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M.A.J le: 30, Sep, 2014 9:41 AM +02:00
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Première soirée d’un séminaire organisé par l’Académie d’architecture, et réparti sur quatre séances.  Lors de cette séance inaugurale c’est la philosophe Françoise Gaillard autour du sujet “Le grand récit conversation avec la ville “ qui ouvrait les échanges.  Constatant la fin du “grand récit“ avec la fin des Modernes (Modernes des Lumières, et pas seulement les Modernes du rationalisme du XXe siècle,) qui vidèrent le ciel des croyances.

Fin du récit qui signe également la fin de la projection, du projet, et donc du futur.   Futur qui aujourd’hui est particulièrement désenchantant  entre décroissance annoncée, asphyxie écologique, et effondrement de tous les dogmes. 

 

Le futur n’étant plus habitable parce qu’anxiogène,  on se replie sur le présent que l’on voudrait réenchanter

 

laissant la place au “présentisme“ infini, en lieu et place d’une croyance en un quelconque avenir, la société ne vit plus dans l’espoir et l’espérance, mais dans une survie immédiate. Françoise Gaillard s’insurge contre l’effet de cette situation ou tout un chacun se propose de “réenchanter“ le présent, la ville, l’architecture. Prenant pour exemple le titre d’une exposition se tenant actuellement dans une institution parisienne de second ordre. Réenchantement dont le résultat n’est qu’infantilisation, ludification et euphorisation artificielle.

 

 

Reconstruction d’une modernité moins prométhéenne

 

Que faire face à “l’énigme du héron“ * se demande Françoise Gaillard : Reconstruire un grand récit, sorte de projet collectif vers un objectif à atteindre explique la philosophe, et elle a une idée  ; le projet du vivant.  Selon elle, l’écologie n’est pas un grand récit, parce que promouvant la décroissance, l’écologie est un récit dysphorique basé sur la peur.   A l’inverse le “vivant“ est lié à la régénération, l’adaptation, la mutation , l’intégration, autant d’idées permettant de “libérer le futur“ et de trouver dans la logique du vivant de nouvelles stratégies de croissance.

 

N.B : Le séminaire comprendra trois autres rencontres qui se tiendront à l’académie d’architecture. (Se reporter à l’agenda.)

 

* Françoise Gaillard cite la définition chère aux cruciverbistes de l’énigme du Héron en deux lettres.  Il s’agit de “Ou“ dans la fable de la Fontaine.

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En ultra-off, d’aucuns pressentent déjà la reprise rapide des travaux, comme si tout était joué et qu’ils étaient dans la confidence. Officiellement l’audience début octobre 2014 au tribunal administratif devra statuer si la décision d’annulation du permis de construire, (Lire la reproduction in-extenso du jugement du 13 mai 2014,)  doit continuer à produire ses effets en attendant la décision des juges sur le fond de l’affaire. En clair les travaux peuvent ils reprendre pendant les longs mois du temps judiciaire ?

 

En Off chacun y va de ses conjectures sur le sens de la décision à venir ;  si les juges décident de surseoir à l’interdiction, le chantier pourrait reprendre en attendant la décision sur le fond, mais il serait alors peu probable qu’au final les juges inversent la vapeur.  La décision sur la forme induirait, en pointillés, la probable décision sur le fond.

 

A contrario si début octobre les juges décident de maintenir l’arrêt des travaux sur le site de l'îlot Rivoli, (celui qui verrait l’édification signée des architectes de SANAA avec sa façade ondulante de verre,) LVMH pourrait déjà se préparer à refaire, à partir de zéro, un projet pour cet îlot.

 

Pour autant la position des juges n’est pas facile. Sil ils

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Quelque chose frappe à la lecture du rapport sur les professions réglementées. La faiblesse des revenus des architectes par rapport aux autres professions réglementées.  Certes Les “professions du Droit“ caracolent en haut du classement, et à elles seules, justifient la dérèglementation de certains privilèges qui n’ont plus lieu d’être.

 

Cependant les architectes français,  fort de près de 30 000 inscrits à l’ordre des architectes, (en France, Le port du titre “architecte“ est lié à l’inscription à l’Ordre des architectes,)  affichent selon ce rapport les revenus annuels parmi les plus faibles, pratiquement inférieurs à un technicien de l’industrie. Ou est donc l’erreur ?  Il n’y en a pas, mais la plupart des architectes inscrits sont en fait des structures unipersonnelles, oeuvrant à ce qui peut ressembler parfois à du faux-salariat.   Il n’y a pas 30 000  agences d’architecture en France, mais entre 2000 et 3000 qui, elles, réalisent réellement un chiffre d’affaires conséquent.  Minoritaires, les revenus de leurs dirigeants, plus confortables, se noient dans la moyenne des 30 000 inscrits.

 

Le résultat est que 90% des architectes vivent, aujourd’hui,  avec un revenu équivalent à celui d’un projeteur. D’ailleurs il n’y a pas vraiment d’écoles de projeteurs en France.

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Selon le droit des sociétés, celui qui détient plus de 50% des parts d’une société à le pouvoir de décision au sein de cette entité. Dans le cadre des sociétés d’architecture, (profession réglementée soumise à diverses contraintes leur assurant en retour autorité morale et responsabilité juridique sur l’acte de concevoir face aux autres acteurs du projet,) si l’existence de restrictions à la détention du capital des sociétés d’architecture est levée, la question se posera alors de qui décide et qui assume.

 

Si un non-architecte aurait dorénavant le pouvoir de décision au sein d’une société d’architecture, juridiquement; cela sera celui qui est architecte qui endossera les responsabilités liées aux décisions du projet en train de se faire. Est-ce tenable ? Et qui veut jouer à ce jeu ?  Certes cela serait la personne morale qui subirait les conséquences, donc la société et non individuellement le ou les architecte(s) minoritaire(s) au capital, mais est-ce compatible avec le serment déontologique que prête chaque candidat à l’inscription à l’ordre des architectes ?

 

Contrairement à ce que l’on peut penser, le risque ce n’est pas “l’architecte polonais“ ou autre acteur lointain plus ou moins affublé du titre d’architecte qui prendrait le contrôle des structures existantes. ce n’est pas non plus le risque qu’une major du BTP s’invite dans le capital de votre petite agence lambda, même ajapée !  Le véritable risque est qu’un acteur financier majeur de l’immobilier créée de toute pièce une structure dite “société d’architecture“ avec quelques architectes de paille. Ces structures, taillées à la mesure de l’ingénierie techno-immobilière, seraient systématiquement associées lors des grandes opérations de délégation de service publique de type P.P.P, celles ou plus personne ne contrôle l’intérêt public.

 

Dans ce cas, le B.T.P serait enfin libre de faire ce qu’il lui plait, débarrassé de ces encombrants architectes empêcheurs de dealer en paix.

 

Face à ces questions, et suite à la polémique créée par l’ex ministre du redressement-productif concernant la chasse aux privilèges des professions réglementées, l’UNAPL (Union Nationale des Professions Libérales.)  organise une journée d’action le 30 septembre 2014 en invitant ses membres (dont font parties les architectes,) à baisser le rideau l’espace d’une journée.

 

http://www.unapl.fr

 

Le fameux rapport en 3 volumes, résultat d’une lettre de Mission, signée du ministre de l’économie et des finances, (Pierre Moscovisci.) datée du 1 octobre 2012, est lisible ici

 

http://www.economie.gouv.fr/files/files/PDF/2012-M-057-03-Tome1-pr.pdf

http://www.economie.gouv.fr/files/files/PDF/2012-M-057-03-Tome2-pr.pdf

http://www.economie.gouv.fr/files/files/PDF/2012-M-057-03-Tome3-pr_new.pdf

 

 

 

Ci-dessous pour nos abonnés quelques morceaux choisis.

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Né en 1920 en Hongrie, Antti Lovag est décédé ce samedi 27 septembre à Tourrettes-sur-Loup.

 

Intéressé par l’architecture navale qu’il étudiera à Stockholm, il poursuivra ses études à partir de 1947 à Paris à l’école des Beaux-Arts, il collaborera  ensuite avec Jean Prouvé,  puis avec Jacques Couelle,  Pascal Haüsermann

 

Se réclamant habitologue, on lui doit les “maisons bulles“ icônes des années 70, et d’une architecture POP qui réfutait les angles droit, comme autant de limitations, préférant la souplesse organique des courbes. Pierre Cardin lui commandera la conception de sa maison à Théoule sur Mer.

 

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Antti_Lovag

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25 septembre 2014, Ile de Nantes : Début des travaux de transformation de la Gigantesque ex-halle Alstom sur l’île de Nantes. Johanna Rolland, maire de Nantes, présentait elle même (Ecouter le fichier audio 8'45" m4a) l’ambition et l’espoir que représente la transformation de l’ex halle Alstom, aujourd’hui gigantesque “musée de nefs industrielles“, en un projet original d’assemblage, ouvert sur la ville, d’entités créatives et culturelles tournées vers l’avenir.

 

Futur Outils de Concrétion autant que de concrétisation de parcours, avec ; - l’Ecole des Beaux arts de Nantes qui verra ici ses surfaces démultipliées, - un pôle universitaire dédié aux cultures numériques,  - un hôtel d’entreprises de start-up, et enfin une “plateforme d’animation économique“ (en fait l’ex salle des fêtes campagnarde,) qui jouxtera une “agora gourmande“ proue de l’ensemble de ce navire, et seule partie du complexe visible depuis Nantes.


Le pari des croisements le pari des rencontresJohanna Rolland, maire de Nantes


L’idée qui vient à l’esprit de ce projet, c’est d’imaginer un Opéra dont la salle de spectacle serait ses propres ateliers techniques. Ce décloisonnement illustre ce que la Maire de Nantes nomme ; “Le pari des croisements, le pari des rencontres“

Fort d’un patrimoine industriel encombrant, autant que marquant la mémoire industrielle de Nantes, l’ex Halle Alstom, (renommée “Les Halles“,)  pour l’instant se cache derrière le palais de Justice signé de Jean Nouvel.  Territoire sans façade, fermé sur lui même, hier des pièces mécaniques dignes de Jules Verne sont nées pendant plus d'un siècle en ces lieux. Aujourd’hui la reconquête urbaine s’invente  tournée sur la création et la culture.

 

Architecte coordinateur de l’ensemble des halles, et en charge de l’implantation de l’école des beaux arts dans les halles 4 et 5, Franklin Azzi, insiste sur l’originalité de la démarche de la Samoa, et de la Ville de Nantes qui construisent leurs projets sur la durée et non le retour immédiat sur investissement, allant chercher des opérateurs-investisseurs qui auront à coeur d’en assurer une meilleure pérennité.  

 

Les contraintes techniques sont multiples, auxquelles s’ajoute le plan de prévention des risques sismiques qui oblige à concevoir des édifices prenant en compte cette exigence.  La solution retenue par les concepteurs est de concevoir à l’intérieur des halles existantes conservées, mais ouvertes sur la ville, des boites intérieures répondant aux normes.   Intervention à minima dictée par l’économie de moyens face aux gigantisme de l’existant à conserver.  

 

Pour l’heure, le ménage a été fait, il a consisté à déconstruire les ajouts autour des trois ensembles de nefs principaux, ce qui permet déjà de constituer une “rue neuve“ longitudinale et une traverse transversale aérant l’ensemble.

 

Prochaine étape, fin 2017,

- l’ouverture de l’EBA-Nantes, (halles 4 et 5,)  dans lesquelles s’ébattront 500 étudiants. Coût de l’opération 34,5 millions € H.T, dont 25 de travaux.

Maitre d’ouvrage : Nantes Métropole : Architecte et mandataire du groupement : Franklin Azzi  Architecture (FAA) / SETEC Bâtiment / TRIBU / 12ECO / BAS SMETS / Lamoureux acoustique / Casso & Ass

 

- Halle 6 Est : (L’hôtel d’entreprises): M.O : Groupe Brémond, architecte Avignon & Clouet, Ingénierie : SNC Lavalin.

 

- Halles 1 et 2 bis avec l’agora gourmande.  2,5 millions d’euros H.T pour  1450m2. M.O : Groupe Brémond, Apertura. Architectes : DLW architectes et Fichtre. Ingénierie : SNC Lavalin

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C’était la rentrée ce jeudi 25 septembre 2014 au pavillon de l’Arsenal avec l’inauguration, par Jean-Louis Missika,  de l’exposition; “Matière grise Matériaux/réemploi/architecture“,  “commicyclée“ par “Encore Heureux“ (Julien Choppin & Nicola Delon),  s’intéressant à la redécouverte de la réutilisation des matériaux de construction, leur donnant une seconde vie, comme cela se faisait par tout le monde…. il y a encore 70 ans. (Avant la seconde guerre mondiale les gens ne jetaient pratiquement rien en France), et comme cela se fait, parce qu’ils n’ont pas le choix, dans les pays en voie de développement.  L’originalité, et l’exemplarité ici est de choisir des réalisations de concepteurs.. qui ont, eux, le choix de faire ce choix. Mais pas par coquêterie, mais bien par recherche d’une économie délibérée du “faire,“ et d’une volonté d’alléger la dette environnementale que nous fabriquons chaque Jour.  

 

Certes Cela revient donc à considérer aujourd’hui ce qui était moqué hier.  A ressortir les vieux hippies de leur combi VW un peu rouillés.  Mais tout le monde s’y met  !  de Patrick Bouchain, qui peut revendiquer faire cela depuis trente ans au moins, à Philippe Samyn, (Bruxelles.)  L’exposition fourmille d’exemples de la récupération opportune d’un matériau recyclé et disponible à proximité immédiate. 

Cependant cela implique aussi une dérèglementation : Fabriquer des cloisons avec les stocks de revues invendues d’un éditeur c’est faire l’impasse sur la règlementation incendie. Réutiliser des traverses de chemin de fer comme murs porteurs d’un édifice, c’est faire l’impasse sur le traitement fongique lourd reçu par ces mêmes traverses pour résister initialement à tout !  

 

Plus convaincant; l’apostrophe sur la réalité de la moquette industrielle qui dégage des solvants nocifs durant toute sa durée d’utilisation. Les matériaux ne sont pas seulement destructeurs de notre environnement, mais ils sont devenus nocifs pour leurs utilisateurs, du fait des traitements qu’ils reçoivent...

 

Le gaspillage planétaire est immense,  et cela oblige à regarder autrement les performances architecturales des uns et des autres.  Comme si devenait visible.. le prix invisible payé par la nature.

 

Comme le remarquait Jean-Louis Missika, (Adjoint à la maire de Paris, chargé de l’urbanisme,) dans son discours de présentation ;  “à l’heure du Grand Paris et ses travaux gigantesques d’infrastructures il est temps de s’interroger sur le devenir des montagnes de déchets, gravats, gravois qui seront extraits du sol.“

 

Alexandre Labasse, directeur général du pavillon de l’Arsenal, dans le texte d’introduction du copieux catalogue, a cette jolie formule ; “ Aujourd’hui une poignée de pionniers font entrer les rides dans la modernité.“

 

Parmi eux;  Rotor, (Belgique,) déjà très remarqués à la biennale d’architecture de Venise en 2012, mais aussi quelques français, on notera même un enseignant des ENSA; Cyrille Hanappe, qui cornaque deux réalisations d’étudiants. Il ne faut pas oublier le dynamique “Bellastock,“ groupe énergique d’étudiants qui se retrouvent tous les ans, généralement sous la pluie, à édifier d’improbables structures en cajettes ou autres caillebotis. Mais ce qui était frappant à cette inauguration c’était la jeunesse du public, étudiants de toutes les écoles d’archis, Peut être  que la vraie question est : “ Comment recycler les architectes français de plus de 50 ans ?“

 

Heureusement le pavillon de l’arsenal a pensé à tout ! et les dimanches, après son traditionnel brunch, des ateliers sont proposés : “Ateliers Chutes libres“ Voir sur le site du pavillon de l’Arsenal Lien

 

 

Le catalogue de l’exposition : Matière Grise Lien

 
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25 ans après sa construction, 200 Millions d’euros sont nécessaires pour .. sa rénovation !  Idéalement la grande arche de la Défense devrait être aujourd’hui déconstruite.  Immeuble de bureaux médiocre et anxiogène, dont les espaces intérieurs sont étouffés par sa méga structure, développant une surface de façade démesurée, encombré d’un toit  agrémenté d’ascenseurs suspendus sans oublier ses inénarrables “nuages“ qui se révélèrent un embrouillamini de câbles et de tenseurs. Le contraste est curieux entre la grande échelle maîtrisée et l’échelle humaine méprisée.

 

Certes la performance technique: Un cube de 300 000 tonnes en béton simplement posé  (via un mille feuilles de couches de néoprène) sur douze chapiteaux ovoïdes géants en béton de 6 à 12 m de diamètre, dont les plans de ferraillage ont été dessinés à la main, (c’était en 1986-87,) est une oeuvre de génie-civil menée de main de maître par l’entreprise Bouygues, sur les plans initiaux de l’architecte danois Johan Otto von Spreckelsen,  qui cependant préféra partir en cours de chantier, et décédera un an plus tard, en 1987.

 

Et tout cela pour quoi ?

Mais à part la tenue d’un G7 en juillet 1989 dans son toit, l’édifice n’a jamais convaincu d’une réelle efficience au delà d’un efficace signal qui armature le quartier.  En fait cette grande arche souffre de ne pas avoir eu de programme et de contenu. 

Couteux décor de carton pâte,  véritable nostromo échoué à l’image de son quartier trop grand pour ne jamais être une véritable ville.

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Interview Sobrement intitulée “Ni refaire ni défaire ce qui a été fait 2012“, La Ministre de la culture et de la communication envoie un message d’humilité et de retenue, dans le cadre de son ministère financièrement contraint. 

 

Il est loin le temps des grandes idées généreuses liées à la culture,  place à la gestion juridique et sociale de dossiers dont le centre de gravité est supranational, comme Google, Netflix, Les droits d’auteurs, la fiscalité des net-acteurs.

 

A coté de cela la marge de manoeuvre semble bien mince et peu ambitieuse comme pour  l’éducation culturelle ; “ L’objectif ce n’est pas seulement que 100%  d’une classe d’âge  ait vu la Joconde ou écoute don Giovanni. Aujourd’hui, les jeunes sont connectés. Ils ont une expérience artistique qui leur est propre avec des pratiques spontanées sur lesquelles il faut s’appuyer. ../… Il faut susciter des millions de petites épiphanies individuelles.“

 

Quant au Patrimoine dont les menaces liées au désengagement de l’Etat au profit des régions suscitent de multiples craintes, Fleur Pellerin se veut rassurante ; “Je veillerai quant à moi, à l’équilibre entre d’une part, le souci de simplifier les règles existantes et, d’autres part, le maintien du rôle de l’Etat en matière de préservation et de valorisation du patrimoine.“

 

Enfin dans un second article Fleur Pellerin, répondant sur la net économie, explique ; “Il ne faut pas avoir une mentalité d’assiégés.“

 

Lien vers l'article

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Metz vaut le détour ! A une heure vingt de Paris en TGV, Metz,  ce n’est pas seulement le Centre Georges Pompidou, mais toute une ville assez fièrement campée sur une architecture massive et dépaysante pour qui vient d’autres régions. Préfecture du département de la Moselle, Metz s’est refaite une beauté, notamment en soignant ses espaces publics, depuis une dizaine d’années.  

 

En centre ville, les galeries Lafayette dispose d’un vaste ensemble immobilier constitué d’un monolithe construit dans les années 80.

 

L’édifice est Minéral, brutaliste, répondant aux valeurs d’une époque ou il n’était pas question d’ouvrir le moindre percement en façade pour ne pas diminuer les linéaires de présentation des étals à chaque étage. Aujourd’hui l’époque se veut plus flashy, plus légère, plus exigeante,  mais aussi le patrimoine même des édifices entre en considération dans les politiques immobilières des grandes enseignes. 

 

L’acte d’achat n’est plus automatique, il repose dorénavant sur la création d’un moment de qualité qui commence dès l’approche du magasin.  Cependant; pas question ici de reconstruire entièrement un immeuble commercial… Cela sera donc une rénovation de ses façades.  “Notre contrainte c’est qu’un magasin ne doit pas fermer pendant les travaux de rénovation, sinon les clients vont voir ailleurs et ils seront perdus pour nous,“ explique Eric Costa, directeur de Citynove, la filiale foncière des Galeries Lafayette.

 

La spécificité d’un grand magasin.

 

A l’inverse des commerces de première nécessité, un grand magasin vend des produits  dont personne n’a immédiatement  besoin.  La contrainte d’un grand magasin consiste à créer, en s’adaptant en permanence, l’impulsion qui provoquera l’acte d’achat. 
Disposant d’un nombre considérable de magasins à  travers la France,  et soucieuse de la signature patrimoniale que représente ces édifices, les Galeries Lafayette ont développé une réflexion sur le devenir et l’évolution de leurs emprises foncières souvent en centre ville, notamment en recherchant l’intervention d’architectes non spécialisés en architecture commerciale, mais plus aptes à apposer une signature identitaire. 
On se souvient du magasin de Berlin signé de Jean Nouvel au tournant des années 2000.

 

Roger Villeneuve, directeur des ventes du réseau Galeries Lafayette (Hors Paris IDF),  résume la situation du magasin de Metz; “16 000 m2, 9e place par le chiffre d’affaires des magasins nationaux Galeries Lafayette,  suffisamment important pour obtenir le “label Flagship“ réservé aux magasins réalisant un C.A entre 50 et 80 millions d’euros/annuel.  Il représente près de 300 emplois.“ et ajoute ; “L’architecture amène de la valeur“.

 

L’architecte Manuelle Gautrand explique d’abord avoir été marquée par la tradition des grands magasins et notamment la virtuosité de ce type d’édifices dans la générosité de ces marquises, chefs d’oeuvres de ferronnerie, véritable morceaux de bravoure d’un savoir faire aujourd’hui disparu ou rendu impossible du fait des contraintes de sécurité. Il s’agit donc de recréer cet élément qui offrait une protection généreuse aux passants tout en étant une véritable signature.

 

Doté d’un budget, non révélé officiellement, mais estimé à 1,5 millions d’euros (sur 5 millions de travaux de rénovation des façades,)  il fallait à la fois respecter l’existant (sans reproduire certains excès dans la transformation de bâtiments existants comme on peut le voir à Paris par exemple.) et dialoguer avec une tradition historique des grands magasins tout en étant résolument contemporain. 

Cela sera donc juste une césure, mi tutu mi marquise, ne cherchant pas à recouvrir ou dissimuler la façade de l’édifice. L’idée parait simple, mais les exigences en feront un noeud à problèmes techniques dont le bureau d’études T/E/S/S se fera un plaisir à en imaginer les solutions. D’abord la couleur rouge, qui semble si anodine, mais qui est aujourd’hui un casse tête technique. Impossible de fabriquer du verre rouge pour cause de plomb. On ne sait tout simplement plus fabriquer économiquement du verre rouge, incroyable non ? La solution sera donc un jeu de films surperposés pris en sandwich. Certains rouge, d’autres rose.  Mais le rouge à un défaut;  Il aime un peu trop les infra-rouge, et fait chauffer le matériau qui  le porte, au risque de le déformer, en créant de fâcheux effets de “galons incurvés“ là ou la tranche des panneaux verriers est rigoureusement droite. Puis cela sera l’exigence de l’architecte ; pas de gouttières en rives extérieures. Il s’ensuit alors un savant jeu de pliages permettant de ramener l’écoulement des eaux vers une noue intérieure qui elle exige la linéarité des surfaces en son contact. Tout l’art de l’origami et du pliage sera nécessaire pour trouver une réponse satisfaisant la résistance structurelle, l’étanchéité et l’effet rythmique voulu en rive extérieure.  

Mais ce qui semblera le plus performant à l’oeil des architectes de passage, du fait de son élancement, c’est l’absence de tirants visibles en sa partie supérieure, malgré un porte à faux allant jusqu’à 5 mètres.

 

Au final une intervention discrète à l’échelle du bâtiment qui sait rester à sa place tout en signifiant un signal fort et dynamique malgré les contraintes d’une architecture qui à l’origine était peu ouverte sur la ville.

 

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