"A still tongue makes a happy life",
(affiche dans l'hôpital du village, Le Prisonnier, premier épisode "l'arrivée".)
Mardi 29 janvier à 20h45, "Crime d'état" sera diffusé sur France 3. [NDLR Visionnable sur pluzz : Le Téléfilm, le débat ] Ce téléfilm de Pierre Aknine, avec François Berléand, a pour sujet l'assassinat de Robert Boulin.
Toujours considéré comme "suicide" par la justice française, la mort du ministre Boulin, retrouvé il y a trente-quatre ans dans l'Etang rompu, n'est pas une "vieille affaire" 70's.
C'est une affaire contemporaine, d'actualité, relancée par chaque tentative d'intimidation, chaque disparition de scellé. C'est un dossier qui n'en finit pas d'être ouvert et fermé
avant, sans doute, son enterrement définitif en 2017.
La dernière tentative est récente : 2010. Michèle Alliot Marie, propulsée en politique par Jacques Chirac, est alors ministre de la Justice de Nicolas Sarkozy. Ce dernier avait déclaré publiquement, lors d'un meeting de campagne présidentielle, en 2007, "ne pas oublier Robert Boulin" et entretenir l'espoir de sa fille, Fabienne Boulin. Ajoutant "je n'oublie rien", se tournant vers une partie de l'assistance.
Mais le drame du président Sarkozy, c'est que l'homme n'est pas assez entré dans l'histoire, bien qu'il ne ménagea pas sa peine à gesticuler (lui aussi) dans les médias. Les choses en resteront là.
En 2011, Fabienne Boulin est invitée de l'émission de Laurent Ruquier, réputé pour son ton libre et celui de ses chroniqueurs. Mais là encore, cela ne passe pas. Elle découvre que son intervention a été totalement modifiée au montage, les questions gênantes éliminées. En 2011, Robert Boulin dérange encore.
La suite dans un instant, après une page de publicité :
L'affaire
En 1979, Robert Boulin est ministre du travail du Président Giscard d’Estaing. Par rivalité envers Jacques Chirac et pour gêner son influence au RPR, le président évoque la possibilité de nommer Robert Boulin premier ministre. Robert Boulin s'oppose aux méthodes de Jacques Chirac et Charles Pasqua. Pour lui, Jacques Chirac "n'a épousé les thèses gaullistes que dans un but électoral".
Robert Boulin, réputé pour son intégrité (ancien résistant, ancien ministre du Général de Gaule), est victime d'une escroquerie lors de l'acquisition d'un terrain à Ramatuelle. Des lettres anonymes l'accusent au contraire d'avoir sciemment acheté ce bien de façon illégale.
Un jeune juge enquêtera sur l'affaire, un certain Renaud Van Ruymbeke. Etrangement, la lettre de suicide de 4 pages dactylographiées, attribuée à Robert Boulin, se terminant par une formule de politesse conventionnelle, semble être un montage décousu. La première et la dernière page semblent avoir été modifiés ou re-tapés et sont les seules lignes faisant allusion à une intention de suicide. Le ton du document, très combatif, semble surtout adressé à ses accusateurs…
Le mobile
Pour faire face à la cabale de ses "amis", Robert Boulin va alors commettre l'irréparable, utiliser de façon disproportionnée "l'arme atomique", menacer de sortir les dossiers sur le financement illégal du RPR de Jacques Chirac, mais aussi probablement de l'ensemble des partis politiques français, par une redistribution partielle de l'argent détourné. Pratique courante, en l'absence d'un cadre légal restrictif, ce qui explique en toute logique le peu de mobilisation et d'émoi de l'ensemble de la classe politique, autour de cette affaire.
Après l'arrivée au pouvoir de la gauche, l'affaire donnera l'impression d'être "étouffée" comme le montre la chronologie que l'on peut consulter sur Wikipedia (disparition de scellés, plainte du garde des Sceaux Robert Badinter contre la famille Boulin, Robert Badinter qui a été avocat des Boulins). Il ne faut pas oublier que le passé de François Mittérand, si il est encore ignoré des français, est connu de ses principaux adversaires de l'opposition.
Robert Boulin menace de révéler quatre dossiers : ELF/avions renifleurs (une escroquerie dont ELF est victime et qui servira dans un second temps à détourner de l'argent), Dassault, Arabie Saoudite, et Sécurité sociale (une arnaque ayant servi à financer l'UDR).
De: Christophe Hebert <
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Date: Lun 27 juin 2005 14:43:55 Europe/Paris
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Objet: Archicool, c'est plus si cool... enfin, ça dépend des jours
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Tiens ! Archicool fait la promotion d'un site d'étudiants, qualifiés, il y a peu de réactionnaires...
Mais coup de théâtre ! Ils maîtrisent les animations flash, et la radiosité apparemment !
Devant autant de qualités, on comprend mieux que des agences (dont ce n'est pas le rôle) prennent ouvertement position pour cette réforme.
1500 stagiaires longue durée par an, payés 1/3 smic (prix maximum conseillé), si avec ça l'architecture Française (enfin Parisienne) ne rayonne pas dans le monde avec ses magnifiques écritures de façade aléatoires (comme les HLM il y a trente ans, mais en radiosité, on arrête pas le progrès) !
Et si on cassait les prix sur les PC, les marchés publics, histoire de s'adapter ?
Et si on boycottait(*) les revues d'architecture françaises qui publient toujours les mêmes, ceux qui ont la légitimité de l'accès à la commande, ceux qui décident de l'avenir des étudiants, ceux pour qui tout va bien comme dans Ouest-France ? L'exception culturelle à la Française s'en remettrait-elle ?
Du coup, le top 150 des agences d'architecture n'aurait pas besoin de cette réforme !
Victimes de la mode
On s'est bien marré pendant le fameux orage. On a pu se rendre compte de l'effet indésirable de la pluie qui tombe sur 1 m2 de polycarbonate. On a imaginé la surdité préoccupante par temps de pluie des gens qui habitent dans les machins expérimentaux en polycarbonate. Que ne ferait-on pas pour se faire publier.
C'est l'effet papillon, la théorie du chaos, les étudiants s'inquiètent (ils ont raison), des habitants deviennent sourds, les z...élites aussi (toute façon ils peuvent pas comprendre). Tout ça parce que vous avez acheté un jour une revue d'architecture !
Je souhaite surtout que les étudiants restent au centre de ce débat, c'est encore leur avenir, ce n'est plus le mien.
Il me semble que le problème n'est pas l'idée de réformer, d'évoluer, mais l'instauration d'une servitude négrière d'un autre âge, une sorte de droit de cuissage avant émancipation professionnelle.
Ce n'est pas l'idée que je me fais des relations idéales entre générations d'architectes, et pour le coup, la fragile notion de confraternité va en prendre un coup. Un peu comme les effets pervers du bizutage, chaque génération reproduisant ce qu'elle a subie... (voir la réflexion de Paul Chemetov, élu de l'Ordre Régional).
Bien sûr, comme toute bonne idée simpliste et dirigiste, cela partait d'un bon sentiment, seulement voilà, on est en France.
C'est étonnant de voir comme la profession reconstitue son écosystème Beaux arts en ce début de troisième millénaire. En ces années de néo-gaullisme en short et chaussettes noires, Je trouve qu'il y a beaucoup d'analogies comme la fermeture de la commande aux jeunes, le retour des rendus d'Artistes (alors que nous avons la chance d'avoir des outils de simulation passionnants), le formalisme triomphant sur le fond (et fier de l'être), etc... Tout n'est pas négatif, bien sûr, à chaque époque il y a de la bonne architecture.
Mais que faut-il penser par exemple de l'état de la réflexion sur le logement, lorsque derrière les façades cache-pot à arroser, l'écriture automatique de façades aléatoires, la modénature de style Habitat™, les porte-à faux et autres plug-in décoiffants, les effets piqués dans les revues internationales, se cachent en fait de misérables plans standards des trente glorieuses. Et encore, si on s'inspirait de Parly II...
Je ne suis pas opposé à la recherche d'autres expressions différentes de la mienne, mais je m'étonne parfois du manque de distance critique sur des erreurs d'autrefois remises au goût du jour.
On se trompe lorsqu'on parle avec envie du Vorarlberg comme une "provocation constructive". Ce n'est pas une provocation puisque 80 % de la population a recours à des architectes pour construire ces édifices contemporains. En France, on préfère importer des ovnis venus d'ailleurs et traiter les maîtres d'ouvrages de "cons" inculte, au lieu de rechercher des référents culturels, sur lesquels une vision contemporaine serait possible. Il me semble que personne ne trouve l'architecture contemporaine Japonaise "has been" n'est-ce pas ? Pourtant, elle a pour fondement un héritage culturel (rapport à l'espace et au temps), et elle est bien plus innovante qu'en France où on préfère faire la guerre économique aux jeunes génération pour soutenir les postures stylistiques maniérées de quelques uns. En plus l'architecture contemporaine japonaise, on s'en souviendra.
Ce qui aurait pu sauver l'architecture en France et les architectes Français c'est l'exigence, la promotion de la qualité à quelque niveau que l'on soit, que l'on soit à Limoges ou starlette de la petite couronne . Au fond c'est la qualité qui légitime une profession dans son ensemble bien plus qu'une licence ou une loi qui oblige au recours d'un professionnel. Si l'image de la profession était bonne, les jeunes architectes n'auraient aucun mal à trouver leur premier maître d'ouvrage, même pour un cabanon de jardin...
Bien plus, c'est la liberté d'entreprendre, se donner la chance de voir émerger de nouveaux talents qui aurait pu créer une émulation entre générations. Mais là, je rêve, je viens même d'écrire un gros mot (liberté d'entreprendre), et puis ça va être trop compliqué à développer dans un pays à l'Etat végétatif où l'égalité est supplantée par les réseaux et le népotisme, on va bientôt me soupçonner de dérive libérale.
Sur mon allusion à Ouest France, c'est en fait sur la ligne éditoriale. Ouest-France, l'idée que je m'en fais, c'est un peu le monde lisse, peuplé de vaches heureuses en toile de fond du journal de 13h de TF1.
On ne peut pas dire que ce soit le journalisme d'investigation ou le journalisme critique le plus audacieux avec tous ces articles sur la notabilité locale. Il en faut pour tous les goûts... ce n'est pas le mien.
La ligne éditoriale de la plupart des revues d'architecture me semble assez proche de cette attitude et ça ne fait pas avancer les idées.
Christophe Hébert
architecte DPLG
(*) le boycott est admissible pour des raisons philosophiques, à l'exclusion de toute démarches de nature commerciale.</ Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. >
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http://www.youtube.com/watch?v=WcRr-Fb5xQo&feature=related Peut-être connaissez-vous déjà l'une des meilleures oeuvres de télévision du moment. "Mad Men" est une série avec pour sujet "l'âge d'or" de l'industrie de la publicité, dont la quatrième saison est actuellement diffusée aux Etats unis. "Mad Men" est une expression inventée par les publicitaires New-Yorkais, qui joue sur les mots "mad" (fous), "ad" (publicité) et MADison avenue, où se trouvaient les principales agences. Après plusieurs épisodes, il apparait que "Mad Men" est bien plus qu'une fiction. C'est une très belle chronique sur les années 60. Une scène marquante de l'épisode "jet set" de la seconde saison est par exemple la conférence au siège de la NASA. La mise en scène de la propagande anti-kroutchev, façon "2001 l'odyssée de l'espace", impressionne avec simplement une série de chaises parfaitement alignées et le ronronnement du projecteur de diapos dans un local dépouillé. Par la suite, le personnage principal et mari volage, en voyage d'affaire, abandonnera femme(s), enfants et collègues le temps d'un moment de pure errance avec de curieux jet-setteurs bohèmes, squattant les villas modernes de Californie... image ci-dessous : © amc tv |
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Les personnages sont profonds, complexes, sans manichéisme. Les décors, les lieux présentent d'évidentes références, mais aussi une esthétique visuelle très recherchée avec une grande attention sur les associations de couleurs et de matières. Beaucoup de scènes sont filmées plus près du sol pour mettre en valeur l'identité visuelle de l'architecture des années 60 et de ses trames de faux-plafonds. Chaque épisode est une oeuvre d'art, avec une mise en scène et un travail d'écriture ciselé à partir d'un thème à chaque fois différent. La trame narrative apparait en arrière plan dès le générique de fin. Infiniment intéressante, elle devient translucide, pratiquement un prétexte, et l'idée qui structure l'épisode devient lisible. Chaque épisode, à travers son thème, construit l'oeuvre : une peinture sociale et de moeurs. Là réside l'originalité de la série. A la fin des années 90, la chaine cryptée américaine HBO proposa à son public des séries nouvelles qu'elle produisit à grands frais, avec un ton nouveau et une qualité jamais vue. S'adressant directement à son public, la minorité la plus éduquée du pays, une minorité qui n'en est pas vraiment une dans un pays de plus de 300 millions d'habitants, elle saura trouver un modèle économique bénéficiaire de production. S'ajoute une idée de génie, celle d'un récit sous le prisme de la publicité, reliant la série à tous les aspects de la société, jusqu'à l'univers quotidien de soumises "desesperate housewives" de banlieue. Sans oublier la qualité artistique du graphisme de l'époque ou la modernité de certaines campagnes comme celle de Volkswagen, qui détourne avec humour le défaut d'un produit en avantage. Il y a suffisamment de matière dans Mad Men, pour en proposer plusieurs analyses, sous plusieurs angles, en faire par exemple la comparaison avec notre époque. Un aspect fascinant de Mad Men est la sophistication des personnages dans leur apparence, dans leurs relations sociales, héritée d'un monde plus ancien. Une sophistication qui s'accommode encore parfaitement avec l'extra-ordinaire modernité des années 60.
Tant d'intelligence et de rigueur nous renvoi dans les cordes de notre pauvre "exception culturelle", auto-satisfaite, "cultivée" hors sol, non sans quelques arrières pensées de professionnels communicants, méprisant les masses populaires. Une "culture" qui aurait pour fonction de préparer du temps de cerveau disponible ? Il n'y a qu'une seule forme d'art qui compte, "celle qui est" sans complaisance dans la justesse ou dans la sincérité, sans bavardage, sans alibi esthétisant, le "joli" d'aujourd'hui est potentiellement le "moche" de demain. On pourrait même parodier un fameux slogan publicitaire et proclamer : "c'est déjà moche demain". La "création" française en matière de fiction télévisée, lorsqu'elle n'est pas tournée vers le passé et les grands auteurs, est aussi pathétique que la "création" architecturale française : elle passe par la mauvaise imitation, la médiocratie de la cooptation et de ses acteurs de foire (la France est devenue une petite RDA), et le pesant "prêt à penser" politiquement correcte "pour bien faire comme tout le monde". Ainsi, nous avons aussi nos "experts"... mais ils feraient pâle figure à Manhattan. Christophe Hébert, architecte 27/09/2010 image © amc tv |
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| images © amc tv |
| Lien vers amc tv www.amctv.com/originals/madmen |
Le monde ne me suffit plus
Travailler sur un site n’a jamais été aussi simple grâce au croisement des ressources de Google pour le plus grand bénéfice des architectes et urbanistes ! Connecté sur internet, il suffit de taper une adresse pour se retrouver avec une photo aérienne mise à l’échelle, pouvant à tout moment afficher le relief du terrain. Le nord, la localisation exacte (latitude, longitude), le pays, la ville sont enregistrés. Il est même possible de se promener sur le site...
Il n’est plus nécessaire d’ouvrir en même temps Google Earth, SketchUp intègre ses fonctions essentielles. Il est aussi possible d’explorer la carte mondiale, zoomer sur des régions...
| Attaque massive sur la "French Touch" Massive Attack sort son dernier album et c'est un événement dans la culture musicale. Qu'est-ce que le trip hop ? A partir d'une "texture" rythmique très élaborée, c'est une musique planante et mélancolique, colorée, riche de nombreuses influences, jazz, blues, soul, rock, etc... Loin des bidouillages, des recettes de kitchenettes électroniques, il y a un travail rigoureux de composition et de recherche. Ici, point de tube avec le fameux truc "décalé" de la "branchitude", comme prendre une vieille bande son plus ou moins libre de droits, et balancer une boîte à rythme et trois notes de musique électronique ( pour transposer... en architecture, remplacer "boîte à rythme" par "façades à écriture aléatoire"... ).
Précurseurs, aujourd'hui contemporains, Massive Attack continuera d'exister demain. C'est une forme d'art qui n'est pas faite pour "s'accrocher au dessus de la cheminée", trop subtile pour servir de com "flash mob" à deux balles pour jeunes vieux "engagés".
Il y a beaucoup d'ambition artistique dans leur dernier album Heligoland. Une édition "deluxe" existe également, étendue à 16 titres. Pour les autres, ceux qui n'auraient pas découvert Massive Attack ou les auditeurs impatients, il y a les classiques, les inusables, les flamboyants "unfinished sympathy" sur l'album "Bue Lines", "Sly" sur l'album "Sly", "Protection"... sur l'album du même nom.
Cristophe Hébert |
Il y a un an, on me propose d'aller me former à Barcelone.
Rappelez-vous, à cette époque il y eut quelques ratés d'atterrissage en Espagne et il en faut peu pour éveiller ma fibre écolo... Après une nuit dans le "Talgo" en compartiment ronfleur, j'arrive au siège européen de l'éditeur Robert Mc Neel.
Très franchement, ce logiciel ne me correspond pas actuellement, mais je comprends l'engouement qu'il suscite dans certaines "grandes" agences d'architecture comme chez la diva haute-couture anglo-irakienne, la reine du capotage maniéré pour client fortuné, Zaha Hadid.
Un logiciel pour designer chez les architectes
"Le bonheur d'être à l'ouest !" pouvait-on lire sur des autocollants disposés sur les portes en verre fumé du centre commercial historique. Le premier construit en Europe, à la fin des années 60. Faut-il comprendre que c'est une malédiction d'habiter à l'est de Paris ?
Tout aussi subtil, le gestionnaire décidera de rénover l'élégant centre aux vingt millions de visiteurs annuel. Brièvement, un site internet est spécialement ouvert, puis fermé (http://www.lenouveauparly2.fr), curieusement après qu'un internaute ait envoyé le message : "vous avez de la m... dans les yeux". Les gens sont vraiment méchants. C'est peut-être moi d'ailleurs. Un permis de construire est finalement obtenu dans l'indifférence générale.
Si vous avez raté le film le plus intelligent de l'été, sa sortie ces jours-ci en DVD et Blu-ray vous offre une séance de rattrapage.
"Bon baisers de Bruges" est un film surprenant.
Comment renouveler le genre "film de gangsters anglais" ? En "dépaysant" le tournage et l'action dans la bonne vieille ville de Bruges, en Belgique !
The fuckin' Bruges
Ecrit et réalisé par Martin McDonagh, le postulat de départ intrigue dès l'affiche. Comme le funambule ou le comique dans le fameux sketch de Raymond Devos, on y va presque pour voir s’il ne va pas se planter ! Et c'est une réussite ! En fin de compte, ce choix singulier (et génial) lui offre une "palette" de possibilités telles que l'ironie, la contemplation, le ralentissement de l'action, la rupture, la sidération... C'est tellement décalé qu'il arrivera à nous surprendre par une fin... attendue dans tout autre contexte habituel.
Les dialogues sont fins, et les personnages ont de la profondeur. A mes ennemis qui me lisent, je leur conseille la version doublée en français.
Toutefois un avertissement : "des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs". Contrairement à ce que suggère l'affiche, si l'humour (anglais) est bien présent, nous ne sommes pas dans la mièvrerie du meilleur film français de l'année, aux vingt millions d'entrées. Pour nos jeunes camarades du collectif d'intellectuels heureux "FrenchTouch", ce film n'est pas pour vous ( hein ? biloutes ! ) d'autant qu'on y aborde aussi la notion de contexte...
Ce film aborde aussi la différence de regard porté sur le lieu. Après une mission qui s'est mal passée, Ray et Ken, deux tueurs à gages sont priés de se rendre à Bruges où ils se mêlent aux touristes, pour se faire oublier quelques temps. Le plus jeune s'ennuie franchement, tandis que son aîné essaye de le traîner dans les musées, à la découverte de l'architecture de la ville...et se laisse gagner par l'émotion.
Un film pour architecte (définitivement)
La sensibilité du réalisateur, son habileté, par exemple dans la transition entre un flash-back particulièrement dur et sanglant et une peinture flamande, me fait penser que la réussite d'un film passe par un travail rigoureux de composition. Pas de place pour l'artifice, pas de trucs esthétisants, pas d'écriture aléatoire de façade ou de beffrois qui se tortillent.
Les très belles prises de vues de la ville, de jour, de nuit, servent et enrichissent les sentiments et la narration.
La grande créativité de ce film passe par une relation à un contexte, ce qui devrait interpeller les architectes par les temps qui courent. Il est en effet de bon ton de s'en affranchir au nom justement... de la création architecturale, en oubliant que ce qui fait l'essence de ce métier est d'intervenir dans la complexité, dans la pluralité.
Où le simplisme de la pensée, qu'elle s'accompagne ou non de bons sentiments, est toujours dangereux, comme en politique.
Si on devait faire une comparaison avec les démarches habituelles dans la réalisation de films ou de projets d'architecture, toujours dans la relation contextuelle, on devrait avoir des sagas familiales de chocolatiers belges ( projet des halles à Paris, ou récent pastiche versaillais ), ou bien des "Godzilla" (le non-débat sur l'expansion en hauteur de Paris... qui passerait nécessairement par quelques objets-tours monumentaux, le projet triangle, dont on aurait préféré qu'elle soit une tour ?)
Et notre Maire de Paris (Jeff) de s'étonner : mais comment font-ils ces anglais pour être aussi audacieux en architecture, en cinéma, et en candidature de jeux olympiques !?
Si ce film semble user de la rupture entre action et lieu pour trouver la voie de l'originalité, tout comme certaines icônes de l'architecture Londonienne, son audace est permise par son intelligence à ne pas ignorer justement le contexte.
Christophe Hébert architecte
Le commander chez Amazon.fr
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Extraits
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Versailles, la ville dont le bon maire n’est autre ( seulement depuis mars 2008,) que le sympathique François de Mazières, président de la Cité de la l‘architecture et du Patrimoine, livre bientôt un de ces immeubles entre Mansart et Val de Loire, façon Louis II... funès, mais celui ci est signé d’une agence parisienne connue habituellement pour son sérieux et sa modernité tranquille. Déception !!! Ou comment le mensonge en architecture arrange tout le monde.
Ci- dessous une réaction scandalisée de Christophe Hébert, architecte à Versailles.
Le gang des pastiches
Incroyable ! Ce sont bien eux (je vérifie l'adresse sur internet), ce ne sont pas des clowns, heu, des clones, enfin je veux dire des homonymes, pardon.
Excusez mon émotion, mais ça me concerne. Je vais passer souvent devant cette m...
Un immeuble s'achève actuellement non loin des grilles du château de Versailles, signé par un cabinet qui semblait être au dessus de tout soupçon : Brunet et Saunier.
L'ennui c'est que le nouvel immeuble, situé à l'angle de l'avenue de Saint-Cloud et de l'avenue de l'Europe, est un vulgaire pastiche 18°.
Un architecte, ça démissionne ou ça ferme sa gueule...
Ce qui parait incroyable, c'est que l'agence Brunet et Saunier signe ce manifeste du plus grand mépris pour l'histoire d'une ville, alors que nous ne manquons pas d'architectes médiocres en France ou à Versailles qui ont une solide expérience dans la dépréciation du patrimoine par la construction de pastiches. Comment peut-on compromettre à ce point sa réputation ? Imagine t-on Rudy Ricciotti dessiner une bicoque néo-provençale pour ne pas laisser passer "une affaire" ? Mesure t-on la valeur d'un tel engagement, de la force morale qu'il y a à construire l'oeuvre d'une vie, à refuser des opérations bassement mercantiles. Même le collectif auto-proclamé "French Touch" fait beaucoup mieux puisqu'ils se situent dans la nostalgie néo-pop, c'est à dire qu'ils n'ont que trente ans de retard avec les enjeux actuels (J'arrête si non ils vont encore faire pétition).
Cette opération est incompréhensible en 2008, dans une ville où contrairement à ce que l'on pourrait laisser croire, on ne circule plus en chaise à porteurs depuis quelques temps (rien à voir avec les couloirs de la DAPA du temps d'Anne-José Arlot), où il y a un vrai désir de voir construire une architecture à la fois contemporaine et en intelligence avec le patrimoine existant, évidemment.
Concertation est aussi un gros mot. J'en veux pour démonstration cette citation hallucinante d'une étudiante en architecture, que j'ai lu il y a peu dans un rapport. Une starlette parisienne aurait donné la recette d'une "concertation réussie" lors d'une conférence, sous les applaudissements nourris de la salle, c'est très simple : "débouchez le rosé".
Il y a un peu de cela dans ce projet de Versailles, sauf qu'on a très vite confisqué la bouteille, de rage, semble t-il. Un premier projet "contemporain", comportant de nombreuses façades vitrées, aurait été proposé. Sans succès. Devant pareil affront, les architectes du fameux cabinet auraient déposé par dépit (dés-amoureux) ce pastiche. On imagine le joyeux vaudeville, les claquements de porte. Tiens ! Voilà du pastiche !
Je n'ai pas connaissance du premier projet, je ne peux pas porter de jugement, mais je m'interroge en regardant le résultat aujourd'hui. Il y a en effet une seconde couche dans le projet un peu comme les dobitchus à la margarine de Monsieur Preskovic !
Et oui ! Comment assurer la transition avec le prisunic et l'extension moderne brutaliste 70s du palais de justice, d'inspiration brésilienne (ça aurait pu être une magnifique banque à Sao Paulo, pas de chance, c'est un palais de justice à Versailles) ! Difficile en néo-dix-huitième, heureusement le fabricant de façade rideau va apporter une aide précieuse. C'est l'homme de la situation, le super-héro, le spider-man des architectes français. Et du coup c'est lui qui assure l'image d'une architecture vaguement contemporaine sur une vingtaine de mètres de façades. Hélas un cliché malhabile.
On remarquera la grande finesse d'un projet "par couche", une "couche" 18°, une "couche" parcellaire pseudo-contemporaine : torchon et serviettes bien séparées, le faux vieux avec l'ancien, et le vaguement contemporain avec... le vaguement moderne d'il y a trente ans. Une ville bien rangée comme il faut.
On est dans la plus grande subtilité. Si vous avez bien suivi vous comprenez l'échec d'une certaine architecture française que l'on dit contemporaine, soit disant "créative" et que l'on oppose à une société qui serait réfractaire à la "nouveauté". Espérons que "les deux" se croisent et se rencontrent d'ici les trente prochaines années.
Christophe Hébert, architecte à Versailles ( 78)
Le podcast(* ) de l'émission de François Chaslin, "l'équerre et le compas", du 27 septembre dernier est "collector"...
Réunissant tout le gratin de la critique parisienne de l'architecture, les vingt premières minutes étaient consacrées au Musée des Arts Premiers, quai Branly, construit par les ateliers Jean Nouvel.
Pince moi, je rêve
Les propos qui ont été tenus sont tout simplement incroyables. Les mots employés sont parfois très durs à l'égard de ce bâtiment, et pourtant les invités ne peuvent pas s'empêcher de rechercher des excuses à son auteur au dépit du bon sens. Faut-il être croyant en l'oeuvre de Jean Nouvel pour en avoir la révélation du génie ?









