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07 Nov

Chantier interdit au public, par Nicolas Jounin. Un sociologue Embedded parmi les “invisibles” Spécial

Nicolas Jounin est maître de conférence en sociologie et ... apprenti ferrailleur intérimaire le temps d’étudier son sujet.   Se glissant dans la peau du milieu qu’il étudie, il arpente les agences d’intérim qui l’envoient sur différents chantiers au gré des humeurs, des nécessités. 

Si l’architecte, et tout praticien des chantiers, peuvent croire déjà connaître la dureté du labeur du BTP, le racisme ambiant entre les communautés, il va découvrir  ici les véritables montages imaginées par les entreprises pour se délester de leur main d’oeuvre et surtout la rendre invisible tellement elle est en situation de précarité. Il est un fait que, en France,  celui qui ne dispose pas d’un bureau, d’un poste établi,  est pratiquement toujours  invisible dans la société. Cela est vrai du technicien de surface, à la caissière, en passant par l’agent de surveillance, et bien sûr tous ceux qui oeuvrent sur les chantiers.

Cette étude entre dans la “sociologie du travail”  en révèlant les mécanismes des multiples rapports de force permanents, comme par exemple ;

- La déqualification du construit;  Dans son récit, l’auteur prend soin de changer les noms des entreprises.  Une major du BTP bien connue,  devient ainsi l’entreprise “Martin”,  les entreprises se nomment “Batarmat”  “Construfer” “Prestinterim”, il est ainsi plus facile de décrire la perte de qualification et le laisser faire cynique de toute la chaîne  entrepreneuriale.  CItant un conducteur de travaux  qui ; “  se lève tous les matins en se demandant comment ça se fait  qu’il n’y ait pas plus de bâtiments qui se cassent la figure en France”,   sans doute que les coefficients de sécurité qui valent pour le calcul des structures court plus vite que la dégradation de la qualité du construit en France.  Le prix à payer étant une difficulté de construire souvent des bâtiments élégants, pérennes, et réellement durables.

- Le partage des ressources, ne serait ce que pour savoir qui aura accès à l’utilisation de la grue. Celui qui concède une seule fois de porter une lourde charge se retrouvera durant tout le chantier à devoir se débrouiller seul, puisqu’il le peut...

-  La situation tout aussi précaire des acteurs dominants du secteur : Le livre vaut aussi pour la description de lutte pour la survie des agences d’intérim.  “marchand de viande”, mais qui elles mêmes luttent entre elles pour se voler leur force de travail.  Ici pas de stock, mais seulement  des “promesses  de force de travail,”  opposées au promesses de travail qu’elles dispensent.

La réalité qui se dégage de cet esclavagisme contemporain ou chacun croit pouvoir s’en sortir vainqueur est la fragilité et l’hypocrisie d’une société qui  profite des plus faibles, tout en sachant que l’accident en sera, un jour,  le prix à payer.

Ce livre a obtenu le prix de “ La Ville à lire” 2009.  

Edition  “La Découverte” format Poche. Prix Public :  10 euros.

Format Poche
Poche: 275 pages
Editeur : Editions La Découverte (24 septembre 2009)
Collection : La Découverte/Poche
Langue : Français
ISBN-10: 2707158429
ISBN-13: 978-2707158420

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Format Relié
Broché: 274 pagesEditeur : Editions La Découverte (13 février 2008)
Collection : Textes à l'appui
Langue : Français
ISBN-10: 2707153834
ISBN-13: 978-2707153838

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