de tous les compagnons, afin d’éviter les accidents “à froid”,) jusqu’au choix d’une solution 3D, (Digital Project, dérivée du logiciel CATIA, ) permettant également tous les matins de remettre à chaque ouvrier un document  illustrant la tache de ce qu’il devait faire.  Mais aussi les choix techniques de préfabrication des 512 panneaux de façade en béton, tous différents,  réalisés en Belgique, et  devant s’adapter sur le chantier avec une tolérance de 5mm maximum.  On s’approche de la qualité de fabrication d’une carrosserie automobile.... mais avec des éléments béton allant jusqu’à 9 tonnes.  Le soin ainsi apporté sera récompensé, aucun panneau de façade ne devra être retourné au fabricant, et surtout le chantier sera livré avec un mois et demi d’avance au bailleur, et tout cela avec 0 accident et 0 incident à déplorer pendant l’exécution du chantier, ce dont est très fière l’entreprise NORPAC.


“Le challenge architectural soumis par Frédéric Borel a véritablement transcendé  les volontés communes de réussir le projet”  (Fabien Quentisset, Directeur commercial habitat Norpac.)

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47 logements dont 5 maisons individuelles, Trois logements individuels dans un bâtiment R+2, et 39 logements dans la tour R+10.

Maître d’ouvrage : Pas-de-Calais Habitat.

Architecte: Frédéric Borel, Chef de projet : Kenta Yokoo, Collaborateurs : Frédéric Bataillard

Bureau d’études : DVVD

Entreprise Générale de construction : NORPAC


Dernière modification lemardi, 23 août 2011 11:22
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