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Rédaction
La Philharmonie de Paris aura t’elle lieu ?

Arrêtés depuis près de 8 mois, les travaux n’ont réellement jamais commencé au delà de l’excavation de la fouille du chantier et de sa protection par la réalisation d’un mur de soutènement périmétrique, ( mur extérieur aux fondations mêmes du futur édifice, qui restent donc à réaliser. ) Pire ! les revêtements du fond de fouille et des rampes d’accès par de l’enrobé n’augurent pas d’un chantier en mouvement mais plutôt d’un statu quo. Certes la date de livraison annoncée initialement en 2012 était de toute façon peu réaliste. Réaliser un tel chantier en 24 mois n’est pas plausible lorsque l’on sait que les travaux de la philharmonie de l’Eleb ( Francfort ) durent depuis cinq ans, que le coût en a explosé, et que personne ne sait exactement quelle en sera l’addition finale.

La Philharmonie de Paris et le mensonge originel

Au moment du concours le budget prévisionnel était de 120 millions d’euros ( partagés entre l’état 45%, La ville 45%, et la région 10% ). Les débats du concours furent houleux et le choix préféré du maire ( projet de Zaha Hadid,) fut recalé du fait de la sincérité de son coût annoncé, alors hors budget ( 200 millions d’euros, ) A l’inverse le projet de Jean Nouvel, ( soutenu par les représentants de l’Etat,) ardemment défendu par une partie du jury promettait de tenir l’enveloppe de 120 millions d’euros, malgré les étonnements de la partie opposée du jury du concours. )

Au final, et une crise économique majeure plus tard, le projet de Philharmonie de Paris, façon Nouvel, pèserait aujourd’hui plus de deux cents millions d’euros avec un dérapage admis jusqu’à 10%. La date dorénavant annoncée serait 2013 ( Avant les élections municipales de 2014, mais après la présidentielle de 2012. ) Ce qui ne laisse que 36 à 40 mois pour entendre les premières notes de musique dans l’auditorium.... ce qui serait une performance.

Le même Jean Nouvel, en présentant le projet de “son” île Seguin, ( Boulogne Billancourt ) prévoit curieusement la réalisation possible d’un auditorium de plus de 1000 places ( de même que “l’import” de la fondation Cartier, actuellement sise boulevard Raspail dans le quatorzième arrondissement de Paris. )

NDLR : ( A l'issue du concours de la philharmonie, interrogé par un confrère, sur l'âge du capitaine, en fait l'absence de jeunes équipes de concepteurs au concours de la philharmonie. Jean Nouvel aurait répondu que c'était la jeunesse de Carlos Ott qui serait responsable de l'échec de l'Opéra Bastille. ( Carlos Ott étant bien sûr l'architecte de l'Opéra Bastille. ) Curieusement Jean Nouvel a omis de rappeler qu'il figurait au jury de ce même concours de l'Opéra Bastille ( en 1983. ) Il devait donc aussi être très jeune alors ! )


Trouvée sur le net : Une très amusante vidéo avait été réalisée par le site Qobuz pour le premier avril 2010, au sujet du chantier de la Philharmonie.


Le promoteur ICADE annonce le lancement prochain ( prévu en 2011 ) de la construction d’un des premiers édifices tertiaires à très basse énergie. 

Cette opération est située dans la ZAC “gare de Rungis” dans le XIIIE arrondissement de Paris, D’un coût estimé de 35 millions d’euros, l’opération a pour maître d’oeuvre l’agence néerlandaise MVRDV ( Winy Maas, né en 1959 à Schijndel, Jacob van Rijs (né en 1964), et Nathalie de Vries (née en 1965) 

Long de 150 m pour vingt et un mètres de large l’immeuble semble se briser partiellement en son milieu laissant “pousser” ses planchers comme les échardes d’une branche cassée, cette articulation offrira alors une fenêtre sur la ville et permettra d’accompagner le profil particulier du terrain tout en ménageant de multiples balcons et terrasses. Le projet paraît bien sage par rapport aux projets auxquels nous a habitué cette agence. 

L’immeuble sera doté de panneaux photovoltaïques comme il se doit. 


Observation : ( MVRDV faisait partie des quatre équipes de concepteurs consultées dans le cadre de l’étude de définition pour le réaménagement des Halles en 2004, tout comme OMA-Rem Koolhaas. Leur projet ne sera pas retenu au profit de celui de léquipe Mangin SEURA. ) 

Lot de consolation donc pour MVRDV, dont on s’amusera à remarquer que, situé au sud de Paris, le site est à l’exact opposé de l’entrepôt McDonald qui fait l’objet d’un aménagement urbain ayant pour architecte d’opération Rem Koolhaas. )

 

[ COMMUNIQUE DE PRESSE - ACE : Bruxelles 02/08/2010] Enquête du CAE : L'optimisme grandit mais il reste un manque de confiance dans le secteur public. 

Le Conseil des Architectes d'Europe (CAE) vient de clôturer la sixième édition de son enquête trimestrielle sur l'impact de la crise économique sur la profession d'architecte en Europe. Les résultats montrent un optimisme croissant avec une augmentation du travail dans le secteur privé mais un manque de confiance persistant dans le secteur public. 

Citation : “L’exposition explore le rôle fondamental que joue le dessin dans l’œuvre d’Iannis Xenakis (1922-2001), l’un des compositeurs d’avant-garde les plus importants de la deuxième partie du XXe siècle. Formé comme ingénieur dans le pays d’origine de ses parents, la Grèce, il travaille également en tant qu’architecte – en particulier au sein de l’agence de Le Corbusier, où il participe à la conception de plusieurs bâtiments emblématiques, dont la Tourette et le Pavillon Philips.” 

Centre Canadien d’architecture 
Exposition organisée par : The Drawing Center - New York / CCA 
Commanditaires : Hydro-Québec, RBC Groupe Financier / RBC Financial Group, BMO Groupe financier / BMO Financial Group 

CCA : “ Le Centre Canadien d'Architecture (CCA) est un centre international de recherche et un musée créé par Phyllis Lambert en 1979 avec la conviction que l’architecture est d’intérêt public.” 

Centre Canadien d’Architecture 
1920, rue Baile 
Montréal, Québec 
H3H 2S6 
Canada 

Voir l'exposition sur le site du CCA 
http://www.cca.qc.ca/fr/expositions/955-iannis-xenakis-compositeur-architecte-visionnaire

 

De la chaux qui sent le souffre ! 

Coup de tonnerre pour notre géant bien aimé du ciment du plâtre et des granulats ; le cimentier Lafarge voit les agences de notation, les mêmes qui font trembler les gouvernements européens avec leurs déficits à n’en plus finir, menacer d’abaisser la note de la dette du cimentier en ... “Junk Bond”. Rien à voir avec l’agent de sa majesté, mais à voir avec une dette de plus de quinze milliards d’euros contractée essentiellement lors du rachat par Lafarge du cimentier égyptien Orascom en 2008. 

Lafarge doit faire face à la crise économique politique et sociale qui sévit en Europe et aux Etats Unis, du fait de la réduction ou l’arrêt de nombreux programmes, mais aussi à la montée en puissance des moyens de construction “verts” ou filières sèches comme le bois qui réduisent progressivement l’appétit pour les produits du cimentier. L’endettement contracté en 2008 arrive donc au plus mauvais moment pour Lafarge malgré des bénéfices toujours en béton. 

Pour s’en sortir Lafarge se désengage de différents marchés comme la Malaisie, et par contre confirme son avancé en Chine. 


( Une Junk Bond est une obligation pourrie, c’est à dire qui ne rapporte pas ce qu’elle coûte.)

 

Les AJAP : Un système qui ne convainc plus ! Le principe de sélectionner “la crème de la crème” des jeunes diplômés des écoles d’architecture et de paysage semble avoir quelques difficultés à supporter le rythme. Outre les égarements inhérents à ce type de sélection ( la cherté des places ouvre la boîte de Pandore à tous les arrangements imaginables,) le système ne semble pas capable de produire les auteurs et personnalités indépendantes sensées renouveler les Nouvel, Portzamparc et autres Perrault, mais plutôt couronner les inévitables premiers de la classe, ceux qui, de toute façon, gagnent toujours aux tombolas de quartier. ( Voir à ce sujet la “maison R” de Colboc-Franzen ( NAJA 2004) ). 

Prime à l’efficacité donc, et non prime à l’intelligence, ni prime à l’oeuvre. Le système va cahin-caha d’années en années ( tous les deux ans, ) et tombe dans l’indifférence générale. 

Comme il se doit, le ministère de la culture et de la communication, qui ne semble pas savoir qoui faire des architectes dans son giron, assure la promotion, notamment par l’organisation d’une exposition dans l’ennuyeuse et étouffante “Cité de l’Architecture et du Patrimoine” ( sic) située sur la colline de Chaillot . 

L’entrée pour cette exposition est libre, encore heureux ! ... il n’y a rien à voir. Dans un décor de “pizzeria d’Umberto” pompeusement appelée “la cathédrale” ( sic ) on découvre surtout la performance des scénographes ( des AJAP de l’année dernière. ) qui accaparent le lieu avec une véritable baleine de bois, sorte de grenouille qui se verrait bien plus grosse que qui vous savez... oeuvre sans génie, (permise par la numérisation des machines à découper le bois, ) un peu dans le genre de ces égouttoirs à vaisselle que l’on trouve chez un géant du meuble suèdois.

Le blockbuster de l’été déménage assurément ! on y retrouve Leonardo Di Caprio, Marion Cotillard... mais “le piment” en filigrane du film est autre... il s’agit de l’architecture. 

Voici une lecture orientée du film : Inception est une histoire assez simple d’un télépathe qui serait capable d’entrer dans les songes d’autrui pour y déposer une idée venue de l’extérieur, un hold up mental inversé ! En somme de parasiter un esprit sain. Certes cela se produit tous les jours, avec la publicité, la mode, les communicants, les politiques, et autres émetteurs d’information, mais aussi de manière plus naturelle comme par exemple ; l’état amoureux. 
Ici l’exploit serait de contrôler parfaitement une telle “intrusion”. 

La première partie du film repose donc sur l’assemblage des éléments nécessaires ; la constitution d’une équipe dont chaque membre a une fonction bien particulière. Un architecte est donc sensé créer le “décor”, Léonardo DiCaprio, alias ( Dominic Cobb ) se rend donc ... à Paris, à la recherche d’un architecte, qu’il rencontre, via son beau père, dans ce qui pourrait ressembler à l’amphithéâtre des Beaux-arts. Cela sera une architecte ; Ariane ( jouée par Ellen Page,) étudiante de son état. 

Comme exercice d’embauche, Cobb lui demande de dessiner.... un labyrinthe dont on ne puisse trouver la sortie en moins d’une minute, à défaut de fil, la ficelle est certes grosse. L’étudiante française répondra au troisième essai de manière satisfaisante, et au fur et à mesure de l’avancée du film deviendra le vecteur principal, révélant et libérant le secret qui hante ce même Cobb. 

( L’apport de l’architecte commencera cependant par la démonstration de son talent à refléter la réalité, quitte à la déformer comme on plisse un morceau de tissu. ) 

Ce voyage, parallèle à l'intrigue du film, dans la conscience de Coob s’effectue notamment dans un ascenseur, façon ascenseur de grand magasin, symbolisant le voyage entre les strates des souvenirs emmagasinés et ses différents états de conscience. 


On ne peut s’empêcher d’oser lire la critique d’une discipline; l’architecture, ( notamment au moment de la séquence ou Cobb emmène Ariane visiter le monde imaginaire qu’il s’était construit ; de fantastiques images de falaises, murailles d’une ville en ruines, façon Beyrouth au moment de la guerre, et plus loin une skyline semblant hésiter furieusement entre Bauhaus et plan Voisin. ) Architecture qui ne serait devenue qu’une voleuse de rêves en nous injectant une vision imposée d’un environnement spectaculaire construit. Le choix d’une étudiante française qui serait la meilleure pour accomplir cette mission, à l’heure de la gesticulante ersatz générationnelle française, qui annihile, elle réellement, on se pince mais on ne rêve pas hélas, toutes les compétences d’une génération à son seul profit ( vert pomme,) est un effet comique ( involontaire sans doute, les équipes du film n’ont sans doute jamais entendu parler de nos franchouillards saucissons beurre du vert pomme. ) 

De quoi les architectes et urbanistes sont-ils responsables ? 
( Un débat en France n’a jamais eu lieu après l’explosion sociale de 2005, les grands ensembles des années 60 ont-ils volé l’imaginaire de générations entières ? ) 

Voir la bande annonce d’Inception 
http://trailers.apple.com/trailers/wb/inception 

Le site de la ville de Paris propose une page dédiée aux lieux parisiens du tournage de ce film, avec d'intéressants secrets de fabrication du film. 
http://bit.ly/d1Jbpv

 

Les organisateurs de la XIIe biennale internationale d’architecture de Venise viennent de communiquer les 20 événements “extérieurs” qui se tiendront à Venise en parallèle à la biennale elle même. ( du 29 août au 21 novembre 2010 ( journées d’ouverture les 26 27 28 août 2010) ) 

Ces événements sont proposés à la propre initiative d’institutions et organisations internationales , et se veulent des enrichissements significatifs de la programmation officielle. 

[ COMMUNIQUÉ DE L'ASSOCIATION ACCOMPLIR - 29 juillet 15h ] Dans le cadre des travaux de réaménagement du jardin des Halles, un premier permis de démolir le jardin a été déposé par la Ville en avril dernier. L'association Accomplir, qui est opposée à ce projet, a obtenu sa suspension par le juge des référés le 12 mai. La Ville a poursuivi les travaux pendant quelques jours, avant d'accepter, sous la pression des riverains et du Maire du 1er, de respecter la décision de justice et de suspendre le chantier. 

[ Communiqué de Presse] Paris (26/07/10) Projet de rénovation des Halles : L’association Accomplir dénonce un marché illégal : « Le Préfet d’Ile-de-France n’a plus que 48 heures pour agir : laissera-t-il le Maire de Paris se mettre au-dessus des lois ? » 

Le 31 mai dernier, l’avocat de l’association Accomplir, Maître Cyril Laroche, saisissait le Préfet d’Ile-de-France, Daniel Canepa, pour qu’il demande au Tribunal Administratif d’annuler et de suspendre l’avenant de 255.000 euros au marché de maîtrise d’œuvre relatif à l’aménagement du jardin des Halles accordé à l’architecte David Mangin par la Ville de Paris le 12 avril 2010. Cet avenant est destiné à permettre à l’architecte de reprendre les plans de son jardin, car la Ville s’est rendu compte que l’aplanissement général prévu par l’architecte soulevait de graves problèmes, en raison de la présence, dans les sous-sol du jardin, de nombreux équipements techniques et de sécurité qui ne pouvaient être ni démolis, ni déplacés. 
  
L’association Accomplir considère que cet avenant est doublement illégal, à la fois parce qu’il contrevient aux règles européennes relatives à la passation des marchés publics et parce que, du fait de son montant trop élevé par rapport au marché initial, il méconnaît également le Code des marchés publics. Le Préfet Canepa a d’ailleurs reconnu, comme l’indique Le Parisien du 30 juin 2010, que ce marché « aurait dû être mis en concurrence en raison de son montant et des nouvelles règles européennes ». Pourtant, contre toute logique, le Préfet n’a toujours pas déféré l’avenant au Tribunal Administratif, et il ne lui reste désormais plus que 48 heures pour le faire. 
  
Si le Tribunal suspendait et annulait cet avenant, les études entreprises par David Mangin pour résoudre les problèmes techniques et de sécurité que pose son projet devraient être arrêtées et l’aménagement du jardin ne pourrait être réalisé en l’état. La Ville serait dans l’obligation de lancer une nouvelle consultation pour établir un nouveau projet de démolition et de réaménagement du jardin. 
  
La droite parisienne dispose ainsi d’un moyen très puissant de contrecarrer le projet de rénovation du Jardin des Halles, dénoncé avec virulence par le maire UMP du 1er, Jean-François Legaret, au Conseil de Paris, et d’infliger un sérieux revers à Bertrand Delanoë et à Anne Hidalgo. Pourtant, rien ne se passe. Dès le 31 mai dernier, nous avons saisi Pierre Lellouche, secrétaire d’Etat aux affaires européennes et candidat aux législatives dans la 1ère circonscription de Paris, et nous savons qu’il a discuté de ce dossier au plus haut niveau, c’est-à-dire avec le directeur de cabinet de M. Sarkozy, M. Claude Guéant. En pure perte, apparemment. Le Maire de Paris s’affranchit des lois françaises et européennes, et le préfet Canepa, nommé par le président Sarkozy et chargé en principe de contrôler la légalité des procédures de la Mairie de Paris, n’agit pas. Assisterait-on, en cette période de tractations sur le Grand Paris, à de « petits arrangements » entre le PS parisien et la droite parisienne et présidentielle ? Il reste 48 heures au préfet Canepa pour dissiper ce soupçon. 

Site de l'association Accomplir : http://www.accomplir.asso.fr

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