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Altération et possible contrefaçon d'une œuvre majeure de l'architecte Henri Ciriani à Arles !

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Capture page Facebook du Musée de l'Arles Antique.  Lien


 

Tout avait bien commencé. Une fouille archéologique pratiquée en 2007 dans le Rhône permet la mise à jour d'une barge romaine de 30 mètres de long. Datée de l’an 30 après J-C, elle est restée 2000 ans et a été préservée pratiquement intacte dans le cocon naturel de dame nature. Les bois gorgés d'eau durant une si longue période, nécessitent un traitement long et complexe visant à évacuer de chaque cellule du bois toute humidité et matière organique qui, au contact de l'air, détruiraient en quelques semaines les pièces sorties de l'eau.

Le processus de sauvegarde, long et couteux est alors activé, de même que l'idée généreuse de prévoir un abri pérenne pour ce trésor englouti. Jusqu'ici tout se passe bien, même si l'idée est curieuse de découper cette barge intacte, en dix tronçons pour la sortir de l'eau.


Mais curieusement le soin et les moyens généreux développés dans cette opération depuis le début, semble s'évaporer à la délicate question liée à l'architecture contemporaine.

 

L'abri prévu devient une extension de 800m2, qui sera accolée au musée de l“'Arles Antique“ existant, qui n'est pas un quelconque hangar agricole, mais bien une opération urbaine importante concomitante aux grandes opérations du premier septennat de François Miterrand, même si la maîtrise d'ouvrage en est ici le département des Bouches du Rhône.


Retour en arrière

A l'issue d'un concours en 1983, le projet de l'architecte Henri Ciriani est choisi. Il détonne par une forme triangulaire devant favoriser une “cité muséale“. L'histoire sera épineuse, le musée ne sera livré que douze ans plus tard, soit en 1995, et s'achèvera en procédure contentieuse, aux dépends du Département, en … 2010

 

Henri Ciriani

Henri Ciriani, était dans les années 80 une figure majeure de l'architecture contemporaine en France. Enseignant à l'Ecole d'architecture de Paris-Belleville, il y fondera le groupe UNO, véritable arme de guerre à gagner des concours. Il sera alors sans doute un des seuls enseignants des écoles d'architecture en France, à développer une méthodologie efficace qui fera la joie et la réussite de plusieurs générations de jeunes architectes de cette époque.

Figure d'autorité, il faisait alors jeu égal avec les Chemetov et autres Nouvel. Traitant volontiers l'architecture high-tech de “roues de bicyclettes“, l'ambiance était à l'affrontement, les rivalités idéologiques étaient alors saillantes entre architectes. Il sera l'auteur d'un grand nombre de projets de logements. Le logement social étant un peu la marque de fabrique des “Cirianiens.“

Mais curieusement il “disparaîtra“ presque du jour au lendemain du paysage parisien de l'architecture. Parmi les équipements publics majeurs conçus en France pendant cette période, L'Etat ne lui a attribué que deux opérations d'envergure : Le musée de l'Arles antique, et le mémorial de la grande guerre à Péronne. Nous sommes loin de l'orgie offerte à Jean Nouvel, ni même d'équipements majeurs, comme le ministère des finances offert à Chemetov, ou encore le réaménagement de la grande galerie de Zoologie.

 

Arles : Possible contrefaçon ?

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Certes le formalisme extérieur du musée de l'Arles Antique, pose sans doute un problème inhérent à une équipe voulant transformer cet édifice. Mais à coté du plus grand soin apporté à sauvegarder cette barque doublement millénaire, la pince à béton (fièrement affichée sur la page facebook du musée) semble, aux décideurs locaux, suffisante pour rogner un coin du musée et les droits qui y sont attachés, afin d'y accrocher une extension. Or aussi curieux que cela puisse paraître, et alors que l'architecte est toujours vivant, il ne semble pas avoir été nécessaire de lui demander son avis, au mépris, (sauf clause explicite dans le contrat original d'ingénierie,) des droits parfaitement définis par la Loi Française, sur la propriété intellectuelle.

Comme chacun le sait, l'architecture est une une œuvre de l'esprit. Comment un maitre d'ouvrage public peut-il alors commettre une telle négligence coupable ?

Ce qui est d'autant plus étrange, c'est que les donneurs d'ordre ne sont autres que le Département lui même et le Conseil général, bref des professionnels de la construction publique.

 

 

Qui contrôle ? Que fait l'Ordre des Architectes ?

Encore plus étrange, l'opération (création de 800m2) est lancée sans concours, et confiée... à l'Atelier départemental de maîtrise d’œuvre. D'un montant estimé de six millions d'euros, son concepteur est Jean-François Hérelle, présenté sur les documents comme “l'architecte de l'extension du musée“. Cependant le tableau de l'ordre National des architectes français, ne semble pas connaître, à ce jour, qui que ce soit sous le nom d'Hérelle. Curieux ! D'autant plus que dans des documents de délégations de signature, il n'est plus que “Chef de service“.

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Mais tout semble aller de soi dans les Bouches du Rhône, puisque, parlant d'Henri Ciriani le dossier de Presse affirme :“ L'architecte élève de Le Corbusier avait déjà pensé et prévu dans ses plans l'extension que nous voyons naître aujourd'hui“.

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Source image © Arles Info TDR


 

Dans ce cas, réaliser des plans d'architectes sans le consentement de son auteur, c'est simple, les tribunaux appellent cela de la contrefaçon ! Voir même du parasitisme. C'est du Pénal !

 

Malheureusement, Henri Ciriani, semble tomber des nus. Il faut dire que le contrat initial d'ingénierie du musée a été compliqué à se dénouer, puisque, avec INGEROP, ils durent assigner le département (présidé par Jean-Noël Guérini, qui par ailleurs est actuellement au cœur d'une affaire judiciaire,) pour se faire payer l'intégralité de leurs honoraires... l'instruction de l'affaire durera cinq ans, et le jugement fut rendu en 2010 (Soit vingt sept ans après le concours initial.) Le département fut condamné et dut verser, en plus, les intérêts de retard.

Il explique avoir pris connaissance du projet en recevant dans sa boite aux lettres une invitation.. à la pose de la première pierre de l'extension du musée qui s'est déroulée le 15 décembre 2011.

 

J.A


 


Lire L'avis de Henri Ciriani, reçu dimanche 26 février 2012 - 19H30

Dernière modification lelundi, 27 février 2012 19:29

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