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M.A.J le: 18, Juil, 2014 23:30 PM +02:00
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Evénement  français à Venise la remise du prix AFEX (Architectes Français à l’Export), association privée française créée par une dizaine d’agences françaises visant à promouvoir les réalisations conçues par des architectes français en dehors du sol national. Citation : “projets réalisés hors de France par des architectes français entre le 1er janvier 2012 et le 31 décembre 2013.“

 

Le grand prix 2014 a été attribué, et remis en présence de la ministre de la culture Mme Aurélie Filippetti à l’architecte parisien Christian de Portzamparc pour la Cité des Arts ( Rio de Janeiro / Brésil) Citation AFEX : “Ce projet a connu une gestation longue et difficile, comme c’est souvent le cas des projets à l’international. Après bien des rebondissements, le voici en fonction et reconnu“ 

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Première journée preview pour la XIV biennale internationale d'architecture de Venise, sous une météo idéale autour de 24°C. Les scies sauteuses et autres chignoles se laissent entendre ici et là mais tout sera prêt pour les deux journées d'inauguration les 5 et 6 juin.

Les Giardini

Chaque pavillon se retrouve à devoir se confronter à son histoire, pour certains c'est compliqué !

Le pavillon français brille par une scénographie de qualité, le pavillon allemand revisite le standing made in Allemagne époque Bauhaus sans un seul mot écrit. Les japonais éludent les questions qui fâchent par une profusion touffue. Les anglais sont Pop comme à l'habitude, et l'exposition centrale des Giardini “Elements of architecture“ sous la coupe de Rem Koolhaas réussit son effet ; Désenvouter le visiteur par un principe d'addition saturation l'obligeant à s'échapper de préconçus trop faciles.

Abonnez-vous pour lire au jour le jour le compte rendu de cette XIV biennale internationale d'architecture de Venise  

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Le sport est à l’honneur, au pavillon de l’Arsenal, en préambule à la prochaine coupe du monde de football ((Qui commence le 12 juin 2014 et dont les meilleurs pronostiqueurs prévoient la victoire du Brésil, pays hôte de la compétition, (mais le tenant du titre est l’Espagne comme chacun le sait.) !)  Impossible de rater l’étonnante surface en béton (Playground), véritable terrain de sport, coulée en trois jours seulement à la stupéfiante planéité, et posée sur la placette de la bibliothèque de l’Arsenal, qui sera animée d’activités et performances sportives durant toute la durée de l’exposition.

 

A l’intérieur, c’est, au premier étage,  dans un labyrinthe de cimaises en bois déroulé du plus bel effet sous le soleil de la verrière, que s’affichent les représentations, au trait, en axonométrie frontale d’une multitude de typologies d’enceintes et d’équipements sportifs dans leurs emprises urbaines.  Disons tout net, ce système de représentation, très graphique, très hiéroglyphes, digne d’une performance d’un moine japonais, (ou d’une géniale application graphique téléchargée sur l’Apps-store,)  est un peu trompeur en ce sens qu’elle masque efficacement l’inclusion plus ou moins réussie, dans la réalité, d’équipements assez imposants, aux contraintes physiques strictes dans des environnements urbains plus ou moins adaptés. Mais cela reste une performance assez spectaculaire et poétique… pour les architectes sachant voir les axonométries.

 

Le sport : abolition temporaire du monde habituel ?*

Il en ressort les contraintes d’une ville dense, dont le sport a parfois été négligé à l’échelle des quartiers, mais jouit d’équipements plus ou moins historiques parfois très spectaculaires.  Il en ressort aussi la perception de deux époques.  Celle des équipements des sports relevant de l’olympisme et réclamant des enceintes majestueuses et gigantesques, et celle plus contemporaine d’activités relevant du “do it yourself“ (D.I.Y),  s’appropriant de façon plus ou moins légale l’espace urbain.  Entre ces deux extrêmes, les municipalités  tentent comme elle peuvent, à l’échelle des quartiers d’imaginer l’inclusion, parfois aux forceps, d’équipements intermédiaires.  Mais c’est aussi le constat de la grande évasion de ces équipements dans l’espace urbain ou la confusion même du sport et de la ville, 

Il est d’ailleurs présenté, pour mémoire, l’étonnant projet de l’architecte  Bernard Tschumi pour le concours (1990) de la  très grande Bibliothèque (future BNF-FM,) qui compile une piste d’athlétisme avec une bibliothèque.  Façon de rappeler que la parfaite connexion du cerveau et du corps s’effectue lorsque l’un est dans l’axe vertical de l’autre.

 

 

La ville ; Surface de réparation ?

L’exposition très graphique, riche en photographies, souvent déjà vues, se complète d’un musculeux catalogue, véritable épreuve olympique d’haltérophilie à lui tout seul, qui commence par une interview de Paul Chemetov, auteur d’un nombre incalculable, dans les années 70, de piscines très bétonnées  froides et rigides , et se termine par une interview de Dominique Perrault qui brille surtout par la dimension sportive obligée de la pratique de ses réalisations.

 

L’exposition, façon inventaire, manque cependant d’une dimension analytique et critique, ( Dans la période récente,  Paris est la seule ville qui ayant par le passé organisée les jeux olympiques (1900 et 1924),  a raté depuis trois fois sa candidature à l’organisation des Jeux Olympiques d’été (1992, 2008 et 2012, organisation remportée respectivement par Barcelone, Pékin, Londres ) On pourrait imaginer s’interroger sur ce qui ne va pas à l’occasion de ce type d’exposition…. si on veut avoir une chance pour ceux de 2024. Ce débat devra pourtant avoir lieu, mais il ne sera pas partagé démocratiquement.

 

c’est donc à chacun d’en extraire sa mélodie, la lecture de l’ouvrage, indispensable, fournit cependant un solide matériau historique… et un complaisant interview promotionnel de Marc Mimram sur l’extension polémique de Roland Garros dans l’emprise des serres d’auteuil.

 

 

*Citation Johan Huizinga ( Page 174.) Thierry Mandoul & NP2F; “Sports portrait d’une métropole“ chez Ed Pavillon de l’Arsenal

 

Au sujet du catalogue de l'exposition

Le commander chez  amazon.fr

Sports, portrait d'une métropole (Broché)

 

        Broché: 442 pages

        Editeur : Pavillon de l'Arsenal (2014)

        Langue : Français

        ISBN-10: 2354870248

        ISBN-13: 978-2354870249

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Citation :  “Anne Hidalgo s'y est engagée lors de son premier Hangout le 21 mai : pour plus de transparence dans les actions de l'exécutif parisien, la Maire de Paris a décidé de mettre en ligne sur Paris.fr la feuille de route de chacun de ses adjoints. 

 

On s’intéressera particulièrement à la feuille de route de Ian Brossat (Logement et hébergement d’urgence.) 

 

Citation Anne Hidalgo; “J'ai fait du logement la priorité de mon mandat. Les attentes des Parisiens sont en effet considérables sur ce sujet. Nous pouvons certes nous appuyer sur les réussites indéniables du bilan des deux précédentes mandatures. Pour autant, le contexte socio-économique que connaît notre pays, et qui bien sûr affecte Paris, impose de repenser nos méthodes et nos moyens pour atteindre les objectifs ambitieux mais essentiels que nous nous sommes fixés.

…/… 

L'enjeu majeur est, comme vous le soulignez, le développement d'une offre de logements accessibles pour les Parisiens. Il s'agit de produire 10 000 logements par an, permettant de répondre tant aux besoins des publics modestes que des classes moyennes. Pour cela, et au vu des difficultés que rencontre le secteur de l'immobilier au niveau national, vous devrez engager une démarche globale visant à actionner l'ensemble des leviers et lever l'ensemble des freins.

…/…

 

La feuille de route de Jean-Louis Missika (Urbanisme, Architecture, Projets du Grand Paris, Développement économique, Attractivité.)

 

Citation Anne Hidalgo  : …/… “Les outils pour ce faire sont d’abord le PLU, pour lequel je souscris pleinement à votre volonté de lancer dès l’été une modification des règles, permettant en premier lieu de dégager de nouvelles opportunités constructives en faveur du logement, et d’intégrer nos ambitions en matière environnementale. Je vous remercie de me soumettre dès les prochaines semaines la méthode que vous projetez afin d’associer les différents adjoints concernés ainsi que les maires d’arrondissement. Cette modification du PLU sera aussi l’occasion de renouveler nos méthodes de concertation, afin de développer une démarche participative plus proche des habitants, plus mobilisatrice. J’attends vos propositions sur ce point.

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1°) Dont acte pour la non appartenance à l’Académie d’Architecture de Christian de Portzamparc, premier Pritzker Prize français.

 

2°) Nul n’est au dessus des lois, même les services instructeurs de la ville de Paris, de même qu’ils ne sont pas à l’abri de pressions.  L’aval donné par les services instructeurs est certes rassurant...  et la moindre des choses si le permis de construire a été accordé,  mais pas suffisant pour invalider, ou opposer à,  une décision du tribunal administratif, instance de recours ouverte à tous;  lorsque un doute surgit sur le respect de l’équité dans une décision du ressort de l’administratif.

 

3°) Le tribunal Administratif fonde sa décision, argumentée, sur les textes de Loi mis à sa disposition par les législateurs.  Ici le Code de l’urbanisme (voté par les députés, élus,  à l’Assemblée Nationale,) et le P.L.U débattu, écrit, voté, récemment,  par les élus parisiens.

 

Si un article du P.L.U, texte de loi récent (adopté le 12 juin 2006 http://fr.wikipedia.org/wiki/Règlements_d'urbanisme_de_Paris )  apporte noir sur blanc des éléments relevant d’une dimension esthétique quant à l’intégration des apports dans le tissu urbain existant, c’est que le législateur parisien l’a bien voulu ainsi, exemple  ; “ «La pierre calcaire et le plâtre sont dominants à Paris et donnent à la ville sa tonalité générale. Le respect de cette tonalité majoritairement présente ne doit pas cependant interdire I’emploi de matériaux et teintes pouvant s'insérer dans le tissu existant, en particulier dans des secteurs de constructions nouvelles (...) / Le choix et la teinte des matériaux peuvent être imposés lorsque la construction se trouve dans une séquence d'architecture homogène » ;

 

La considération esthétique a donc été donnée par le législateur lors de l’élaboration du P.L.U, et non improvisée soudainement par le juge du Tribunal Administratif. Cela vous ; ( C de Portzamparc, Académie d’architecture, UNSFA et quelques autres,) ne pouvez, ne pourrez longtemps faire l’impasse devant cette réalité qui semble tant vous déranger et que vous cherchez opportunément à ignorer. Arrêtez la politique de l’Autruche, et ouvrez les yeux sur le mauvais coup que vous ont fait les rédacteurs du P.L.U parisien.

 

Le tribunal  administratif dans son jugement explique ; 

 

Considérant que les dispositions impératives du premier alinéa de l'article UG.11.1.3 prescrivent que les constructions nouvelles s’intègrent au tissu urbain existant, et qu’en particulier, le caractère du quartier, les façades et les couvertures soient pris en compte ; que si le deuxième alinéa souligne que la réalisation de cet objectif n’implique pas le mimétisme des façades et que l’architecture contemporaine a sa place à Paris, le tempérament  ainsi apporté, qui permet au maire de Paris d’accorder des permis pour des projets s’écartant en tout ou partie des registres existants, n’a pas pour objet et ne saurait avoir pour effet de priver de portée concrète les dispositions précédentes qui prescrivent la bonne insertion des édifices nouveaux, fussent-ils résolument contemporains, dans leur environnement ; que, lorsqu’il est saisi pour une demande pour un projet s’exonérant des registres existants ou des prescriptions relatives au choix et à la teinte des matériaux, il appartient donc au maire de s’assurer, nonobstant l’intérêt qui s’attache à ce que l'urbanisme de la capitale ne soit pas figé et à ce que la créativité architecturale puisse s’y exprimer, que la construction nouvelle, compte tenu notamment de sa nature, de son volume, de ses formes et des matériaux utilisés, y s’intégrera dans un quartier dont auront été appréciés le caractère et la qualité ; fin de citation

 

Le Tribunal a donc lu et dit la Loi en fonction de

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Bonjour

 

Deux précisions : 

 

Tout d'abord, Christian de Portzamparc n'a jamais été membre de l'Académie d'Architecture, mais c'est une bonne suggestion, et nous lui proposerons la semaine prochaine à Venise…

 

Par ailleurs, l'Académie a lancé une "Alerte" à la suite de l'annulation par le Tribunal Administratif du Permis de Construire délivré pour le projet Samaritaine. Elle a déjà été signée par quelques centaines de personnes, architectes, maîtres d'ouvrage, riverains, et le journal Le Monde en fait échos dans son édition du 31 mai.

 

Ci-joint ce texte, ainsi que le lien pour le télécharger.

 

http://www.alerte-architecture-samaritaine.fr/petition-samaritaine.pdf

 

Rappelons que l'Académie est dans son rôle, suivant ses statuts qui lui demande : "la rédaction et la publication d'avis et de communications relatifs à toutes les questions concernant l'architecture et l'urbanisme".

 

En 2012, nous avions alerté le Ministre de la Culture lors de la mutilation du musée d'Arles, chef d'oeuvre du Patrimoine architectural, par les services techniques du Conseil régional des Bouches-du-Rhône, et accompagné l'Ordre des architectes dans le soutien apporté à la défense juridique de son architecte, Henri Ciriani. En décembre 2012, l'Académie a organisé un séminaire sur le thème du Patrimoine architectural et urbain du XXè siècle, et nous en avons publié les Actes quelques mois plus tard. Ce séminaire est accessible en vidéo :

 

 

www.dailymotion.com/video/xwjtje_1-9_les-enjeux-du-patrimoine-architectural-du-xxeme-siecle

 

Concernant la Samaritaine, notre position n'est pas d'affirmer que les architectes puissent à eux-seuls se reconnaitre le monopole, au nom d'un "savoir" expert, de dire ce qu'est une bonne architecture, a fortiori un bon urbanisme, mais "que l'architecture engage de façon conjointe les architectes, la société civile et ses élus."

 

Rappelons que le Permis de construire a été accordé pour le projet Samaritaine, après avis de l'ensemble des services instructeurs. Que la décision du Maire soit attaquée par une association de sauvegarde n'est pas anormale, mais que le Tribunal Administratif base sa décision sur l'article 11 du PLU pour arrêter les travaux en cours (les bâtiments ont déjà été démolis) est inquiétant pour la jurisprudence à venir.

En premier lieu, on peut s'étonner, sinon s'inquiéter, que soit ainsi contesté, de façon subjective, l'ensemble du processus de légitimation des formes architecturales et urbaines conduit par les différents experts chargés de cette compétence dans le cadre de l'obtention du permis de construire,

En second lieu, on ne peut que regretter l'approche particulièrement étroite adoptée par le tribunal lorsqu'il réduit l’appréciation de la qualité architecturale au seul rythme des ondulations d'une façade.

 

Notre objectif n'est pas de remettre en cause une décision de justice, mais de redonner sa place au débat culturel, et que l'Académie devienne un laboratoire et/ou un lieu de réflexion pour la mise en place de dispositifs de concertation du XXI ème siècle qui permettent la création architecturale contemporaine comme élément constitutif de l'espace urbain.

 

Nous comptons organiser un débat sur ces questions à l'Académie à l'automne et nous remercions dores et déjà tous ceux qui souhaitent y participer activement.

 

Dans l'attente, à bientôt, pour la Cérémonie des Prix et Récompenses, lundi 16 juin à 14h30, et la remise de la grande médaille d'or de l'Académie à Bijoy Jain et au Studio Mumbai.

 

Amicalement, 

 

Thierry Van de Wyngaert

Président de l'Académie d'Architecture

 

-- 

l'Académie d'Architecture

9,  place des Vosges 

7 5 0 0 4    P A R I S

www.aa.archi.fr 

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Après;  Christian de Portzamparc (auteur dans un passé récent de la tour LVMH  à New York; de l’Académie d’Architecture; d’Emmanuel Caille, rédacteur en chef de D’A. Après le CROAIF et pour finir... c’est l’UNSFA qui s’émeut de la décision du Tribunal Administratif qui serait coupable, selon eux, d’un jugement reposant sur une approche uniquement subjective et donc déplacée.    Il est temps de rendre justice….  au tribunal Administratif, dont la Loi a prévu les recours possibles, et d’inviter les architectes à réellement lire et entendre ce que dit le T.A

 

Préambule; Le Tribunal Administratif ne fait que dire le Droit, en fonction des textes votés par le législateur national (Code l’Urbanisme,) ou local (P.L.U),  et veiller au traitement équitable de chaque justiciable devant cette même Loi. Il est donc apte à lire les documents administratifs, et construire son jugement sur ce qui est écrit dedans.

 

La lecture attentive du jugement rendu par le Tribunal Administratif de Paris, lu en séance publique le 13 mai 2014 permet de mieux comprendre comment le tribunal a construit son raisonnement. 

 

Il faut particulièrement lire les “considérant“ 6 à 11 du jugement (reproduit ci-dessous,)  (Les cinq premiers Considérant consistent, pour le T.A,  à répondre aux requêtes dilatoires de la Défense visant à dénier le droit à agir des requérants.)

 

Le tribunal s’appuie sur l’article UG.1 1.1.3 du P.L.U ( Plan Local d’Urbanisme,)

 

Citation du P.L.U faite par le T.A  : 

«Les constructions nouvelles doivent s'intégrer au tissu existant, en prenant en compte les particularités morphologiques et typologiques des quartiers (rythmes verticaux, largeurs des parcelles en façade sur voies, reliefs...) ainsi que celles des façades existantes (rythmes, échelles, ornementations, matériaux, couleurs...) et des couvertures (toitures, terrasses, retraits... ). / L'objectif‘ recherché ci-dessus ne doit pas pour autant aboutir à un mimétisme architectural pouvant être qualifié esthétiquement de pastiche. Ainsi l'architecture contemporaine peut prendre place dans l'histoire de l'architecture parisienne/ Les bâtiments sur rue se présentent en général sous la forme de différents registres (soubassement, façade, couronnement), qui participent à leur composition architecturale, en particulier en bordure des voies et des espaces publics. Les traitements architecturaux contemporains peuvent ne pas traduire le marquage de ces registres, qui peuvent toutefois être imposés dans certaines configurations (..); 

que le paragraphe 2 (façades sur rues) du même article précise: 

« 2°— Façades sur rues :/ Le plan de la façade donne la lecture urbaine de l’implantation et de la volumétrie des constructions: il présente donc une importance particulière./ La bonne transition volumétrique et architecturale de Ia construction projetée nécessite que soient prises en compte les caractéristiques des bâtiments voisins (nus de façades, hauteurs des niveaux, modénatures 54'} »; 

que le paragraphe 4 (matériaux, couleurs et reliefs) dispose quant à lui que : «La pierre calcaire et le plâtre sont dominants à Paris et donnent à la ville sa tonalité générale. Le respect de cette tonalité majoritairement présente ne doit pas cependant interdire I’emploi de matériaux et teintes pouvant s'insérer dans le tissu existant, en particulier dans des secteurs de constructions nouvelles (...) / Le choix et la teinte des matériaux peuvent être imposés lorsque la construction se trouve dans une séquence d'architecture homogène » ;

 

8. Considérant que les dispositions impératives du premier alinéa de l'article UG.11.1.3 prescrivent que les constructions nouvelles s’intègrent au tissu urbain existant, et qu’en particulier, le caractère du quartier, les façades et les couvertures soient pris en compte ; que si le deuxième alinéa souligne que la réalisation de cet objectif n’implique pas le mimétisme des façades et que l’architecture contemporaine a sa place à Paris, le tempérament  ainsi apporté, qui permet au maire de Paris d’accorder des permis pour des projets s’écartant en tout ou partie des registres existants, n’a pas pour objet et ne saurait avoir pour effet de priver de portée concrète les dispositions précédentes qui prescrivent la bonne insertion des édifices nouveaux, fussent-ils résolument contemporains, dans leur environnement ; que, lorsqu’il est saisi pour une demande pour un projet s’exonérant des registres existants ou des prescriptions relatives au choix et à la teinte des matériaux, il appartient donc au maire de s’assurer, nonobstant l’intérêt qui s’attache à ce que l'urbanisme de la capitale ne soit pas figé et à ce que la créativité architecturale puisse s’y exprimer, que la construction nouvelle, compte tenu notamment de sa nature, de son volume, de ses formes et des matériaux utilisés, y s’intégrera dans un quartier dont auront été appréciés le caractère et la qualité ; fin de citation

 

Le tribunal poursuit en définissant la réalité du projet présenté, son ampleur et sa réalité décrite: un vaste volume en contrepoint du tissu urbain existant.

 

9. Considérant que le permis contesté autorise la construction d’un ensemble de bâtiments de sept étages sur trois niveaux de sous-sol à usage de commerce (6 893 m2) et de bureaux (8 648 m2) complété par la création de quarante et un logements sociaux; que cet édifice, dont la hauteur après révision du plan local d’urbanisme a été portée à 25 mètres, s’inscrit dans un rectangle de 73 mètres sur 48m que la façade prévue sur la rue de Rivoli est constituée d’un rideau de verre sérigraphié translucide qui, selon la notice architecturale, se présente comme « une double peau de verre finement ciselée, à l’ondulation douce...aboli(ssant) la notion classique de façade au profit d’une fine membrane établissant une interface subtile entre l’intérieur et l’extérieur  et réfléchi(ssant) dans ses plis les immeubles alentours (tout en laissant) deviner les nouvelles activités de la Samaritaine à travers un jeu subtil d’ondulations irrégulières et maîtrisées » ;

 

10. Considérant que le tissu urbain du quartier entourant la Samaritaine, dans lequel s’insèrent de nombreux monuments, certains exceptionnels ou emblématiques, est surtout constitué d’immeubles de pierre construits au dix-neuvième siècle et au début du vingtième siècle pour les constructions bordant la rue de Rivoli, et au dix-huitième siècle pour les immeubles des rues adjacentes ; que si les ornementations et les rythmes de ces immeubles peuvent avoir varié suivant l’époque de construction, l’homogénéité de l’ensemble est assurée par l'emploi de la pierre de taille en façade, par un même traitement des toitures, en pente, en ardoise ou en zinc, par une unité des registres décoratifs notamment ceux des fenêtres et des balcons, et par une relative régularité des volumes ; que si des façades d’immeubles voisins de la Samaritaine comportent des éléments disparates, voire peu heureux, la cohérence de l’ensemble du tissu urbain de la section commerciale et populaire de la rue de Rivoli a cependant’ été globalement préservée 

 

11. Considérant que les requérants soutiennent que le permis de construire, en ce qu’il autorise une façade sur rue en verre plissé, ne s’insère pas dans le tissu urbain existant ; que si la notice architecturale indique que la façade relève d’une «architecture sensible, immatérielle et fluide », les documents graphiques ne confirment pas totalement cette impression; qu’il ressort de la présentation qu’en a donnée l’architecte dans le cadre de l’enquête publique que si le «voile de soie» recouvrant les boutiques du rez-de-chaussée et du premier étage « sera pratiquement translucide », la sérigraphie de la façade des étages supérieurs sera plus opaque en sorte que soit caché l’intérieur des bureaux; qu’il ne ressort pas davantage des pièces du dossier que « les ondulations de la façade reproduisent le rythme des bâtiments de la rue de Rivoli » comme le soutiennent les auteurs du projet; que le choix d’une façade ondulante exclusivement réalisée en verre compromet l’insertion de la construction nouvelle dans une artère représentative de l’urbanisme du dix-neuvième siècle bordée d’immeubles de pierre où la notion classique de façade n’a pas été abolie, et ne contribue guère à mettre en valeur les édifices environnants ; que la juxtaposition de cette ample façade de couleur blanche, de 73 mètres de long et 25 mètres de hauteur, quasiment dépourvue d’ouvertures, sans autre élément décoratif que les ondulations verticales du verre sérigraphié, et d’immeubles parisiens en pierre, variés mais traditionnels, apparaît dissonante ; qu’ainsi, eu égard notamment à la nature et à la destination de cet immeuble, et en dépit de ses qualités architecturales intrinsèques, les requérants sont fondés à soutenir que le projet, sur l’artère où il est implanté, ne satisfait pas aux prescriptions de l’article UG.1l.l.3 ; fin de citation.

 

 

Il est temps pour les architectes d’arrêter de geindre et de prendre conscience que le P.L.U est responsable de leurs maux à Paris.  On pourrait rappeler qu’au lieu de s’égarer dans le faux débat des “tours à Paris“ (Merci Thierry Paquot,)  contre-feu soigneusement entretenu par la ville de Paris, les architectes n’ont pas réalisé à ce moment là, qu’ils étaient exclus du vrai débat; celui du P.L.U et du devenir de Paris. Mais il vrai qu’il est plus facile aujourd’hui d’hurler contre un jugement que contre le Politique qui les nourrit si bien.

 

Enfin il faut rappeler à Christian de Portzamparc ce qu’il dit souvent dans ses propres conférences, “l’architecture c’est ce qui est invisible entre les murs“  pour se demander si nos chers architectes, si contemporains, ne sont pas un peu paresseux, là ou la difficulté est d’être contemporain sans donner dans la surenchère esthétique du contrepoint urbain clinquant ?


*Erratum reçu le 10/06/14 de Emmanuel Caille rédacteur en chef de D'A ; “Dans votre article sur la Samaritaine, vous écrivez à tord que j'ai été chef de projet chez Christian de Portzamparc. Si j'ai bien travaillé quinze années en agence d'architecture avant de reprendre la rédaction en chef de d'a il y a 12 ans, je n'ai jamais travaillé pour Christian de Portzamparc.“

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SCAN et reproduction in-extenso du jugement du 13 mai 2014 TRIBUNAL ADMINISTRATIF DE PARIS 

( ! ATTENTION SEUL LE TEXTE ORIGINAL FAIT LOI ! cette reproduction n’a pas de valeur légale.)

 

 

 

TRIBUNAL ADMINISTRATIF DE PARIS

 

RÉPUBLIQUE FRANÇAISE AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS

Formation de section (7ème section)

 

 

N°1302162 - 1307368 1 / 7

 

 

Association SPPEF et association SOS Paris

M. Laurent Menière 

M. et Mme Virot

——————-

M. Bernier

Rapporteur

——————-

Mme Rimeu

Rapporteur public

——————-

Audience du 29 avril 2014

Lecture du 13 mai 2014

 

68-03

68-06-01-04

C+

 

 

 

1° Vu la requête, enregistrée le 15 février 2013 sous le n“ 1302162; présentée pour l’association S.P.P.E.F (Société pour la protection des paysages et de l’esthétique de la France) dent le siège est sis 39 avenue de la Motte Picquet à Paris (75007), pour M. Lament Manière, demeurant 25 quai des grands Augustins à Paris (75006), pour M. et Mme Virot demeurant 138 rue de Rivoli à Paris (75001) et pour l’association SOS Paris dont le siège est sis 103 rue de Vaugirard à Paris (75015) par Me Mondoloni; les requérants demandent au Tribunal : 

 

- d’annuler le permis de construire 11° 075 101 11 V 0026 du 17 décembre 2012 par lequel le maire de Paris a autorisé la SA Grands Magasins de la Samaritaine Maison Ernest Cognacq à restructurer l’ensemble de bâtiments dit « Îlot Rivoli >> du site de la Samaritaine ;

 

 

PAGE 2

 

N°1302162, 1307368

 

- de mettre à la charge de la Ville de Paris et de la société des Grands magasins de la Samaritaine Maison Emest Cognacq la somme de 4 000 euros sur le fondement de l’article L, 761-1 du code de justice administrative ;

 

...................................................................................

 

2° Vu la requête, enregistrée le 29 mai 2013 sous le n“ 1307368, présentée pour l’association Société pour la protection des paysages et de l’esthétlque de la France, dont le siège est au 39 avenue de la Motte-Picquet à Paris (75 007), représentée par ses représentants légaux, pour M. et Mme Virot, domiciliés au xxxxxxxxxxxxxxx (75 xxx), et pour l’association «SOS Paris », dont le siège est au 103 rue de Vaugirard à Paris (75 015), représentées par ses représentants légaux, par la SCP de Chaisemartin-Courjon ; les requérants demandent au juge des référés :

 

- de suspendre, sur le fondement de l’article "L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de l’arrêté du 17 décembre 2012 par lequel le maire de Paris a accordé un permis de construire n“ PC 075 101 11 V 0026 à la société Grands Magasins de la Samaritaine Maison Emest Cognacq pour la démolition partielle d’un ensemble de bâtiments de sept étages sur trois niveaux de sous-sol en vue de la construction d’un bâtiment de sept étages sur trois niveaux de sous-sol, sur la rue de Rivoli, la rue de la Monnaie et la rue Baillet, et l’extension des bâtiments conservés sur la rue de l’Arbre Sec, l'ensemble à usage de commerce, de bureau et d'habitation ;

 

- de mettre à la charge de la Ville de Paris une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

​...................................................................................

 

Vu le permis de construire attaqué ;

Vu les autres pièces du dossier ;

 

Vu le décret n° 2007-487 du 30 mars 2007 relatif aux monuments historiques et aux zones de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager ;

 

Vu le code du patrimoine ;

 

Vu le code de l’urbanisme ;

 

Vu le code de justice administrative ;

 

 

PAGE 3

N°1302162, 1307368

 

Les deux affaires ayant été renvoyées en formation de section en application de l’article R.222-21 3° du code de justice administrative;

 

Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;

 

Après avoir entendu au cours de l’audience publique du 29 avril 2014:

 

- le rapport de M. Bernier, rapporteur ;

- les conclusions de Mme Rimeu, rapporteur public ;

- les observations de Me de Chaisemartin et de Me Perret, pour les requérants ;

- les observations de Me Froger et de Me Claude-Loonis, pour la Ville de Paris ;

- et les observations de Me Tirard, pour la société des Grands Magasins de la Samaritaine Maison Ernest Cognacq ;

 

1. Considérant que, par un arrêté n” 075 101 l1 V 0026 du l7 décembre 2012, le maire de Paris a autorisé la société des Grands Magasins de la Samaritaine Maison Ernest Cognacq à démolir et reconstruire, dans le cadre de la restructuration de l’ensemble immobilier de la Samaritaine, le groupe de bâtiments dit "îlot Rivoli"; que, par un arrêté  n° 075 101 1l V 0027 du 17 décembre 2012, le maire de Paris a également autorisé la société des Grands Magasins de la Samaritaine Maison Ernest Cognacq à démolir et reconstruire, dans le cadre de la restructuration du même ensemble immobilier, le groupe de bâtiments dit "Ilot Seine " ; que, par la présente requête, enregistrée le 15 février 2013 sous le n° 1302162, les requérants demandent au Tribunal d’annuler le permis de construire n° 075101 il V 0026; que, par un mémoire enregistré le 23 avril 2014, ils sollicitent également l’annulation du permis modificatif délivré le 2 avril 2014 ;

 

 

2. Considérant que, par la requête enregistrée le 29 mai 2013 sous le n" 1307368, les requérants demandent au juge des référés de suspendre l’exécution du permis de construire dont ils sollicitent par ailleurs l’annulation; que l’affaire ayant été renvoyée au Tribunal par décision du Conseil d’Etat en date du 5 mars 2014, il y a lieu de joindre les deux requêtes qui ont fait l’objet d’une instruction commune en sorte qu’il soit statué sur la demande de suspension et sur le fond par un seul jugement ;

 

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N°1302l62, 1307368

 

Sur la requête n° 1302162 :

 

Sur les fins de non-recevoir opposées par les défendeurs ;

 

3. Considérant en premier lieu qu’aux termes de l’article R. 600-1 du code de l’urbanisme : « En cas (..'.) de recours contentieux à l'encontre (...) d'un permis de construire, d'aménager ou de démolir, () l’auteur du recours est tenu, à peine d'irrecevabilité, de notifier son recours à l'auteur de la décision et au titulaire de l'autorisation. (...) / La notification prévue au précédent alinéa doit intervenir par lettre recommandée avec accusé de réception, dans un délai de quinze jours francs à compter du dépôt du référé ou du recours. / La notification du recours à I buteur de la décision et, s'il y a lieu, au titulaire de l'autorisation est réputée accomplie à la date d'envoi de la lettre recommandée avec accusé de réception. Cette date est établie par le certificat de dépôt de la lettre recommandée auprès des services postaux. » ; que ces dispositions font obligation à l’auteur d’un recours contentieux de notifier une copie du texte intégral de son recours à. l’auteur ainsi qu’au bénéficiaire du permis attaqué ; que lorsque le destinataire de cette notification soutient que la notification qui lui a été adressée ne comportait pas la copie de ce recours, mais celle d’un recours dirigé contre un autre acte, il lui incombe d‘ établir cette allégation en faisant état des diligences qu‘il aurait vainement accomplies auprès de l’expéditeur pour obtenir cette copie ou par tout autre moyen ;

 

4. Considérant que les requérants disposaient d’un délai de quinze jours à compter du 15 février 2013, date d’enregistrement de la présente requête, pour notifier ce recours, dirigé contre le permis de construire n° 075 101 11 V 0026 concernant "l’îlot Rivoli" au maire de Paris et à la société des Grands Magasins de la Samaritaine; qu’il est constant que les requérants ont informé le maire de Paris et la société des Grands Magasins de la Samaritaine de l’existence des recours dirigés contre les deux permis de construire n° O75 101 l1 V 0026 et n° 075101 1l V 0027 par deux courriers reçus 1e 26 février 2013;

que s‘il résulte du procès-verbal de constat dressé ce jour-là par l’huissier de justice requis par la société des Grands Magasins de la Samaritaine dès réception de ces deux courriers que chacune des deux enveloppes contenait, jointe à cette lettre d’information, une même copie de la requête n°1302156 dirigée contre le permis n° 075101 ll V0027 concernant “l’îlot Seine", la société des Grands Magasins de la Samaritaine ne justifie pas des diligences qu’elle aurait vainement accomplies auprès de l’expéditeur pour obtenir copie de la requête manquante dirigée contre le permis concernant "l’îlot Rivoli" ; qu’en application des principes énoncés au paragraphe précédent, les allégations des défendeurs ne sauraient être regardées comme établies; que la fin de non-recevoir tirée de ce que les notifications prévues par l’article R. 600-1 du code de l’urbanisme n’auraient pas été accomplies doit donc être écartée;

 

 

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5. Considérant en second lieu qu’il ressort des statuts produits par les requérants et dont les défendeurs ont eu connaissance dans le cadre de l’instance en référé que la société pour la protection des paysages et de l'esthétique de la France a notamment pour but « 2° d empêcher que les sites naturels ou urbains qui font la beauté du paysage de la France ne soient dégradés ou détruits par des spéculations des industries, des constructions, des travaux publics, conçus, installés, exécutés sans aucun souci de l'aspect de la région et des intérêts matériels qui sont attachés à cet aspect» ; que l’association SOS Paris a quant à elle «pour but d ’initier et de développer à Paris toutes actions en faveur de la qualité de la vie, du respect et de la mise en valeur des monuments et des sites, de la protection de l'environnement et de la défense du cadre de vie des habitants » ; que ses statuts précisent que cette association «se réservera a’ ’agir par tous les moyens légaux y compris les recours en justice pour assurer la défense des Parisiens »; que ces associations justifient d’un intérêt suffisant leur donnant qualité à agir contre ce permis de construire; qu’il ressort par ailleurs des justificatifs produits le 23 avril 2014 que les présidents de ces associations ont été régulièrement autorisés à introduire le présent recours et que Mme Virot justifie être domiciliée au 138 rue de Rivoli, à proximité du projet contesté ; que, sans qu’i1 soit besoin de statuer sur l’intérêt à agir de M. Manière, les fins de non-recevoir opposées par les défendeurs tirées du défaut de qualité dormant intérêt à agir doivent être écartées ; qu'il en résulte que la requête est recevable ;

 

 

Sur la méconnaissance de l’article UG.1 1.1.3 du plan local d’urbanisme :

 

6. Considérant qu’aux termes de l’article UG 11.1 (dispositions générales) du règlement du plan local d’urbanisme : «Les interventions sur les bâtiments existants comme sur les bâtiments à construire, permettant d'exprimer une création architecturale, peuvent être autorisées. / L'autorisation de travaux peut être refusée ou n'être accordée que sous réserve de prescriptions si la construction, l'installation ou l'ouvrage, par sa situation, son volume, son aspect, son rythme ou sa coloration, est de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales »;

 

 

7. Considérant qu'aux tenues de l'article UG.1l.1.3 du même règlement relatif aux constructions nouvelles : «Les constructions nouvelles doivent s'intégrer au tissu existant, en prenant en compte les particularités morphologiques et typologiques des quartiers (rythmes verticaux, largeurs des parcelles en façade sur voies, reliefs...) ainsi que celles des façades existantes (rythmes, échelles, ornementations, matériaux, couleurs...) et des couvertures (toitures, terrasses, retraits... ). / L'objectif‘ recherche’ ci-dessus ne doit pas pour autant aboutir à un mimétisme architectural pouvant être qualifié esthétiquement de pastiche. Ainsi l'architecture contemporaine peut prendre place dans l'histoire de l'architecture parisienne/ Les bâtiments sur me se présentent en général sous la forme de différents registres

 

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(soubassement, façade, couronnement), qui participent à leur composition architecturale, en particulier en bordure des voies et des espaces publics. Les traitements architecturaux contemporains peuvent ne pas traduire le marquage de ces registres, qui peuvent toutefois être imposés dans certaines configurations (..); que le paragraphe 2 (façades sur rues) du même article précise: « 2°— Façades sur rues :/ Le plan de la façade donne la lecture urbaine de l implantation et de la volumétrie des constructions: il présente donc une importance particulière./ La bonne transition volumétrique et architecturale de Ia construction projetée nécessite que soient prises en compte les caractéristiques des bâtiments voisins (nus de‘ façades, hauteurs des niveaux, modénatures 54'} »; que le paragraphe 4 (matériaux, couleurs et reliefs) dispose quant à lui que : «La pierre calcaire et le plâtre sont dominants à Paris et donnent à la ville sa tonalité générale. Le respect de cette tonalité majoritairement présente ne doit pas cependant interdire I emploi de matériaux et teintes pouvant s'insérer dans le tissu existant, en particulier dans des secteurs de constructions nouvelles (...) / Le choix et la teinte des matériaux peuvent être imposés lorsque la construction se trouve dans une séquence d'architecture homogène » ; ,

 

8. Considérant que les dispositions impératives du premier alinéa de l'article UG.11.1.3 prescrivent que les constructions nouvelles s’intègrent au tissu urbain existant, et qu’en particulier, le caractère du quartier, les façades et les couvertures soient pris en compte ; que si 1e deuxième alinéa souligne que la réalisation de cet objectif n’implique pas le mimétisme des façades et que l’architecture contemporaine a sa place à Paris, le tempérament  ainsi apporté, qui permet au maire de Paris d’accorder des permis pour des projets s’écartant en tout ou partie des registres existants, n’a pas pour objet et ne saurait avoir pour effet de priver de portée concrète les dispositions précédentes qui prescrivent la bonne insertion des édifices nouveaux, fussent-ils résolument contemporains, dans leur environnement ; que, lorsqu’il est saisi pour une demande pour un projet s’exonérant des registres existants ou des prescriptions relatives au choix et à la teinte des matériaux, il appartient donc au maire de s’assurer, nonobstant l’intérêt qui s’attache à ce que l'urbanisme de la capitale ne soit pas figé et à ce que la créativité architecturale puisse s’y exprimer, que la construction nouvelle, compte tenu notamment de sa nature, de son volume, de ses formes et des matériaux utilisés, y s’intégrera dans un quartier dont auront été appréciés le caractère et la qualité ;

 

 

9. Considérant que le permis contesté autorise la construction d’un ensemble de bâtiments de sept étages sur trois niveaux de sous-sol à usage de commerce (6 893 m2) et de bureaux (8 648 m2) complété par la création de quarante et un logements sociaux; que cet édifice, dont la hauteur après révision du plan local d’urbanisme a été portée à 25 mètres, s’inscrit dans un rectangle de 73 mètres sur 48 g que la façade prévue sur la rue de Rivoli est constituée d’un rideau de verre sérigraphie translucide qui, selon la notice architecturale, se présente comme « une double peau de verre finement ciselée, à l’ondulation douce...aboli(ssant) la notion classique de façade au profit d’une fine membrane établissant une interface subtile entre l’intérieur et l’extérieur  et réfléchi(ssant) dans ses plis les immeubles alentours (tout en laissant) deviner les nouvelles activités de la Samaritaine à travers un jeu subtil d’ondulations irrégulières et maîtrisées » ;

 

 

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10. Considérant que le tissu urbain du quartier entourant la Samaritaine, dans lequel s’insèrent de nombreux monuments, certains exceptionnels ou emblématiques, est surtout constitué d’immeubles de pierre construits au dix-neuvième siècle et au début du vingtième siècle pour les constructions bordant la rue de Rivoli, et au dix-huitième siècle pour les immeubles des rues adjacentes ; que si les ornementations et les rythmes de ces immeubles peuvent avoir varié suivant l’époque de construction, l’homogénéité de l’ensemble est assurée par l'emploi de la pierre de taille en façade, par un même traitement des toitures, en pente, en ardoise ou en zinc, par une unité des registres décoratifs notamment ceux des fenêtres et des balcons, et par une relative régularité des volumes ; que si des façades d’immeubles voisins de la Samaritaine comportent des éléments disparates, voire peu heureux, la cohérence de l’ensemble du tissu urbain de la section commerciale et populaire de la rue de Rivoli a cependant’ été globalement préservée 

 

11. Considérant que les requérants soutiennent que le permis de construire, en ce qu’il autorise une façade sur rue en verre plissé, ne s’insère pas dans le tissu urbain existant ; que si la notice architecturale indique que la façade relève d’une «architecture sensible, immatérielle et fluide », les documents graphiques ne confirment pas totalement cette impression; qu’il ressort de la présentation qu’en a donnée l’architecte dans le cadre de l’enquête publique que si le «voile de soie» recouvrant les boutiques du rez-de-chaussée et du premier étage « sera pratiquement translucide », la sérigraphie de la façade des étages supérieurs sera plus opaque en sorte que soit caché l’intérieur des bureaux; qu’il ne ressort pas davantage des pièces du dossier que « les ondulations de la façade reproduisent le rythme des bâtiments de la rue de Rivoli » comme le soutiennent les auteurs du projet; que le choix d’une façade ondulante exclusivement réalisée en verre compromet l’insertion de la construction nouvelle dans une artère représentative de l’urbanisme du dix-neuvième siècle bordée d’immeubles de pierre où la notion classique de façade n’a pas été abolie, et ne contribue guère à mettre en valeur les édifices environnants ; que la juxtaposition de cette ample façade de couleur blanche, de 73 mètres de long et 25 mètres de hauteur, quasiment dépourvue d’ouvertures, sans autre élément décoratif que les ondulations verticales du verre sérigraphié, et d’immeubles parisiens en pierre, variés mais traditionnels, apparaît dissonante ; qu’ainsi, eu égard notamment à la nature et à la destination de cet immeuble, et en dépit de ses qualités architecturales intrinsèques, les requérants sont fondés à soutenir que le projet, sur l’artère où il est implanté, ne satisfait pas aux prescriptions de l’article UG.1l.l.3 ;

 

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Sur les autres moyens de la requête :

 

12. Considérant que les autres moyens de la requête et notamment ceux tirés du caractère incomplet ou de l’irrégularité du dossier de demande de permis, de l’insuffisance ou de l’irrégularité de l’avis de l’architecte des bâtiments de France, de l’illégalité du permis de démolir, de ce que l’opération aurait dû faire l’objet d’une demande et d’un permis de construire unique, et de l’illégalité de la révision simplifiée du plan local d’urbanisme, et de la méconnaissance de l’article UG.11.1.2 du plan local d’urbanisme ne paraissent pas fondés au vu des pièces du dossier ;

 

13. Considérant que la façade de verre sérigraphie’ constitue un élément indissociable du reste du projet ; qu’il résulte de ce qui précède que le permis de construire n° 075 101 11 V0026 doit être annulé ;

 

Sur la requête n° 1307368 :

 

14. Considérant que le permis de construire étant annulé, les conclusions tendant à sa suspension sont dépourvues d’objet ; qu’il n’y a pas lieu d’y statuer ; 

 

 

Sur les conclusions présentées au titre de l’ article L. 761-1 du code de justice administrative :

 

15. Considérant que les dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge des requérants qui ne sont, dans la présente instance, parties perdantes, la somme que la Ville de Paris et la société des Grands Magasins de la Samaritaine leur demandent au titre des trais exposés par elles et non compris dans les dépens; qu’il n’y a pas lieu, dans les circonstances de l’espèce, de condamner les défendeurs à verser aux requérants les sommes qu’ils leur réclament à ce titre ;

 

 

 

DÉCIDE :

 

Article 1°‘: Le permis de construire n° 075 101 11 V 0026 du 17 décembre 2012 par _

lequel le maire de Paris a autorisé la SA Grands Magasins de la Samaritaine Maison Ernest Cognacq à restructurer l’ensemble de bâtiments dit « Ilot Rivoli » du site de la Samaritaine est annulé.

 

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Article 2.: Il n’y a pas lieu de statuer sur la requête 11° 1307368.

 

Article 3: Les conclusions des parties présentées sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

 

Article 4: Le présent jugement sera notifié à l’associafion Société pour la protection des paysages et de l’esthétique de la France, à M. Meniere, à M. et Mme Virot, à l’association SOS Paris, à la Ville de Paris et à la société Grands Magasins de la Samaritaine Ernest Cognacq.

 

 

 

Délibéré après l'audience du 29 avril 2014, à laquelle siégeaient :

Mme Merlin-Desmartis, président de section,

 

Mme Giraudon, vice-président,

 

M. Bemier, premier conseiller,

 

M. Ho Si Fat, premier conseiller,

 

Mme Labetoulle, premier conseiller,

 

 

 

Lu en audience publique le 13 mai 2014.

 

   

(Signatures de ;

  • Le rapporteur : M Ch Bernier)
  • Le Président : Mme Merlin-Desmartis
  • Le greffier : Y Fadel

 

 

La République mande et ordonne au préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris, en ce qui le concerne et à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

 
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