Log in
 
M.A.J le: 1, Sep, 2014 15:07 PM +02:00
A+ A A-

Cinq maisons passives à ossature bois en cours de réalisation à Orléans

passives860

Au coeur de l’îlot Bossuet du quartier La Source, au sud d’Orléans, l’OPH ( Office Public d’HLM)  d’Orléans ( Résidences de l’Orléanais) www.residences-orleanais.fr)  réalise une expérience pionnière en terme d’habitat individuel; la construction de cinq maisons de ville dites passives à structure bois.

Expérience relativement nouvelle sur le territoire français, ( mais déjà 10 000 bâtiments passifs en Europe au 31/12/2008,) elle demande à chaque intervenant  de remettre en cause ses acquis précédents.

Habiter une bouteille thermos.

La maison passive impose une obligation de résultats plus que de moyens.  Le résultat pourrait se réduire à un chiffre ; 15KwH/m2/an, mais aussi à la nécessité d’assurer un véritable confort d’utilisation et de bien-être qui ne va pas sans une remise en cause culturelle de la façon d’occuper une maison d’habitation.
 

Du fait des choix techniques opérés, il faut par exemple remplacer le sentiment de chaleur provoqué par l’inertie naturelle d’un mur maçonné, par l’absence de ressenti du froid aux contacts des parois, tout comme la parfaite maîtrise du renouvellement de l’air intérieur en évitant les courants d’air et ... la nécessité d’ouvrir les fenêtres.  


Passif ; Une appellation qui se mérite.

Trois exigences techniques sont à respecter pour  satisfaire à l’appelation “maison passives”  BBC Effinergie.

- Un besoin en énergie de chauffage ≤ 15kwh/m2/an

- Un strict contrôle des fuites d’étanchéité à l’air  pour n50 ≤0,6 h-1

- Une Consommation totale d’énergie primaire ≤ 120kwh/m2/an

Outre l’effort financier exceptionnel, consenti par le bailleur,  avec un coût de construction annoncé de 1870 euros du m2, contre 1350 habituellement, l’expérience se veut bénéficiaire en terme de retour d’expérience, et mise en route d’un process.   La conception architecturale a été assurée par l’agence parisienne GA architectes. (www.ga-architecture.fr) composée de Giuseppe Grisafi & Patrizia Anania, architectes, tous les deux anciens collaborateurs de Massimiliano Fuksas.

000


Maison bois : Entreprise de menuiserie adaptable

Réaliser une maison en structure bois demande de la part du charpentier-menuisier de pouvoir s’adapter au travail en atelier de pièces  de relatives grande dimension. Dans le cas présent l’entreprise Cogecem, PME orléanaise locale forte d’une quarantaine de collaborateurs, réalisant un CA annuel de 5 millions d’euros, (www.cogecem.fr) a du entièrement revoir le fonctionnement et l’implantation de son atelier de fabrication pour s’adapter au matériau utilisé. Pour elle, alors qu’un projet de même échelle financière représente un mois d’études, ici trois mois seront nécessaires pour cette réalisation pionnière.  

l’entreprise remarque la demande forte pour la construction bois.  la part “ossature bois” étant passée en 2 ans de 2 à 25% de son chiffre d’affaires.

Comment concevoir une maison passive en climat tempéré ?


Du fait de l’absence de références françaises, les entreprises, architectes, bureaux d’études durent presque partir de la feuille blanche.   L’architecte Giuseppe Grisafi, (G.A architectes) ancien collaborateur de Fuksas, explique avoir trouvé peu d’ouvrages sur la question, il recommande néanmoins le livre  “Maisons Passives” de Adeline Guerriat, “un guide bien fait, et  concis” aux éditions “Hommes Habitat Environnement”

Maisons passives : Principe et réalisations [Broché]
Le commander chez Amazon.fr

Guerriat Adeline

Broché: 179 pages
Editeur : L'Inédite (16 octobre 2008)
Collection : Hommes Habitat Environnement

Langue : Français
ISBN-10: 2350321282
ISBN-13: 978-2350321288

Empêcher les calories de s'échapper.

Pour l’architecte les défis d’une maison passive sont multiples. Outre la performance énergétique, c’est le confort d’utilisation qui nécessite une attention particulière. Une maison passive ne doit pas surchauffer l’été, et cela sans avoir recours à un système actif ( comme une pompe à chaleur,) qui serait énergivore.  Le renouvellement et le contrôle de l’air devient une priorité.

Il faut donc réduire les échanges de chaleur incontrôlés.  Ce qui nécessite l’isolation de tous les conduits intérieurs des fluides.

Mixer les solutions techniques pour mieux isoler sans pour autant trop empiéter sur les volumes construits.  

L’épaisseur de l’isolation nécessaire aux objectifs à atteindre, devient un élément décideur du type de structure.  Ainsi si les refends entre maisons sont en béton, pour des raisons d’isolation acoustique, c’est parce que le même résultat aurait nécessité une épaisseur de 40 cm, si le bois avait été choisi,  les murs porteurs extérieurs sont par contre en bois, utilisant ici, la solution Finnframe de FinnForest, permettant de constituer un complexe basé sur des poutres en i en Kerto, de 30 cm de hauteur, supportant la fixation de chaque coté des vêtures intérieures et extérieures ( 16 mm).  Entre les poutre en i, sont insufflés 30 cm d’épaisseur de Ouate de cellulose à un taux de compression de 55KG.  

008



Chasse aux ponts thermiques

Le bois bénéficiant d’un taux de transmission calorique inférieur au béton, il revient d’utiliser le moins de béton possible afin de chasser les ponts thermiques, véritables ennemis de la maison passive. A ce titre sur des dalles en béton posées sur pleine terre, les éléments de façade structurels en Kerto sont montés sur une rangée de Siporex, connus pour sa qualité isolante.

Un film recouvre l’intégralité des surfaces intérieures afin d’assurer une étanchéité parfaite, vérifiée en fin de gros oeuvre par test .  Les revêtements verticaux intérieurs sont posés sur des tasseaux de 40 mm d’épaisseur, afin de permettre de ménager l’espace nécessaire pour assurer la pose des réseaux, sans rompre l’étanchéité de la structure. Le revêtement intérieur final est constitué de plaques de plâtre.  (U = 0,13 W(m2K)

La toiture est également composée d’un complexe comprenant en âme une ossature en poutres FJI avec 30 cm d’épaisseur de ouate de cellulose, recouvert d’un isolant de fibre de bois  de 40 mm et une couverture zinc.

Les planchers intermédiaires intérieurs, en Kerto, sont aussi garnis de 30cm de Ouate de Cellulose pour satisfaire aux normes acoustiques.

Les châssis sont en bois et la plupart des fenêtres reçoivent un triple vitrage ( Uw=0,78W/m2K)

Une ventilation VMC double flux à haut rendement assure le renouvellement d’air, et assure en hiver l’équivalent intérieur d’un climat d’intersaison.

Enfin la production d’eau chaude et de chauffage est assurée par une chaudière murale à condensation mixte.

009-580

©archicool.com  Le diaporama complet cliquez-ici


La chasse à l’énergie grise.

Un des challenges de ce type d’opération est la chasse à l’énergie grise, représentée par tout ce qui nécessite une dépense d’énergie pour sa fabrication et/ou son transport.   Ainsi la réglementation RT2005 qui vise à fixer des minima, devient ici contraignante.  Selon les calculs des bureaux d’études, ces maisons passives, peuvent complètement se passer de chauffage ( en fait un seul appareil de 1000 watts suffirait dans l’absolu,) cependant l’obtention de subventions dans l’habitat social repose sur le strict respect non négociable des normes en vigueur, dont la RT 2005, qui impose un radiateur par pièce de vie.  Il faudra attendre la RT 2012 pour voir cette aberration résolue.


L’avantage du Kerto

L’avantage du Kerto de Finnforest tient à la composition de ce matériau constitué d’épicéas du grand nord, connus leur résistance, déroulés et assemblés en couches successives, ( en plis croisés il devient Kerto-Q).  Il offre alors deux qualités intéressantes; une résistance mécanique supérieure au bois massif pour une légèreté de plus de 50%, ou de 30% par rapport à d’autres lamellés collés. Cet avantage permet de réduire les épaisseurs ( donc la transmission thermique) des poutres en i assurant l’ossature des parois.)  Et d’alléger les reports de charge, ce qui est particulièrement intéressant dans des cas de chantier de rénovation ou de surélévation, et sera sans doute dans un futur proche un élément de réduction des éléments de fondations.

Minimiser les charges locatives

Au final le coût d’exploitation calculé serait de 6,5€/m2/an  Le poste chauffage disparaissant presque complètement.  Pour l’usager, le principal poste de dépense de ses charges devenant alors.. la consommation de son électroménager.

Le chauffage devenant réellement nécessaire seulement de 15 à 30 jours par an, et pour un besoin de 12/w/m2

Pour les architectes, il fallait démontrer la possibilité de concevoir autre chose qu’un “cube”  forme théorique la plus passive, sans dégrader l’objectif technique.  La compacité s’obtient en accolant les maisons les unes aux autres, en orientant correctement les édifices,  tout en préservant pour chacune des cinq maison des terrasses individuelles en R+1.

Le bureau d’études technique spécialisé  en construction et ingénierie écologique choisi a été FIABITAT (www.fiabitat.com)

Chiffres communiqués de l’opération

Montant Global : 1,25 millions d’euros TTC

Subvention ANRU : 89 184 euros

Subvention ville d’Orléans : 402 000€

Subvention région : 20 000€

Subvention Agglo Orléans Val de Loire : 12 600€

CDC Plus : 630 740€

CDC Plus foncier : 94 374€

Prix de location moyen hors charges

T4 : 507 euros

T5 : 592 eurosE

Dernière modification lemardi, 23 août 2011 12:22
Commentaires | Ajouter le votre
Ajouter un commentaire