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M.A.J le: 19, Sep, 2014 4:29 AM +02:00
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[Envoyé spécial] Venise 5 septembre 2014 : La météo est clémente à Venise, et les moustiques sont à la fête. Il est encore temps d’aller visiter dans d’excellentes conditions de confort une des plus passionnantes expositions liées à l’architecture. Questionnements plus que réponses. Cette XIV biennale s’organise autour de trois bases de données gigantesques. - Monditalia dans la Corderie de L’Arsenale, explore les interférences culturelles dans la société italienne tout au long du XXe siècle. Elements of architecture questionne l’éventuelle perte de sens de l’industrialisation du bâtiment, et enfin absorbing modernity 1914 -2014, questionne et affichent les non dits de l’histoire de la modernité dans les pays présents aux Giardini.

 

C’est une biennale de maturation dont il ne faut pas chercher les réponses sur étagères de votre prochain concours, mais plutôt qui vous questionnera toute votre vie. C’est donc un moment incontournable qu’il ne faut pas manquer si vous prétendez vous confronter réellement à l’architecture.

 

Après les étonnantes performances des journées d’inauguration, des dispositifs de projection remplacent les arts de la scène dans la partie Monditalia.  Coïncidence de la Mostra du Cinéma ?  en Tout cas cela fait dire au critique de cinéma Jean-Michel Frodon pour  slate.fr

 

Si le cinéma était donc loin d’être autant au rendez-vous qu’on pouvait l’espérer sur le Lido, il se trouvait en revanche de belle manière de l’autre côté de la lagune, grâce à la Biennale d’architecture, et plus particulièrement de l’exposition Monditalia présentée à l’Arsenale.“ (Lien)

 

../…

Choisis avec une grande finesse par Alberto Momo, les fragments cinématographiques, sans jamais se réduire à une illustration, diffusent peu à peu une sensation du «paysage italien» – paysage mental tout autant que paysages ruraux, urbains, industriels, archéologiques, historiques, etc. – qui prend forme au fil de la déambulation parmi les très nombreux composants proposés en regard. Parmi eux, plusieurs autres éléments liant architecture et cinéma, notamment la révélation de la Cupola, l’extraordinaire villa construite au milieu des années 60 par l’architecte visionnaire Dante Bini pour Michelangelo Antonioni et Monica Vitti sur la Costa Paradiso en Sardaigne.“ (Lien)

 

 

Lire aussi : Après Fundamentals aurons nous droit à Elements of response en 2016 ?


 

 

Mais ou sont les écoles d’architecture françaises à Venise ?

 

Prétexte à une visite de la biennale, les organisateurs proposèrent aux écoles d’architecture de venir organiser des sessions pour leurs étudiants.  De Columbia à l’IUAV de Venise en passant par les écoles de Vilnius, Postdam, Moscou, Liège, Abu Dhabi, Copenhague, Ankara Toutes s’affichent sur un vaste panneau à l’entrée des Giardini. Coté français on remarque la présence de l’ESA (Ecole Spéciale d’Architecture,) (ecole privée), et des ENSAS Strasbourg et Clermont Ferrand….  Et puis c’est tout…..

 

http://www.labiennale.org/it/architettura/mostra/biennale-sessions

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Situé à deux pas de “fondamenta Nuove“ (Nouveau quai) dans le Cannaregio, l’ensemble weCrociferi a été inauguré en septembre 2013.  Il s’agit d’une vaste réhabilitation dans une série de corps de bâtiments anciennement couvent de Jésuites, puis caserne, puis abandonné pendant près d’un demi siècle, Il y a avait urgence pour sauver ce quartier délaissé de Venise.   22 millions d’euros furent trouvés et l’idée prit germe de réaliser un hébergement étudiants de plus de 255 lits, avec différents services, le tout s’ouvrant sur la ville.

 

A la fois logements étudiants et hôtel ouvert à tous, WeCrociferi est un exemple assez réussi du mariage d’un équipement universitaire élargissant son rôle à la vie d’un quartier, le tout dans un édifice historique sans pour autant être un monument classé.

 

Ce qui sauve les édifices de Venise dans ces cas de réaffectation, c’est le manque d’argent face à l’importance de l’entreprise de rénovation-reconstruction, mais aussi une sensibilité à l’histoire et une volonté de conserver l’âme des lieux (qui trouve sa source dans la charte de Venise). 

 

Cela est, par ailleurs,  parfaitement visible en parcourant la Corderie et l’Arsenale de Venise, le gigantisme des lieux oblige à faire des choix qui deviennent exemple à suivre d’une façon de non-faire. 

 

Ici, pas question d’aller chercher une star japonaise pour réaliser une façade dissonante, mais au contraire une simple volonté, décomplexée, de pallier à l’urgence coté structure, adapter l’existant aux contingences contemporaines de mise en sécurité et intégrer le programme de la nouvelle affectation choisie.

 

Cela conduit à intervenir, à la vue de tous, pour tout ce qui concerne les équipements de sécurité et de mise aux normes,  intervenir et refaire un pan de mur si nécessaire. Mais par contre ne pas toucher à quoi que ce soi qui n’a pas lieu de l’être. Ainsi les façades ne sont pas ravalées, les éléments de parement dépareillés ne sont pas repris.

 

Le résultat est étonnant de justesse, surtout pour un visiteur français habitué à ces rénovations ripolinées de partout (comme par exemple au théâtre de l’Odéon (Paris VIe.) 

 

Ce qui n’empêche aucunement d’aménager un vaste programme de chambres et appartements très contemporains, le tout étant réversible le cas échéant.

 

Un excellent spot d’hébergement pour votre prochaine virée à Venise, qui plus est, à la fois proche de l’embarcadère des vaporetto (station Fondamenta Nuove,) et par ce même fondamenta nuove, à quinze minutes à pied de l’Arsenale et ses biennales….  tout en évitant les axes trop touristiques. Diaporama

 

http://www.we-crociferi.it

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Mauvaise foi, vassalité et inculture évidente de la part des architectes; coup de force de trop de la part de LVMH (propriétaire de l’ensemble immobilier constituant l’ex Samaritaine;)  Médias sous influence qui surjouent les réactions outranciés de ces mêmes architectes, (pourtant exclus pour la plupart des commandes prestigieuses de LVMH.)  Ville de Paris étonnamment complice, feignant d’ignorer la lecture “dans le texte“ des articles de Loi qu’elle a elle même écrite dans son P.L.U pour freiner les ardeurs urbaines du tout venant.

 

C’est le monde à l’envers l’urbanisme à Paris, et surtout une addition de mauvaise foi autant que de mauvais goût. Nombreux sont ceux qui s’interrogent sur la simplification très orientée de certains (Lire l’article de la Tribune de l’Art.)

 

 

Ce qui était; hype il y a quinze ans à Ginza (Quartier chic de Tokyo, capitale mondiale des showrooms bonga-bonga…. );  UP il y a dix ans à Londres….   est devenu  franchement ringard à Paris aujourd’hui.  

 

LVMH n’a semble t’il pas vu le temps passer, pas vu la mutation des esprits depuis 2008, pas vu que ce qui était branché à New York… est stupidement insolent inculte et vulgaire à Paris.  Non pas qu’il ne faille rien faire dans une ville piégée par son immobilisme séculaire, mais tout simplement que copier les idées génériques des autres n’est pas vraiment une réponse originale et flatteuse.

 

Aller chercher le Pritzker Prize, champion de la dématérialisation, pour édifier sa signature* à Paris est aujourd’hui la garantie de se voir rejeter et mal aimer. Bref l’exact contraire du but recherché; (L’admiration éclairée de tous devant tant de supposée générosité, et non la moquerie devant un tel péché d’orgueil.)

* Signature qui ne sert qu’à cacher une juteuse opération immobilière tertiaire.

 

Ce qui était hier l’expression d’une avant garde éclairée est devenue aujourd’hui l’égoïsme autant que l’égotisme d’une supra-élite qui ne pense qu’à consommer à son seul profit l’histoire des villes. 

L’industrie du Luxe à la française est subitement devenue ringarde et s’imagine pouvoir vivre dans le passé.

 

Même la comparaison avec la pyramide du Louvre est malhonnête par ceux qui la pratique.  La pyramide du Louvre n’a pris la place d’aucun bâtiment, elle ne perturbe aucun alignement existant, elle résulte seulement d’un manque ;  la création d’une entrée unique, et ne vient pas obérer la ville de contingences, mais impose seulement un signal.  Elle termine et parfait le Louvre sans empiéter ou concurrencer l’histoire précédemment écrite.  

Au début des années 80, La Droite parisienne (relayée par Le Figaro,) était contre pour de veules et basses raisons politiciennes. Cela n’a rien à voir avec une opération immobilière qui fait fi aujourd'hui des règlementations existantes et veut passer en force.

 
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Tout a commencé par un curieux concours de concepteurs, (relaté ici,) et qui donnait l’impression d’avoir été orienté. 

A l’inverse des projets de certains autres concurrents architectes;  Francis Soler, Christian de Portzamparc, Zaha Hadid, Coop Himmelb(l)au, MVRDV, qui évaluèrent les coûts prévisibles de tels projets, Jean Nouvel fit le forcing, et annonça un budget très en deçà de la réalité prévisible. Les architectes, membres du jury n’y furent pas dupes. Sur les huit architectes, un seul votera pour le projet de Jean Nouvel.  

La commission technique, lors du concours, validera pourtant, et contre toute attente, les hypothèses émises par l’équipe Nouvel.

 

L’opération financière est complexe L’Etat et la ville se partagent le fardeau complété par la Région. 45% chacun pour les deux premiers, 10% pour la région.  Oui mais 45% de quoi se demande la ville qui voit son ardoise gonfler au fil des mois ?  et pour quoi et qui ?


 

Comme le rapporte un rapport d’information du sénat, (http://www.senat.fr/rap/r12-055/r12-0551.pdf)  Paris, curieusement, est dotée d’un nombre respectable de salles de concert. (Onze salles dédiées en tout ou partie au concert «classique»)  mais surtout selon un classement aucun orchestre symphonique français ne figure parmi les vingt premiers. Citation ; “Il est délicat de porter un jugement sur le rang international des orchestres français sans s'exposer à des partis pris esthétiques discutables. En 2008, onze critiques musicaux avaient par exemple établi un classement des vingt meilleurs orchestres mondiaux pour le magazine britannique Gramophone, faisant autorité en matière de presse musicale spécialisée. Venait en tête de ce classement l'Orchestre royal du Concertgebouw d'Amsterdam, devant les orchestres philharmoniques de Berlin et de Vienne. Aucun orchestre français ne figurait en revanche parmi les vingt meilleurs du monde, selon les critères retenus par le jury.“ fin de citation.

 

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Citation rapport d'information du Sénat ; Selon des magistrats de la Cour des comptes entendus par votre rapporteur  spécial : «Tout se passe comme si le geste architectural et le perfectionnement technique du projet avaient primé sur une stricte et économe définition des besoins réels.»


 

La lecture du rapport d'information du Sénat est une source fiable du récit de l'histoire du projet :

 

Extraits  ; “Compte tenu de la lente maturation dont il avait fait l'objet, l'on aurait pu s'attendre à ce que le projet de Philharmonie de Paris, une fois arbitré, soit promptement mis en oeuvre. Il n'en a rien été. Le projet de la Philharmonie n'a malheureusement pas fait exception à la «loi» des grands chantiers culturels  et a subi de nombreuses vicissitudes, tant du point de vue du pilotage, que de celui des délais et des coûts.

Comme le souligne la Cour des comptes dans son rapport public annuel de février 2012, «le projet a connu, depuis 2006, de nombreux retards liés aux fluctuations des arbitrages publics, au caractère infructueux de l'appel d'offres constructeurs, à la nécessité de substituer à un improbable partenariat public-privé un nouveau tour de table difficile à boucler avec les collectivités partenaires».

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l'analyse insuffisante des prévisions financières, d'investissement et de fonctionnement de l'association, en raison de l'absence de représentation du ministère du budget et de la direction financière de la Ville de Paris au conseil d'administration.

Ces défaillances ont inspiré des commentaires particulièrement sévères à la mission d'inspection, qui a, par exemple, relevé que «le fait de laisser une association décider (...) d'un mode de financement susceptible d'engager une collectivité et l'État sur une période de 15 années pour des montants supérieurs à 200 millions d'euros ne témoigne pas d'un niveau de contrôle suffisant de la part des tutelles».

…/…


II La passation du marché.  L’ouverture des plis

L'échec de l'appel d'offres et ses conséquences

Extrait : 


 

a) Un appel d'offres infructueux

Le 26 février 2009, la Philharmonie de Paris a lancé une procédure d'appel d'offres restreint. Alors que le ministère du budget avait exprimé sa préférence pour une procédure de dialogue compétitif, le choix d'un appel d'offres restreint semble avoir été commandé par la volonté de l'association de préfiguration  :

1) de raccourcir au maximum les délais et de tenir l'objectif d'une ouverture de l'équipement à l'automne 2012  ;

2) de ne pas déstabiliser la maîtrise d'oeuvre et la maîtrise d'ouvrage en laissant entendre que l'ensemble des éléments du projet étaient discutables.

A la date de réception des candidatures, fixée le 8 avril 2009, deux dossiers ont été déposés respectivement par le groupement Bouygues et le groupement SICRA[NDLR; Filiale francilienne de VINCI construction]. Après analyse des candidatures, ces deux groupements ont été admis à déposer une offre. Suite à la réception de deux courriers de demande de report émanant de chacun des deux groupements, la date limite de réception des offres initialement fixée au 9 juillet 2009 a été reportée au 5 août 2009. L'analyse des offres reçues a conclu à leur non-conformité, en raison des surcoûts très significatifs qu'elles présentaient par rapport aux évaluations initiales de l'association.

Ainsi, selon la mission IGF-IGAC, «alors que le seul budget de construction avait été fixé à 175  millions d'euros, l'offre la plus basse - celle du groupe Bouygues - se situait à 306 millions d'euros, soit 75  % au-dessus du budget initial, tandis que l'offre SICRA se montait au niveau très élevé de 365 millions d'euros, soit 108 % au-dessus de ce même budget initial  »48(*). Par ailleurs, la Philharmonie de Paris fait valoir que SICRA avait rayé la durée du marché telle qu'elle figurait dans l'acte d'engagement et n'avait pas fourni de lettre d'acceptation sans réserves des pièces contractuelles, mais un courrier expliquant que l'offre était assortie de modifications d'ordre technique et administratif indissociables de l'offre elle-même.

 

b) Le recours contestable à un marché négocié sans publicité ni mise en concurrence

Selon la Philharmonie de Paris, «  compte tenu de ce qui précède, il a été décidé de relancer la consultation sous la forme d'un marché négocié sans publicité ni mise en concurrence49(*). L'offre remise par le groupement SICRA ne respectant pas les modalités de présentation des offres, il a été décidé de ne faire participer à la négociation que le seul groupement Bouygues  »50(*).

Ce choix n'était pourtant pas le seul qui s'offrait à l'association. Celle-ci aurait, en effet, pu  :

1) procéder à un nouvel appel d'offres ou à un dialogue compétitif sur la base du même projet. Cette solution n'a pas été retenue en raison du faible nombre d'acteurs susceptibles de se porter candidats  ;

2) recourir à une procédure négociée avec publicité et mise en concurrence des deux candidats. Cette option aurait toutefois nécessité d'offrir à ces derniers un nouveau délai de remise des offres incompatible avec le calendrier souhaité par les promoteurs du projet  ;

3) allotir la tranche de construction et exploitation en différents corps d'état, ce qui aurait favorisé une plus large mise en concurrence. Une fois de plus cette solution ne paraissait pas compatible avec les délais impartis51(*).

En décembre 2009, la mission d'inspection IGF-IGAC de 2009 portait un jugement nuancé sur le choix de recourir à une procédure de négociation sans publicité ni mise en concurrence. Elle considérait en premier lieu que l'exclusion du groupement SICRA n'avait pas permis de le faire participer à la négociation et de faire bénéficier le projet de l'effet déflationniste d'une mise en concurrence. Par ailleurs, le recours à la procédure négociée interdisait de modifier substantiellement les conditions initiales du marché, ce qui en limitait drastiquement les opportunités d'aménagement. Là encore, cette solution n'a pas favorisé la baisse des coûts, puisque les seuls gisements d'économies ont résidé dans une explicitation de certaines particularités du projet potentiellement mal appréhendées par les entreprises candidates, ou dans la modification d'aspects techniques non substantiels et dans la redéfinition de certains modes opératoires.

3. Des négociations supplémentaires pour un marché complexe

Le groupement Bouygues a été invité à remettre une offre pour le mardi 29 septembre 2009. Cette offre ne comportait qu'un rabais commercial et s'établissait à 303,7 millions d'euros hors taxes pour les travaux. Elle n'était, à l'évidence, toujours pas compatible avec l'enveloppe budgétaire assignée au projet.

a) Plusieurs mois de négociations pour aboutir à la passation finale du marché

La nouvelle offre de Bouygues ayant encore été jugée trop élevée, la maîtrise d'ouvrage a alors conduit plusieurs mois de négociations pour parvenir à une diminution des coûts. Au final, après des discussions complexes, la maîtrise d'ouvrage a réussi à ramener le coût des travaux à 215,9 millions d'euros52(*). Le marché a été validé par la commission des marchés le 21  décembre 2010, approuvé par les membres du conseil d'administration le lendemain et signé par le directeur de la Philharmonie de Paris le 25  janvier 2011.

Il comprend donc, au total, les travaux de construction de la Philharmonie proprement dits, décomposés en six domaines techniques53(*), ainsi que les prestations de services confiées au titulaire. Ces dernières concernent l'entretien et la maintenance des ouvrages réalisés par le titulaire au titre des travaux de construction, ainsi que l'entretien et le renouvellement des espaces verts, le nettoyage de l'enveloppe du bâtiment et l'exploitation, l'entretien et la maintenance du parc de stationnement.“

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En effet, tout porte à croire qu'au cours de ces quelques mois, le projet de Philharmonie de Paris a été sérieusement «  sur la sellette  ». Alors que la maîtrise d'ouvrage poursuivait ses négociations, les ministres chargés du budget et de la culture mandataient, le 4 novembre 2009, l'Inspection générale des finances et l'Inspection générale des affaires culturelles pour expertiser la conduite du projet. En décembre 2009, un rapport confidentiel accablant était rendu par la mission, envisageant - entre autres solutions - l'arrêt pur et simple du chantier. Au même moment, et comme votre rapporteur spécial l'a explicité ci-avant, le ministère de la culture et de la communication faisait part de ses inquiétudes sur l'impact des négociations sur la qualité finale de l'ouvrage et de son acoustique. De surcroît, la régularité juridique même du marché de construction était remise en question par des expertises successives.

Lien vers le rapport sur le site du Sénat :  http://www.senat.fr/rap/r12-055/r12-0551.pdf


 

 

 

Le mensonge initial, refoulé par l’ensemble des intervenants, va donc être porté durant tout le chantier.  L’histoire est très bien relatée dans le numéro 3 (septembre 2013) de Vanity Fair dans un article de Claude Askolovitch.

 

 

Il ne reste plus qu’à déterminer qui paira l’ardoise de ces ; errements, complicités et absences réelles de contrôle des payeurs publics.  L’Etat veut partager le fardeau, la ville ne veut pas en entendre parler. Elle a du emprunter pour payer sa quote part, elle ne peut pas trouver d’autres fonds sans empiéter sur d’autres budgets. Hors de question !   

La solution envisagée ;  Demander à l’association Philharmonie (qui devrait gérer le fonctionnement et la programmation de la Philharmonie.) de contracter un emprunt de la différence, qui serait remboursé….. par des subventions spéciales de la Ville de Paris. Ainsi en apparence la ville ne débourserait pas un centime de plus….  mais débourserait chaque année une super-subvention (indépendamment des subventions inévitables pour apurer les comptes de fonctionnement annuel,).  Mais cela serait défavorable aux contribuables, et quelque part aux autres organismes subventionnés liés à la ville.  En effet si L’Etat, La ville de Paris peuvent emprunter à des taux très avantageux, du fait de la qualité de leur signature…  Ce n’est pas le cas d’un autre emprunteur sans surface financière, sans garantie.  Les banques prêteraient alors à la Philharmonie à un taux supérieur.

 

Ce tour de passe-passe, outre l’ardoise initiale, revient à surtaxer le contribuable parisien de la différence du taux d’agios. Au final c’est le contribuable parisien qui sera deux fois puni pour permettre aux mélomanes distingués, et privilégiés, des beaux quartiers de venir frémir dans le noir et nord parisien. 

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Rudy Ricciotti n’a pas seulement une verve brouillonne; sa dernière réalisation immobilière parisienne attire l’attention …. sur la logique immobilière de la Ville de Paris.

 

Situé entièrement au dessus des voies-ferrées à l’angle de l’Avenue de France et de la rue de Tolbiac, L’immeuble T8 est une curieuse opération immobilière.  
Présenté en grande pompe comme “un immeuble mixte“, lors d’une exposition au pavillon de l’Arsenal, preuve alors de l’attachement de la ville à cette opération, elle fit l’objet d’un “concours“ de concepteurs initié en 2006 et qui s’est poursuivi jusqu’en juin 2007. Trois promoteurs aménageurs présentant chacun deux projets d’architectes très connus des services de la Ville de Paris : (Pour Bouwfonds-Marignan Immobilier ; Combarel et Marrec, Erick Van Egeraat. Pour Cogedim Altarea ; Ibos&Vitart,  Kengo Kuma. Et enfin pour Nexity/SFL  ; Xaveer de Geyter, Rudy Ricciotti.)  C’est le projet de ce dernier qui emporta la mise à l’époque ou Rudy Ricciotti était présenté par la puissance publique comme notre nouvelle star.

 

Fanfaron ! le dossier de presse expliquait ; “L’objectif est en effet de développer à Paris Rive Gauche une démarche ouvrant à une certaine innovation, tant sur le plan de l’écriture architecturale que sur l’adéquation des programmes aux nouveaux usages et modes de vie. L’enjeu est, dans le même temps, que les bâtiments à venir signifient leur époque sans sacrifier aux effets de mode, tout en générant un patrimoine durable s’inscrivant dans un investissement à long terme.“ fin de citation.

 

 

Fan de Ductal et de panneaux en ciment fibré, réalisés par la private-equity Bonna-Sabla (lire ici notre article), Rudy Ricciotti, du fait des caractéristiques de limitation des charges dut malheureusement se rabattre sur un matériau de façade plus léger pour cette opération immobilière à moindre coût. Cela sera donc en façade une vêture de bois (Les mauvaises langues en découvrant le projet s’exclamèrent que la maquette encollée était tombée dans la boite à cure dents de Rudy, qui selon une légende serait architecte. Comme quoi il y a vraiment des gens méchants dans la vraie vie.)

 

Quelques années plus tard, la ville de Paris racheta finalement l’immeuble, non pas parce que personne n’en voulait mais tout simplement parce que ; “L’objectif est en effet de développer à Paris Rive Gauche une démarche ouvrant à une certaine innovation, tant sur le plan de l’écriture architecturale que sur l’adéquation des programmes aux nouveaux usages et modes de vie. L’enjeu est, dans le même temps, que les bâtiments à venir signifient leur époque sans sacrifier aux effets de mode, tout en générant un patrimoine durable s’inscrivant dans un investissement à long terme.“ fin de citation.

 

Aujourd’hui les membres UMP du Conseil de Paris s’interrogent sur la qualité de la politique immobilière de la ville (lire ici l'article du Parisien 31/08/2014,) après avoir découvert dans ce même journal les incidents de cet immeuble neuf (lire ici) et la CGT Paris crie au scandale devant les dysfonctionnements liés à l‘ouverture d’un tel équipement, mais aussi d’une conception qui semble avoir fait quelques impasses.  (Lire ici)


 


 
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Paris 1er. Maison du projet de la Samaritaine.  Aux heures d’ouverture, une courte animation présente le travail remarquable de l’atelier de maquettes professionnelles Patrice Debois ;  la reproduction animée du projet de la future Samaritaine, dont la partie contemporaine conçue par les architectes Japonais SANAA. 

 

Maquette hyper réaliste, doté d’un dispositif d’élévation permettant de visualiser l’organisation intérieure du projet. Une performance doublée d’une remarquable qualité de finition “train électrique de très très riche“.  Après la visualisation de cette petite vidéo, le public peut assister à une explication de tout le projet devant la maquette elle-même. Sauf Que !

 

Sauf Que ;  fin juillet 2014, les juges, en charge de la procédure administrative, (qui a annulé le permis de construire,) poursuivent l’instruction de leur dossier et ont débarqué à la maison du projet avec “un chariot à roulettes“ pour réquisitionner le bel objet !  durée annoncée “Neuf mois environ“.

 

Depuis il reste la vidéo à la maison du projet de la Samaritaine qui se transforme ainsi en une superbe agence de promotion des maquettes de l’atelier de Patrice Debois.

 

http://projet.samaritaine.com

 

http://www.patricedebois.fr

 

Visualiser la vidéo : http://vimeo.com/88455569

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Curieuse affaire de la part d’un magazine littéraire américain.  Un article signé de l’éminent critique d’architecture Martin Filler, (né en 1948) mettait en cause, le 5 juin 2014,  l’indifférence supposée de l’architecte anglo-irakienne Zaha Hadid, au sort des milliers d’ouvriers d’un de ses chantiers au Qatar (Le futur Al Wakrah stadium.)  Sauf que, mal renseigné, le chantier lié au projet de Zaha Hadid n’étant pas encore commencé à cette date, il serait difficile d’y répertorier un seul mort… et encore plus un millier de morts…

 

Il y a pourtant bien eu des milliers de morts d’ouvriers immigrés au Qatar, mais sur d’autres chantiers auxquels l’architecte anglo-irakienne n’avait rien à voir. Cependant elle aurait, à ce sujet, déclaré peu d’intérêts à leur sort.

 

Cela en était trop pour Zaha Hadid qui poursuit devant la cour de Manhattan le critique Martin Filler et le New York Times pour diffamation. L’affaire fait suffisamment de bruit, et le procès fait sans doute peur au NYRB pour que soit diffusé en première page une lettre d’excuses de l’auteur de l’article; Martin Filler, 

 

Il reste l’étonnement qu’un média aussi sérieux puisse laisser passer de telles informations mettant aussi gravement en cause des architectes sans procéder à la moindre vérification. ni expliquer en quoi les entreprises et les maîtres d’ouvrages pourraient ne pas être cités conjointement, étant tout de même plus directement concernés.

 

Lien :  www.nybooks.com

 

http://en.wikipedia.org/wiki/Martin_Filler

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