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Philippe Trétiack, architecte
de formation est journaliste chez D'A. Critique d'Architecture
il participe notamment à la tribune des Critiques intitulée,
"L'équerre et le compas", qui se tient une fois
toute les six semaines au centre Georges Pompidou à Paris.
Remarqué depuis dix ans
pour une certaine verve qui détonne par rapport à
la discrétion universitaire de certains. Il signe un ouvrage
intitulé "Faut-il pendre les architectes ?"
Ce livre reprend en grande partie
les propos tenus par Philippe Trétiack lors de ses différentes
prestations à l'Equerre et le Compas, de ce fait les habitués
de ce rendez-vous seront un peu déçus. A quoi sert
d'écrire un livre si il n'y a pas un travail d'investigation
pour compléter les propos tenus à droite ou à
gauche ? Qu'est-ce donc aujourd'hui qu'un Critique d'Architecture
? Et surtout à quoi sert-il ? à qui sert'il ?
Cinq exemples pour vous le démontrer.
- la marge bénéficiaire
du BTP
- Levallois
- l'accord "secret"
- Le musée des arts juif ( Hôtel de Saint-Aignan
)
- Le déterminisme social.
QUOI ?
La marge du BTP ( page 86 )
Citation : " Dans
le secteur du bâtiment, les prix sont tirés au maximum,
et Bouygues par exemple ne réalise que 1% de marge sur
le BTP ( contre 7% sur le téléphone.) " Fdc
Outre que le bâtiment constitue
le métier de base de la société Bouygues.
Comment un journaliste architecte peut-il écrire cela
sans se poser la question suivante : Comment les sociétés
du BTP avec une marge aussi faible firent-elles alors pour se
constituer de tels empires en moins de trente ans ?
Soit le calcul de la marge annoncé
est faux, et il ne fallait pas l'écrire, soit il est juste,
et alors la marge du BTP n'est pas un élément signifiant,
il ne fallait pas non plus l'écrire. Trétiack n'explique
rien en annonçant la marge de Bouygues, bien au contraire
il justifie d'un trait de plume l'attitude du BTP face aux architectes.
QUI ?
Levallois ( page 138)
le Front de Seine de Levallois " Gangrène architecturale " selon Philippe Trétiack.
Soit, mais encore ? A lui seul l'exemple de Levallois permettrait
d'écrire un livre. Comment une petite ville de banlieue
a réussie à construire en moins de six ans sur
plus de 20% de la superficie de son territoire ( essentiellement
les anciens terrains des usines Citroën de Levallois ou
fut construite la Deux Chevaux.) une telle ZAC ? OU a t'elle
trouvée subitement les compétences et les moyens
financiers pour ce faire ? En somme qui est capable de réussir
une telle opération d'infrastructure mais qui est un peu
faible coté superstructures ?
COMMENT ?
L'accord secret qui n'en
est plus un. ( page 73)
Philippe Trétiack nous explique que suite au concours
du Stade de France, dont il semble que Jean Nouvel, aurait dû
l'emporter, un "accord secret" résolva le contentieux
entre l'architecte français et l'état du même
non. Trétiack aurait dû un peu plus enquêter,
et il se serait aperçu que ce fameux accord secret ne
l'est pas tant que cela, puisque l'avocat qui défendit
la cause de l'homme en noir le révéla lors d'une
conférence publique au pavillon de l'Arsenal. Pavillon
de l'Arsenal qui, enregistrant en vidéo les conférences
données en ce lieu, doit bien avoir quelques part dans
ses archives une copie de ce document. Donc pourquoi ne pas nous
révéler ce fameux accord secret ?
Vous n'y tenez plus, vous voulez
savoir ? Il semble que ce fameux accord fût, notamment,
un dégrèvement fiscal accordé à Jean
Nouvel pour un montant qui serait compris entre 10 et 20 millions
de francs. ( On peut s'interroger sur la possibilité des
36000 architectes, où de Bruxelles, à se plaindre
d'un tel "favoritisme." ) C'est peut être pour
cela qu'il est "secret" cet accord. )
PAR QUI ?
L'architecture petit-bras. ( page 151)
Comparant l'extension du musée de la ville de Berlin consacrée
à la communauté juive avec le musée d'art
et d'histoire du Judaïsme de Paris. P Trétiack constate
avec semble t'il une certaine justesse : " Dans le coin gauche ( Berlin ), l'audace époustouflante et le
risque d'un choix violent qui valent à un musée
pourtant vide encore de toutes collections des foules de visiteurs,
et dans le coin droit (
Paris) , l'architecturally
correct façon village Saint-Paul. Une belle occasion ratée
tout à la fois par la ville de Paris, la communauté
juive, ses représentants, et les architectes bien sur." fdc
C'est un fait, mais pourquoi
ne pas nous détailler le déroulement des faits
? les luttes d'influence, les rapport de force, etc ? Pourquoi
à travers cet exemple précis ne pas révéler
comment les décisions se prennent ? Qu'est ce qui interdit
donc à un journaliste critique d'architecture un minimum
d'investigation ? Pourquoi ne pas le faire, pourquoi toujours
s'arrêter à la qualité du vernis ? Et en
dessous du vernis qu'est ce qu'il y a donc ?
POUR QUI ?
"Ann-José
Arlot est la nièce du président de la République." ( page 114)
On pourrait penser que Philippe Trétiack allait saisir
cette occasion pour développer un chapitre sur le déterminisme
social dans la société française ? En fait
non il se contente de révéler le nom du restaurant
ou ont lieu les dîners d'après inaugurations. "Ici
Paris" n'est pas loin. Il y a sûrement des choses
à dire sur ; l'entrisme, la cooptation. Par exemple que
la société française ( celle qui décide
pour les autres, donc finalement celle qui s'amuse ) fonctionne
comme ses grandes écoles... Le plus dur étant d'y
entrer.
Si tout le microcosme (essentiellement
parisien ) en prend pour son grade sous la plume de F Trétiack,
on remarque les absences, (volontaires ?) de critiques envers;
- Les enseignants d'architecture, ( l'enseignement est abordé
sur une page, mais rien contre les enseignants. Donc aurions
nous les meilleurs enseignants d'architecture du monde ? )
- L'actuelle Directeure de l'Architecture
- La Caisse des Dépôts et consignations, qui ne
semble pas exister.
- L'Europan, autre tartuferie.
- Et puis pourquoi pas, la Grande Roue de la place de la Concorde,
un brin ringarde comparée à celle de Londres.
etc...
Pire que les "oublis"
le lecteur observera que les moins de quarante ans, qu'ils soient
étudiants ou jeune diplômés, ne semblent
pas intéresser notre gentil thuriféraire préféré,
sans parler de la virtualité...
Bref... Un excellent brouillon pour un livre qui reste à
écrire.
Faut-il pendre
les architectes ?
Philippe Trétiack Chez Seuil
110 Fr 16,77 euros.
Le
commander chez Alapage
Les réactions
des cyber-lecteurs
Subject:
trétiak
Date: Mon, 21 May 2001 02:08:45 +0200
From: "Guillaume D"
To: contact@archicool.com
"suis relativement surpris
quand à la manière dont l'article sur le bouquin
"faut-il pendre les archis" à été
écrit, cet ouvrage traite d'une vraie problématige
en France quand au métier d'architecte, et il est clair
que ce n'ai pas dans le détail que Trétiack à
travailler mais sur le fond.
La profession est à la
dérive et sa banalisation représente un fléau
grave. Le bouquin de Trétiack est une balle perdue mais
à au moins le mérite de décrire le climat
architectural français, et la confusion qu'on laissés
les grands travaux dans le contexte européen.
Quand au style de l'article,
il est verbeux, gras et maladroit !
a bon entendeur, Salut !" Subject: Architecture
Date: Fri, 25 May 2001 10:23:38 +0200
From: ALEXANDRA E
To: <contact@archicool.com>
En accord avec la critique de
Guillaume.D, ce livre dénonce un malaise dans la profession
et tente de démontrer et d'expliquer ce qu'est un architecte
aux néophytes.
Peut-être ne s'adressent-il pas uniquement aux spécialistes
ès-architecture ?
Des critiques d'intellectuels pour ou contre d'autres intellectuels
étouffent déjà suffisamment ce milieu.
Pour une fois qu'on brise le carcan qui emprisonne cette profession!
Merci Trétiack!
il est évident qu'à celui qui ne fait rien, on
ne reprochera rien
Alexandra E Subject: Architecture
Date: Thu, 28 Jun 2001 17:47:18 +0200
From: "Florian B
To: <contact@archicool.com>
Cet ouvrage' en tant qu'étudiant
en architecture' ne pouvait que me séduire
au premier abord par son titre purement provocateur. L'ouvrage,
à la lecture peu aisée tant Philippe Trétiak
aime à "s'écouter écrire", est
beaucoup moins polémiue que le titre ne le laisse paraître.
Il est révélateur
de phénomènes que tout le monde connaît:
jurys "truqués"
(mais où est le truc? Peut-on réellement parler
de jury?), archistar
surmédiatisé, jeunes architectes de 45 ans....
Une grosse claque donc, à
la lecture de cet ouvrage, tant notre volonté
d'exercer "quand on sera grand" est remise en cause.
Enfin, nous constituons l'exception; exception française
dans l'attribution des concours certes, mais exception française
quand à notre propre jugement de l'architecture???
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