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| Polémique : Périphériques ? Avatar ou french touch ? |
15/07/2003 |
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Pour commencer Periphériques mindisposent profondément, ce qui relativise mes propos et en diminue toute crédibilité. Revendiquant aisément le titre de critique le plus méchant et le plus bête je suis ainsi libéré, ainsi que le lecteur, de toute responsabilité sur ce qui suivra.
Périphériques sont des architectes plus ou moins jeunes, qui arrivent assez bien à pénétrer les rouages si conservateurs de la société française et à simposer là ou personne narrivent à le faire. Jusquici cest très bien.
Mais peut-on prétendre exister seulement en semblant mimer ce que font les architectes hollandais qui eux ont des problématiques urbaines autres ?
Il faut donc faire un voyage au Pays Bas avant de simmiscer dans les travaux du groupe Périphériques pour en relativiser le sens.
Une génération darchitectes des Pays Bas confrontée à une problématique de la réalité dune absence. Labsence de paysage, une fois délaissée la répétition des traditions ancestrales intemporelles de construction, sest aperçue quelle était face à un vide sidéral.
La réponse, les réponses apportées par toute une génération darchitectes Hollandais dont le mentor Rem Koohlaas et ses enfants naturels MVRDV et tous les autres, a été de proposer à ce que chaque bâtiment prenne la place du paysage manquant, ce cher disparu.
Cette légitimité de cette réponse na de sens que dans ce contexte particulier. Une réponse à une absence. Partout ailleurs cela ne sera forcément que gratuité formelle plus ou moins talentueuse, mais déniée de toute légitimité, une gesticulation stupide qui ne tiendra que le temps dun lifting. Une architecture de qualité ne peut se faire sans une légitimité qui la portera au delà des années, une légitimité qui en tendra les formes et les élans.
Par exemple, la villa Savoye ce nest pas un simple avatar, mais quatre vingt ans après, elle parvient toujours à couper le souffle de ses visiteurs par son discours invisible qui la porte ( lélévation par la rationalité,) tout autant que ses pilotis.
Donc Périphériques, sortis dun chapeau, (sauf erreur , Ils nont pratiquement pas de références de même ampleur, ) est le lauréat dun concours qui a pour but de terminer le campus de Jussieu. A lheure ou les sénateurs remarquent labsurdité de conserver au prix fort dune rénovation lourde lensemble même du campus de Jussieu complètement inadapté et dont le plan masse évoque plus linerte rigidité répétitive dune grille ( un gril) plus que le flux souple de la ville et du savoir.
On remarquera pour aller dans le sens de Périphériques, que Jussieu est la négation même du paysage urbain. Edouart Albert ayant pris un malin plaisir à altérer toute différenciation spatiale, tout repérage, dans une machine qui nest quun jeu de masses gratuit et contraignant. Une réponse de brute faite à la ville, à une époque ou il fallait signifier face à la démesure des besoins, lordre implacable de la société et du pouvoir de lEtat. Le campus de Jussieu cest une machine à fabriquer de ladministration... et des administrés soumis à ses méandres.
Devant cet état de fait, Il faudrait démolir Jussieu, mais personne à le courage de le décider, les travaux de désamiantage en cours, la recherche de surfaces tiroirs, obligent donc la création de nouvelles surfaces pour finir Jussieu.
A la manière, dun nez de clown, cherchant à masquer ou à rattraper un tant soit peu cet échec, le résultat du concours donne limpression de vouloir masquer lineptie dorigine, par une autre ineptie tout aussi déplacée et opposée, mais colorée avec ses grosses bulles dessinées en façades, sans doutes pour stigmatiser le coté bouillonnant des enseignants daujourdhui, ou bien la placidité dignes de poissons rouges des étudiants daujourdhui... ?
Jérôme auzolle
Juillet 2003 |
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